SeneRAP Research
| Last Updated : 2004-01-30 13:13:27 (21209 read)
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Les producteurs locaux Par Alpha Dia On parle souvent des MC's sénégalais, mais pas toujours de leurs architectes musicaux. Or il est incontestable que ceux ci ont eux aussi contribué à l’édification du temple Hip Hop au Sénégal, autant par la quantité que par la grande qualité de leurs productions. Aujourd’hui, on ne compte pas moins d’une dizaine de producteurs installés à Dakar, entre lesquels se partage l’essentiel de la production locale. Le tout premier (chronologiquement parlant) de ces producteurs a pour nom Daniel Gomez. Il a participé activement au tiercé historique du hip hop sénégalais, à savoir le premier Positive Black Soul (Boul fale-1994), le premier Daara J (album éponyme Daara J-1995), et le premier P.Froiss (Wala wala bok-1996). Il s’est fait par la suite plus discret, puisque depuis, il n’a participé qu’à trois autres albums : il a notamment produit un titre pour PBS dans Sénérap 1 (1997), puis un second dans l’avant dernier P. Froiss (Affair bou graw-1997), et enfin cinq autres pour Da Brains (Da Brains-1998). Il s’est peut être éloigné du rap pour des raisons d’opportunité, dans la mesure où bien avant ses collaborations avec des MC’s de la place, il avait monté son propre groupe musical, avec des sonorités assez éloignées du hip hop. Dés lors y a t-il lieu de considérer que le temps lui fait peut être défaut pour être davantage présent au sein de la scéne hip hop. Un autre producteur présent depuis le début se trouve être Tonton Mac, peut être le Dr Dre sénégalais, tant il est vrai qu’il présente une double casquette de MC et de producteur. Il fut un des deux MC’s du Sunu Flavour, et depuis l’éclatement de ce crew (survenu au début de cette année 99), il poursuit une carriére solo. Il a toujours produit les musiques du Sunu Flavour (les trois albums Bi Boor-1995, Nell Fess-1996 et Togne-1997), ainsi que son premier album solo (Saloum Ghetto-1998). Sa premiére production hors Sunu Flavour date de 1997, avec notamment Boul N Baî (Mama Africa). Ensuite, ce fut avec les deux volumes de la compilation Petits fréres-(1997), véritables pépiniéres, puisque sur les 13 crews ayant participé à ces compil, 5 ont par la suite mis sur le marché leurs propres productions (Bamba J. Fall, Soul B, African Mbolo, Ndiaf-a-ngara et tout derniérement Leer gui). Ce sera par contre véritablement lors des années 1998 et 1999 que ses talents de producteur vont exploser, puisque pendant ces deux derniéres années, d’innombrables productions vont porter sa griffe, et pas des moindres.
C’est le cas par exemple pour la bombe Rap’adio (Ku weet sam sa boppa-1998), premier d’une longue série. Ensuite, Alif (Viktim-1998), Bamba J. Fall (Gem ak Jef-1998), Ndiaf-a-ngara (Ayoo-1999), Da Fugitivz (Fu 4 life-1999), la compilation D-Kill Rap (1999), et pour finir le dernier P.Froiss (Ah Sim-1999). On remarquera au passage la grande variété de ses productions et du même coup de ses collaborations. Sunu Flavour, son posse d’origine, était par exemple champion dans les crossover et les ballades amoureuses, alors même que Rap’adio, grand défenseur de l’underground, se fait lui le champion du hardcore (pour la petite histoire, rappelons que Rap’adio s’en prend au crew de Tonton mac dans le titre Xibaru underground, ce qui n’a quand même pas empêché leur collaboration !). Quoiqu’il en soit, il est incontestable que tonton mac est ce jour le producteur le plus actif de la scéne hip hop au Sénégal, une quinzaine d’albums portant sa signature. D’ailleurs il est aujourd’hui un producteur complet, puisqu’il a également monté son propre studio (Sunu studio), dans lequel sont enregistrés, mixés et réalisés tous les albums qui portent sa griffe. Et performance assez remarquable pour que nous insistions là-dessus, il intervient à toutes les étapes de la chaîne de production (prises de voix, composition musicale et arrangements, mixage, etc.). Et même s’il entend poursuivre une carriére solo (lui et son acolyte Doctor Mac s’étant en effet séparés, au grand dam des fans du Sunu flavour ), il y a fort à parier que c’est sa carriére de producteur prendra le pas sur tout le reste. Les paris sont en tout cas ouverts … Un autre producteur assez actif se trouve être Philippe Monteiro. Il apparaît pour la premiére fois avec l’album de Jef-J (Benn benal-1997), et confirme ses talents avec celui de Domou Jolof (la banlieue attak-1997), le tout avec des beats assez groove. Par la suite, il enchaînera avec Peace and Peace (diam ak diam-1998), et la même année, il se paiera une collaboration avec PBS (deux titres dans l’album Wakh Feign). Il a également participé, toujours en 1998, à l’album Xalima de Daara J, pour lequel il s’est chargé de la pré-production de trois titres. Et en 1999, deux autres crews auront profité de ses services : Ndiaf-a-ngara (Ayoo) et BBC (Thioukouly). Dans le passé, il avait également collaboré avec VIB, à l’époque où celui ci était encore un des rois de l’underground dakarois (P. Monteiro n’est en effet pas présent sur le récent album de VIB Roots and radical, sans doute la meilleure sortie hip hop de cette année 1999).
Mouss Diouf lui, dés sa premiére production, aura réussi un coup de maître, puisque c’est à lui qu’on doit le son si brut et si reconnaissable de l’album de Yatfu («Fenku Yatfu-1998). Par la suite, ses beats assez épurés profiteront à Da Brains (Da brains-1998), puis à Black Mbolo (Wadiour dou morom-1999). Tout aussi prometteur, Fons Ndour, qui fut l’architecte musical de l’excellent Wa BMG 44 (Ji hard’kor-1998), puis de Gestu Gi (Lou doy waar-1999). Et puisque «charité bien ordonnée commence par soi même, il s’est lui même auto-produit pour son album solo (Yaryo nakk-1999). Certes ce ne fut pas un album 100% hip hop (s’y trouvent en effet mélangés hip hop, mbalax, soul, salsa, etc.), mais on peut quand même y trouver des sonorités assez intéressantes. Quant à Frank-Habib-Vincent, trois productions à son actif : le remarquable second album de P. Froiss (Affair bou graw-1997), puis la deuxiéme production de Jant Bi (Bop sa bop-1997), et enfin Diwan J (album éponyme Diwan J-1999). Aziz Dieng, bien que depuis longtemps présent dans le milieu hip hop (c'est dans son studio Midi Music que bien des maquettes auront été conçues, et même quelques albums dont les premiers PBS, P.Froiss ou Daara J), ne s’est cependant lancé que depuis peu dans la production : quelques titres dans le second album de Black Mbolo (Wadiour dou borom-1998), puis l’essentiel du second Domou Jolof (Bataaxal-1999). Quant à Robert Lahoud, par ailleurs producteur trés actif au sein de la musique sénégalaise (de nombreuses collaborations avec Coumba Gawlo, Cheikh Lô, Souleymane Faye, etc.), il s’est permis une incursion dans le milieu hip hop, du fait de sa participation au premier album de Black Mbolo (Mbindan dou diam-1997). Néanmoins, il n’y eut pas de suite, puisque l’expérience ne fut pas renouvelée. Autres nouveaux producteurs sur la scéne hip hop dakaroise : Alain Dione qui a produit l’album de Soul Bi (Tann ci ben-1998), Sady Dioum avec Tim timol (Diarama-1999) et qui auparavant avait collaboré à plusieurs reprises aux productions de tonton mac, Ablaye Diagne qui a produit la totalité des titres de Jef Wareef (Euleuk dou wees-1999), Lamine Faye (à ne pas confondre avec un autre Lamine Faye, leader celui là du groupe de mbalax Lemzo diamono) qui a produit un titre dans le dernier P. Froiss (Ah sim-1999).
De nombreux autres musiciens connus, sans pour autant aller jusqu’à produire des albums hip hop, auront collaboré avec des MC’s de la place. On peut ainsi citer le bassiste-claviste-arrangeur de Youssou Ndour, Habib Faye qui fut à l’origine de la musique de ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier titre rap sénégalais en 1988 avec Sama yaye de Mbacké Dioum. Le même Habib Faye a ensuite collaboré avec P. Froiss (album Affair bou graw-1997), et enfin avec Daara J (album Xalima-1998). Un autre musicien de Youssou Ndour peut être ici cité, à savoir le percussionniste Babacar Faye, qu’on retrouve sur différents albums de PBS, Daara J, P. Froiss. Le grand tambour-major mondialement connu Doudou Ndiaye Rose est quant à lui présent sur un titre de Da Brains (1998). Idem pour Lamine Faye (du Lemzo diamono ), mais avec Black Mbolo (1998) cette fois ci. Quant à Laye Kane, guitariste de Pape Niang, il aura participé à tous les trois albums de P. Froiss. La liste, loin de s’arrêter là, pourrait être poursuivie. Et tout ce qu’il faudrait en déduire, c’est peut être qu’ici réside le secret qui explique le succés du hip hop sénégalais : certes des MC’s de qualité, mais aussi des musiciens et des producteurs efficaces. Du reste, ce savoir-faire commence-t-il à s’exporter, puisque par exemple tonton mac (encore lui !) aura produit deux crews de la sous-région : Kill Point de la Guinée, et Da Fugitivz de la Gambie. La saga ne ferait-elle que commencer ? |
Les producteurs etrangers Par Alpha Dia La qualité du hip hop sénégalais peut sans doute se mesurer à l’aune de ses collaborations avec des producteurs étrangers. On peut en effet remarquer que depuis quelques années maintenant, ces producteurs étrangers (et pas des moindres !) interviennent de plus en plus au sein de la scéne dakaroise.  Les toutes premiéres collaborations avec des producteurs étrangers sont à l’actif de PBS, lors de leur premier album international Salaam (1995). Avaient en effet participé à cet album Longsy D (producteur du bluesman américain Ronny Jordan), le groupe londonien de trip hop & acid jazz Raw Stylus, et Boom Bass (producteur du rappeur français MC Solaar). Les deux MC’s du PBS (Doug E Tee et Didier Awady) avaient à l’époque expliqué le choix de leurs producteurs par leur désir de réaliser un album éclectique. Quant aux albums qui allaient suivre, même s’ils ne connurent pas une grande diffusion internationale au même titre que Salaam, ils donnérent eux aussi lieu à des collaborations internationales. Tout d’abord Daw thiow qui enregistra la participation du producteur marseillais Mounir (du collectif Uptown, qui a à son actif quelques sons du groupe français Prodige Narmor). Ensuite et surtout l’album New York-Paris-Dakar qui fit appel encore à Mounir, mais aussi à Cut Killer et DJ Abdel (les deux membres fondateurs du Double H, collectif numéro 1 de DJ’s français), ainsi que Scott Harding. Ce dernier, a à son actif un carnet de collaborations assez fourni, lui qui a notamment participé aux albums du Wu Tang Clan et de Gravediggaz entre autres. Et pour PBS, il s’est occupé des sessions d’enregistrement et du mixage (faut-il le rappeller , l’album New York-Paris-Dakar a été réalisé pour l’essentiel aux studios Greene Street, temple du hip hop new-yorkais et mondial). Second dans l’importance de leurs collaborations avec des producteurs étrangers, le trio Daara J. Leur premier album international (en fait la réédition de leur toute premiére K7) avait notamment bénéficié du concours du grand DJ anglais (d’origine jamaïcaine) Mad Professor (producteur de Macka B, Aswad, etc.). De nouvelles prises de voix avaient ainsi été effectuées à Londres, dans le fameux studio Ariwa que dirige Mad Professor, et c’est ce dernier qui s’était occupé aussi du mixage de l’album. Quant au second album de Daara J (Xalima-1998), il a bénéficié du concours de deux jeunes producteurs étrangers, certes pas trés connu sur la scéne mondiale, mais quand même talentueux : le français J.M. Vespassien (du collectif Ghetto Youth Progress qui a à son actif de nombreuses productions en France) et l’anglo-Jamaicain Derek D. Fevrier. Autres crews à avoir bénéficié du concours de producteurs étrangers : Bideew bou bés (produit par Youssou Ndour à travers son label Jololi) dont l’album a été entiérement réalisé par un jeune producteur américain Andy Shafte, Section K’d’as dont un titre a été produit par Sulee B.Wax (producteur français qui a à son actif NTM, Ste, Mafia Underground, NAP, etc.). On peut enfin citer MC Lida, dont les deux albums ont bénéficiés de la participation de producteurs Italiens (Steve Monroe, Cesaro et Tano pour le premier album, Chiesara et Giani Vitale pour le second). Ces collaborations avec des producteurs étrangers, que doit-on en penser ? La question mérite réflexion, car tout n’est finalement pas si facile. D’abord, c’est une concurrence déloyale que subissent les producteurs locaux, du fait des différences entre les moyens entre les uns et les autres. Le risque est grand dans ces conditions de voir alors les producteurs locaux confinés à des productions destinées exclusivement au marché sénégalais, contraints ainsi à préparer le terrain (premiers albums des groupes locaux, pré-productions pour les albums internationaux, etc.). pour les producteurs étrangers. Or le hip hop est une vaste culture à laquelle font d’ailleurs partie les producteurs musicaux. De la même maniére que les MC’s sénégalais se font connaître au-delà de leurs frontiéres, les producteurs locaux doivent avoir l’occasion eux aussi de s’exporter. Or si les rappeurs sénégalais ne font pas appel à eux pour les albums destinés aux marchés internationaux, comment arriveront-ils à s’exporter ? Par ailleurs, on entend souvent dire (notamment dans la presse spécialisée) que les albums produits localement présentent parfois des sonorités plus intéressantes que ceux réalisées à l’extérieur, sans doute parce que plus imprégnés des influences locales et de l’environnement musical sénégalais (cette fameuse touche sénégalaise !). Un bel exemple de collaboration peut néanmoins être trouvé à travers Xalima de Daara J : même s’il a été réalisé par des producteurs étrangers, il a été néanmoins entiérement conçu à Dakar, des premiéres prises de voix au mixage final, en passant par la conception musicale (à laquelle ont d’ailleurs participé de nombreux musiciens locaux). Tout cela explique sans doute pourquoi l’alchimie entre sonorités hip hop et influences musicales africaines est si bien réussi dans Xalima. |
Les collaborations avec des mc's etrangers
Par Alpha Dia Le hip hop, c’est bien connu, est une grande famille mondiale. C’est sans doute cet esprit de famille qui a facilité (et qui continue de faciliter) les collaborations internationales entre MC’s des quatre coins du monde. C’est ce qui explique depuis quelques années maintenant, des rappeurs venus d’Amérique, d’Europe et d’Afrique n’aient pas hésité à confronter leurs rimes avec celles leurs homologues sénégalais, affirmant du même coup une appartenance à une culture commune, celle qui fait du hip hop un des phénomènes musicaux majeurs de cette fin du siècle. Commençons par les Américains (A tout seigneur, tout honneur !) : ont ainsi participé à l’album NewYork-Paris-Dakar -(1997) de PBS de nombreux américains, dont KRS-ONE (sans doute un des rappeurs les plus actifs depuis l’émergence du hip hop sur la scène US puis internationale), Supernatural (le roi du freestyle, bien connu par tous ceux qui s’intéressent de près au hip hop), la soul-woman Vinia Mojica (qui a par ailleurs activement participé aux deux albums du groupe français Alliance Ethnic), et Djinji Brown (MC de l’underground new-yorkais). Quant à Biddew bou bès, ils ont bénéficié de la participation de Wyclef (from the fu’gees), sur un titre de leur album. Une autre participation, certes moins prestigieuse, est à mettre à l’actif de MC Lida, lequel a bénéficié de la collaboration de Roadney Jackson (plus connu sous le nom de Turbo, qui était le sien lors du film «Break street 1984, un des premiers films sur la culture hip hop). La Jamaïque n’est elle aussi pas en reste, Patra ayant participé au dernier album de Daara J (Xalima ). La rencontre a eu lieu à Dakar, lors d’un festival reggae, auquel participaient Patra et Daara J. Ce fut paraît-il un coup de foudre réciproque, et c’est bien naturellement que la décision fut prise d’aller faire un tour en studio pour immortaliser la rencontre. Il paraîtrait même, du fait du départ de Patra qui devenait imminent (le lendemain matin), que les prises de voix aient été faites sans riddim… Et c’est seulement quelques mois après, lors de la préparation de Xalima , que les bandes ont été exhumées, pour le résultat que l’on sait (titre Come on get’it ). Avec les rappeurs français, les collaborations ont été par contre beaucoup plus nombreuses. La toute première remonte à 1995, avec la participation de MC Solaar à l’album Salaam de PBS. Entre MC Solaar et le PBS, c’était d’ailleurs l’aboutissement d’une longue relation amicale, d’autant plus que le premier avait beaucoup apporté son soutien aux seconds. La première rencontre avait ici aussi eu lieu à Dakar, lors d’un concert du rappeur français dont la première partie était justement assurée par Didier Awady et Doug E Tee. Nous étions en 1992, et MC Solaar dira lui même qu’il avait été rarement été autant impressionné que par la prestation scénique de PBS ce jour là. C’est ainsi que les MC’s dakarois furent invités à assurer la première partie de la tournée européenne de MC Solaar, et c’est de cette façon que commença la saga PBS à l’étranger. Par la suite, c’est K-Mel (d’Alliance Ethnic), Manu Key (Different Teep) et Démocrate D qui allaient être mis à contribution lors de l’album New York-Paris-Dakar . La dernière collaboration enregistrée par le PBS remonte à 1998 (album Wakh feign ), avec la participation de Ben J (des Neg’Marrons, et qui est aussi membre du collectif Bisso na bisso). Le même Ben J que l’on retrouvera la même année dans l’album de Daara J (Xalima ), mais cette fois ci avec son groupe des Neg’Marrons au complet (soit donc avec Jackie et Djamatik). Quant à Faada Freddy de Daara J, il apparaît deux fois cette année avec le groupe de La Brigade. D’abord dans l’album de ce dernier crew (titre La Yerpri ), puis dans un single inédit (avec également le concours de Pierpoljak), en fait une reprise du tube d’Alpha Blondy Opération coup de poing . Dans plusieurs de leurs interviews, les membres de La Brigade ne cessent de tarir d’éloges sur Faada Freddy, annonçant même de futures autres collaborations.
Quant aux autres collaborations avec des rappeurs français, elles sont à mettre à l’actif de P. Froiss avec Siaka du groupe Positif (album Affair bou graw -1997), Section K’d’As (1999) avec Nakk Mendoza (du groupe Soldafada) et Akamieda, et enfin Kanthiolis, groupe bien connu de l’underground dakarois, qui a participé à la mix-tape d’un des plus sûrs espoirs du rap français, Oxmo Puccimo («Batiment B -1999). Ce qui paraîtra étrange par contre, c’est la faiblesse des collaborations entre les rappeurs sénégalais et leurs homologues des autres pays africains. Ici encore, PBS apparaîtra comme un pionnier, ayant été à l’origine du seul exemple connu : en effet, est établi un axe Dakar-Abidjan sur le titre Intégration (album NewYork-Paris-Dakar -1997) avec la présence de RAS et Angelo, véritables piliers du rap ivoirien. Une collaboration a également été annoncée entre PBS et Prophet of da City (Afrique du sud) depuis plus d’un an, mais à ce jour, le résultat ne nous est pas encore parvenu. La raison pour laquelle les collaborations rapologiques restent faibles entre les MC’s sénégalais et ceux des autres pays africains est certainement à chercher dans le fait que la diffusion de la musique, fut-elle celle du hip hop, est un phénomène essentiellement économique. Même si Positive Black Soul s’est offert plusieurs tournées africaines, il n’en demeure pas moins exact que les échanges musicaux restent faibles en Afrique, et sans doute est-ce cela qui justifie la faiblesse des collaborations musicales entre MC’s africains. On peut également rappeler que bien des featuring naissent d’abord de rencontres sur scènes ou backstage , et peut être donc que ce qui fait ici défaut, ce sont les lieux de rencontres. On peut donc prévoir que le jour où de tels lieux de rencontre seront multipliés (festivals, tournées, etc.), cela se ressentira en terme de collaborations artistiques et discographiques beaucoup plus importantes qu’elles ne le sont aujourd’hui. Pour finir, on peut signaler la participation de PBS à l’album Fo Deuk (1998) du grand jazzmen américain David Murray. Certes il ne s’agit pas à proprement parler d’un disque de rap, mais cela n’enlève rien à la qualité de cette collaboration. En fait, l’album est une sorte de jam session, réalisée à Dakar, avec la participation de musiciens locaux dont Doudou Ndiaye Rose, Tidjane Gueye et son groupe (le dieuf dieul ), Hamet Maal (frère de Baaba Maal). |
Les collaborations avec les chanteurs locaux Par Alpha Dia Le Sénégal, c’est bien connu, est la patrie du mbalax. Né à la fin des années 70, popularisé sur la scène internationale principalement par Youssou Ndour, l’enfant de la Médina (quartier où il est né), le mbalax est devenu aujourd’hui le courant musical dominant à Dakar, sa particularité ayant été d’avoir épousé les rythmes traditionnels et les danses locales. Dans un tel contexte, l’apparition, puis le développement de la scène rap au Sénégal pouvait attiser une concurrence sournoise, d’autant plus qu’une divergence fondamentale entre les deux courants musicaux tient à la différence de leurs degrés d’engagement politique. En effet, alors que le mbalax n’entend apporter aucun message ni même dénoncer quoique ce soit, le rap au Sénégal (comme partout ailleurs dans le monde) s’est dès le début donné pour mission d’investir le terrain revendicatif, épousant en cela les préoccupations politiques et sociales qui sont celles de la jeunesse du pays. Malgré tout, il est remarquable de constater que ces différences d’approches n’ont pas empêché les collaborations, ni même le respect mutuel. La plupart des MC’s sénégalais ont très tôt compris que le mbalax était en quelque sorte pour eux leur old school, d’autant plus que ce sont les rythmes des Y. Ndour, B. Maal, Ismael Lo etc. qui ont bercé leur adolescence. Et de leur côté, les chanteurs de mbalax, qui ont bien pris conscience du vent nouveau qui soufflait sur la jeunesse sénégalaise, n’ont pas hésité à surfer en quelque sorte sur la nouvelle vague montante. De cette façon, est née une série impressionnante de collaborations musicales et de soutiens réciproques. Faut-il le rappeler d’ailleurs, Baba Maal par exemple s’est personnellement investi dans la carrière internationale de Positive Black Soul, et l’apparition de ce dernier sur l’album Nomad Soul du premier, n’aura été qu’une goutte d’eau dans le vase de leur collaboration. Ici encore, le PBS aura été un pionnier. La première alchimie rap-mbalax est en effet à mettre à son actif, avec l’album boul fale bou bès (1994), contenant plusieurs versions remix auxquelles participent de nombreuses pointures du mbalax (dont Baba Maal, Omar Pène, Alioune Kassé, Aminata Fall, Aby Ndour, Pape Niang). A partir de cette année, les collaborations se multiplient : MC Lida s’associe avec Omar Pène et le Super Diamono, sur le titre Bakkar faggu (1995), le PBS est invité par Alioune M. Nder sur son premier opus en solo (1995), Alioune Kassé vient épauler Boul N Baî sur un titre de l’album Mama Africa(1997), Ma Sané (du groupe Wa Flash) participe au premier Sénérap (1997) en assistant PBS sur Lou tax, Daara J est invité par Youssou Ndour sur la version remix de Solidarité (album Lii + - 1997), Jimmy Ngom (par ailleurs guitariste de Y. Ndour), sur son premier album solo (1997), tend la perche à Lakaalé Posse, et le liste est sans doute loin d’être exhaustive. Et ces collaborations discographiques se poursuivent sur scène, puisque d’une part ce sont la plupart du temps des groupes de rap qui assurent les premières parties des concerts de mbalax (par exemple, Daara J pendant assez longtemps avec Youssou Ndour), et d’autre part, les grands noms de la musique sénégalaise sont régulièrement invités lors des podiums et des concerts hip hop. C’est ce qui explique la présence par exemple de Ndiaga Mbaye, Baba Maal, Alioune Kassé, Thione Seck et Ouza sur l’album live du Sunu Flavour, ou encore celles de Black Mbolo ou de Bamba J. Fall sur des albums ici encore live de Thione Seck. Doit-on néanmoins en conclure qu’entre le hip hop et le mbalax, les relations sont au beau fixe ? Pas toujours, et l’épisode Rap’adio en est l’illustration. Un petit récapitulatif s’impose : dans Xibaru underground, titre phare de leur album, Iba, Bibson et Kt (les trois MC’s du crew) s’en prennent violemment à Cheikh Lô (musicien mbalax) et à Black Mbolo (crew qui se veut le champion du rap-mbalax, c’est à dire du hip hop sur des beats mbalax). L’attaque faite à Cheikh Lô s’explique par le fait que ce dernier, lors d’un passage sur une station FM de la place, s’en était pris aux rappeurs, sous le prétexte d’abord que le rap serait pauvre musicalement et ensuite que les discours développés, lorsqu’ils ne sont pas démagogiques, seraient tout simplement vides de sens. Quant au posse du Black Mbolo, le reproche que leur adressait Rap’adio se fondait sur l’idée selon laquelle le Hip Hop était finalement quelque chose de trop sérieux pour que des MC’s se laissent aller au point de produire une musique dont la seule prétention serait d’amuser la galerie, en faisant danser par exemple de la même manière que le ferait le mbalax. Ci-dessous la traduction de quelques-uns uns des vers incendiaires de Rap’adio :
Beaucoup de MC’s s’imaginent l’arène du hip hop comme un terrain de jeu Confondant leurs tenues de combat avec de simples déguisements Je les arrête car le hip hop demande une grande sincérité Moi je suis dedans depuis ma tendre enfance Car depuis toujours la vérité y est clamée (…) Où as tu déjà vu des MC’s déclamer leurs vers Juste afin que les gonzesses puissent se déambuler les hanches et les fesses ? Moi je reste conscient de ma mission Contrairement à ces faux MC’s qui essayent d’arrondir les angles Dans le seul but d’écouler leurs produits sur le marché (…) Je trouve leur style musical dégueulasse Si tu savais à quel point il me dégoutte Beaucoup plus en tout cas que les sales rastas de Cheikh Lô MC retournes vers les sources du Hip Hop Sinon je devrais tisser pour toi un pagne approprié Et te le passer pour que tu rejoignes ta vraie place Au milieu des cercles de danse, où tu ne feras alors que bouger les fesses A moins que tu ne te décides à mieux t’assumer Et pour cela tu pourrais t’inspirer de mon crew On le devinera, ces vers firent l’effet d’une bombe. Champion autoproclamé de l’underground et du vrai hip hop, Rap’adio entendait ainsi marquer son territoire, en s’en prenant à la fois à celui qui contestait l’essence du hip hop (Cheikh Lô) ainsi qu’a ceux qu’il considérait comme des faussaires (il va sans dire que pour Rap’adio, le posse du Black Mbolo faisait partie de ces faussaires). ôô L’épisode Rap’adio n’aura pas pour autant marqué un coup d’arrêt dans les collaborations rap-mbalax. Youssou Ndour a lui-même produit l’album de Biddew bou bes (Ndekete yo - 1999), mettant même la main à la patte puisqu’il est présent sur un titre de l’album. Daara J est également annoncé sur le prochain disque international du même Youssou Ndour. D’autres exemples peuvent également être donnés, pour témoigner de la poursuite de cette collaboration. Certes le phénomène Rap’adio a fait naître au Sénégal une réelle poussée de la fièvre hardcore, mais on peut quand même raisonnablement penser que les ponts entre le hip et hop et le mbalax n’en seront pas pour autant définitivement rompus. On peut même pousser l’analyse plus loin, jusqu’à développer l’idée selon laquelle le rap exercerait déjà une influence sur le mbalax, par une sorte de contagion revendicative. Youssou Ndour par exemple, sur sa dernière production destinée au marché sénégalais (Del tew-1998), exprime des doléances fortes destinées aux pouvoirs publics. Dès lors, la question mérite donc d’être posée de savoir si le développement d’un tel discours par Youssou Ndour aurait seulement pu être envisagé si auparavant le rap n’était pas passé par là … A notre avis en tout cas, les deux phénomènes sont intimement liés. |
Political Background of HipHop (German)
Rap aus Senegal Im März 2000 wird auf der Place de l'Obelisque in Dakar gefeiert. Nach 40 Jahren uneingeschränkter Herrschaft mußte die Partei von Präsident Abou Diouf abdanken. Die Wähler haben sich für Abdoulay Wade ent-schieden, der von der Jugendbewegung Sopi, auf Wolof „Änderung", unterstützt wird. Und den Soundtrack zu dieser kleinen Revolution lieferte der Rap. Der monatelange Wahlkampf entwickelte sich zu einer Art Massenpsychose. 70 % der Bevölkerung sind jünger als 30, und sie lassen sich weder vom Säbelrasseln der Milizen, noch von den Polizei-gesteuerten Provokateuren einschüchtern. Gefrustet von Arbeitslosigkeit, Verelendung und Wahlbetrug macht die Jugend Senegals mobil. Ihr Rap bringt den Stein ins Rollen, der schließlich in den Wahllokalen wie eine Bombe einschlägt. Als Pioniere des Hip Hop in Senegal hatten Positive Black Soul bereits in den 90er Jahren die Jugendbewegung mit Wort und Beat unterstützt. Mit inzwischen 9 Alben sind sie unbestritten die Vorreiter des Hard Core Rap in Dakar. Didier Awadi Unser Song Boul Falé war der Auslöser für viele Dinge. Auf Wolof bedeutet Boul Falé: „Lass es sein" oder „Vergiss es" und richtet sich gegen die Regierung, die immer nur Versprechungen macht, aber nichts unternimmt, um die Zustände zu ändern. Mit dem Song wollten wir erreichen, dass die Leute ihr Schicksal selbst in die Hand nehmen, und es hat funktioniert. Heute gibt es in Dakar über 2000 Bands, und jede von ihnen ist wie das Relais eines Radiosenders. Sie sind über das ganze Land verteilt um ihre Botschaften zu übermitteln. Überall kann man sie hören. Man kann sagen, dass der Rap eine große Rolle in der Erziehung spielt. Das Aufnahmestudio von Positive Black Soul ist ständig belagert von hoffnungsvollen Jungtalenten wie Alif, Rap Audio oder Pee Froiss. Xuman Bisher hat die Regierung versucht, die Jugend in Unwissenheit zu lassen. Die Kids verstehen nicht was läuft, weil die Informationen nicht bis zu ihnen dringen. Das versuchen wir zu ändern. Wir übersetzen ihnen sozusagen die Reden der Politiker, damit sie sich ihre eigene Meinung darüber bilden können. Dass der Rap hier so populär ist hat seinen Grund: immerhin hat er seine Wurzeln in dieser Region Westafrikas. Seit Jahrhunderten finden sich die Frauen während ihrer Hausarbeit in den Innenhöfen zu spontanen Sessions zusammen. In Senegal, wo Information bis heute hauptsächlich durch Mundpropaganda verbreitet wird, hat sich die Kaste der Griots herausgebildet, die alle Neuigkeiten musikalisch interpretiert. Berühmte Griots wie Youssou N'Dour haben die Rapper als ihre Gehilfen entdeckt. Daara J verstehen sich als moderne Griots, und ihr Rap ist eine perfekte Mixtur aus Tradition und Moderne. Ihr individueller Sound hat sie zur populärsten Rap-Formation Senegals gemacht. Seinen Erfolg verdankt der Rap den unabhängigen Rundfunksendern. Fast 80 % der Hörer schalten ihr Radio ein, wenn Star-DJ Jules Junior auf Sendung geht. Eine ähnlich wichtige Rolle spielte das Radio bei der Auszählung der Wählerstimmen. Das wachsame Auge der Öffentlichkeit verhinderte mögliche Tricksereien der alten Regierung unter Abou Diouf, und so wurde am 27. März dieses Jahres Abdoulay Wade mit 60 % der Stimmen zum neuen Präsidenten gewählt. Auch er wird es sich gefallen lassen müssen, dass der Rap seine ersten Schritte in Richtung Demokratie kritisch beobachtet. |
So you want to be a Rap Star?
So you want to be a Rap Star? (An analysis of what makes PBS the most successful African hip-hop group) | | Well PBS was the 'surprise' hit group of WOMAD USA 2000. Surprised? Each of the guys from Dakar, Senegal could easily have said, Veni, Vidi, Vici, in other words, they came, they saw, they conquered. Nubian Underground was there to witness first hand the method to the madness. The show, the energy the vibe. These guys took Seattle by storm and by the time they left, they had left a name, not only for themselves, but for Africa, the Positive side of Africa. Now as you all know from the few African hip-hop sites including Nubian Underground, there are tons of African hip-hop artists and groups that are scattered all over Africa, with some in Europe, North America. Unfortunately most of these artists are unknown outside a small circle of dedicated fans, many will probably have to 'abandon' their interests to pursue other endeavors like a non-musical oriented careers. So the question then comes in, what is it that makes the difference between an internationally successful group like Positive Black Soul and a lot of the other groups that fade by the way side? One thing that most would probably agree with me is that a lot of African hip-hop groups are simply imitators of their western counterparts. By this I mean that we have African crews that will dress like, behave like, talk like and try to sound like the African-American rap artists. Some now go to the extent of talking trash, calling women b*****s and h*s, claiming how they have all these women they sleep with etc etc. I guess if I really wanted to listen to that, I could easily go to the CD store and get about one hundred CDs that all sound like that. Now whether you like it or not, it is pretty unlikely that these gangsta wannabes would ever compete with the established artists in the US. Indeed sometimes I would wonder around the different music stores and find lots of CDs of artists that have released 'gangsta' rap albums that probably only ever sold a couple hundred CDs. Most of these albums covers always seem to have the rapper(s) frowning into the camera, the gold and diamond chains, bracelets and teeth, the pit bulls or alligators on leashes and maybe the big booty women in bikini/thongs… common, who are we kidding, you know exactly what the music will sound like, you know that that CD is not worth jack! Ok so we got the clear, but what about Positive Black Soul. The Nubian Underground crew talked to some of the people in crowd at WOMAN USA 2000. These are some of the things we noted.  The crowd really loved the traditional instruments that the different African musicians had, from the calabash player and the one stringed violin player with Afel Bocoum to the Kora and Tama players with PBS. One women commented to me how she really loved the sound of the one stringed violin and as Afel Bocoum's player noticed, he would tease the crowd with the instrument with the crowd asking them to play more and more. The costumes that the African and a lot of the other foreign artists wore were based on the traditional costumes from their respective countries and culture. The outfits that Positive Black Soul wore were defiantly designed from their traditional Senegalese costumes. I really like their costumes, which really set them apart from most rap groups. Amadou. Diddier and Awadi each green outfits what also included turbans that I though was really cool. The deejay wore a similar outfit white but without the turban, the kora player wore an orange outfit and the Tama player wore a more open yellow outfit. Check the pictures that we have on this page To tell you the truth, we cannot really tell you exactly what most of the songs that the group rapped was saying word for word. This was because most of the tracks that they did were in Wolof and/or French. They did however do two tracks in English. The fact that they were rapping in a language other than English brings a new dimension to the music. Although the style sounds different, the music is not any less 'hip-hop' and the message that they were delivering was a positive one. Later during our interview with PBS, earlier during the under the tree session and also on stage as they shouted to the crowd it was obvious that PBS were all about a positive message. There was none of the trash talking that has become synonymous with rap music. The fact that Positive Black Soul are deeply in tune with their culture could be seen, not only with their choice of costume and musical instruments, but also in their dance. Granted they had some really good hip-hop moves that the crowd liked, but what I noticed was that whenever they did the more traditional style of dancing the crowd went totally nuts. It is hard to describe exactly what kind of dance it was, but it was obviously a Senegalese dance. They invited the Senegalese fans to come up on stage to dance with them. I was impressed. I don't know too much about the Senegalese dance, but there were three things that were evident. The dancing was incredible The dancing was very energetic and full of life The dance moves went really well with the music. Oh yes. It is evident too that PBS really appreciates their fans. During the show they would constantly interact with the crowd, were a pleasure to talk to, always smiling and joking. They made everyone feel comfortable hanging out with them Look at the music videos that we see nowadays. To be frank, we see the same styles over and over again, nothing new, nothing interesting. PBS' style of dance once again sets the group apart from the rest. By the way, did you know that most of the break dance styles today that you see have been a part of African traditional dance for centuries past? So you want to be a star! Well this is what makes PBS the success that they are. Positive Black Soul had a distinctly hip-hop sound with an African flavor. They have a great deejay who can go one on one with any hip-hop deejay out there. They have a couple of guys who are gifted with the Tama and the Kora. Their dancing is not only excellent, but also different, and of course the guys can rap! The fact that they combined all these elements of the traditional African musical instruments, traditional dress and dance, the good clean positive lyrics and message plus a high level of professionalism makes for a great crew. I strongly believe that PBS are going to become even bigger then they are now. One reporter we talked to who had seen their show told us that he was going to mention PBS to Sen Dogg of Cyprus Hill. This is what other African hip-hop groups need to do. Combine the unique elements from their respective countries plus talent, and this will eventually lead to success. Take a look at Gidigidi Majimaji. They have now shed their older image in favor for a more traditional style with their new album, Ismarwa. All reports so far say that their new image and style has been a huge success. They now have plans for an overseas tour. The only way for these guys to go is up! Lets face it; no one wants to listen to groups that simply imitate those that are in the west. There is a new interest that is beginning to take hold, and that is a wider interest in 'ethnocentric' music be it Jazz, hip-hop or instrumental. More and more companies and websites are now springing up that want to promote, sell, distribute or showcase 'ethnocentric' music. So you want to be a star? Well take heed, stick to your roots! | |
The History of african HipHop (german)
African-HipHop Chapter 1
HipHop-Revolution in Senegal 
Von Amerika nach Afrika
Ende 1979 kam mit "Rapper's Delight" von Sugarhill Gang das erste Rap-Lied überhaupt auf den Markt, das mit seinem großem Erfolg eine längst überfällige, nicht nur musikalische Revolution ausbrechen ließ. Von New York aus ging die neue Musikrichtung und die damit verbundene Kultur HipHop (Musik, Bekleidung, Tanz, Graffitie, DJing etc.) rund um die Welt und brachte ein neues Lebensgefühl und seine verschiedenen Formen mit sich. Vorläufiger Höhepunkt dieser Bewegung: "The Message" von Grandmaster Flash and The Furious Five. Ein Lied, das 1984 mit seinem Inhalt (das erste Mal wird das Leben im Ghetto auf drastisch-realistische Art berschrieben) und seinem kommerziellen Erfolg (meistverkauftes Lied des Jahres in England!) wesentlich zum Durchbruch des HipHops beiträgt. Außerhalb New Yorks, sogar außerhalb der Vereinigten Staaten beginnen junge Leute, es selbst zu versuchen. In Europa waren die Vorreiter (selbstverständlich nach England) die Franzosen (ab 1980 mit Dee Nasty u.a.), gefolgt von den Deutschen, den Italienern und den Spaniern. Die Entwicklungen in diesen Ländern liefen sehr isoliert, was u.a. auch daran lag, daß sie kaum eigene Produktionen machen konnten und deshalb keine Basis für einen Austausch hatten (ab 1988 verbesserte sich die Lage rapide). Deshalb orientierte sich der HipHop in Afrika an US-HipHop und nicht an die Europäer; ein Grund, warum Afro-HipHop dem Europäischen im Rahmen seiner Möglichkeiten kaum nachsteht. Die erste größere HipHop-Szene Afrikas läßt sich zwar auf Grund der englischen Sprache (man verstand den HipHop aus den USA viel besser) in Südafrika vermerken, aber der frankophone Rap ließ nicht lange auf sich warten.
Von New York nach Dakar
In Senegal entstand, zuerst fast ausschließlich in Dakar, ab 1985 eine Szene. Dir herausragenden Namen aus dieser Zeit sind "King & Kool" und MC Lida. Dieser senegalesische "Old School" hatte natürlich kaum die finanziellen Mittel, sich mit Turntables und Mischpulten zu bedecken. Man rappte also über alles, was einen Rhytmus hatte, von amerikanischen Instrumental-Stücken bis einheimische Percussion. Wie in den USA auch war HipHop-Musik in Senegal anfangs eine reine Tanz- und Party-Musik.Und sie schaffte es sehr schnell von der Straße in die Clubs, was zu ihrer schnellen Popularität beitrug. Parallel wurde die Szene (natürlich) immer größer. Als das Ende des Old Schools kann wohl die Verurteilung von MC Lida gelten, der bei einem seiner berühmt-berüchtigten Wutanfälle auf jemanden geschossen hatte (Diese "amerikanische" Geschichte soll aber keinen falschen Eindruck über die friedliche senegalesische Szene entstehen lassen). Die Lawine war aber losgetreten. Es kamen auch ohne MC Lida einige junge Rapper dazu. Wie z.B. Positive Black Soul im Jahre 1989.
POSITIVE BLACK SOUL 1989 im Vorstadtleben von Dakar: In den benachbarten Vierteln Liberté 6 und Amitié 2, keine unbedingt wohlhabenden Bezirke, gibt es zwei rivalisierende Jugend-Gruppen: "King MC's", hauptsächlich Muslime, unter der Führung von Amadou Barry, dem späteren Doug E Tee, und "Syndicate", christlich, mit ihrem Anführer Didier Awadi, später DJ Awadi. Diese beiden Gruppen liefern sich erbitterte "Schlachten" darum, wer lyrisch der bessere ist. Sie rappen um die Wette, wo es nur geht. Ob auf der Straße, in Clubs oder sogar auf Konzerten. Der "Krieg" hatte aber ein Happy-End: Denn ein Konflikt, der in den USA der neunziger Jahre wohl zu Schießereien führen würde, endete in Senegal mit einem friedlichen Austausch. Nach und nach fand man sich gegenseitig doch sympathisch und bemerkte, daß man im Grunde genommen doch dieselben Ideale hatte. Man beschloß also irgenwann, sich zu einigen und später sogar zu vereinigen, ging es doch um bindende, höhere Ideen: Frieden, Einigung Afrikas, Gleichheit der Religionen ("Schwarz absorbiert Licht und wird selbst zu Licht" lehrt uns Awadi), und das alles mit "apolitischen Texten"! 1990 ist das Geburtsjahr von "Positive Black Soul". Der Name sollte auf englisch sein, damit ihn alle verstehen. Überhaupt legen sich PBS nicht auf eine Sprache fest, rappen sie doch auf Wollof, französisch und englisch. Der Begriff "Positive" wurde gewählt, weil nach der Meinung der PBS für die meisten Menschen Afrika nur noch "aus Aids und Ruanda" besteht. Dieser Name solle zeigen, daß "die große schwarze Seele mehr ist als nur Elend". Da sie damals kein Geld hatten, schlichen sie sich in Studios, um durch Beobachten soviel wie möglich zu lernen. Den Rest machten sie auf der Straße mit "Gehör, Gefühl und Energie", wie sie sagen. 1992 machte der senegalesische "Nationalheld" Claude M'Barali, in Europa eher als MC Solaar bekannt, die erste von einer Reihe "seiner" Partys in Dakar. Hier traten Doug E Tee und Awadi auf, von denen er so begeistert war, daß er ihnen Hilfe beim Aufbau einer professionellen Karriere versprach. Und er hielt sein Wort. Diskret aber gezielt wurde der Aufstieg des "explosiven Duos", wie die große französische Musikzeitschrift "Vibration" ihren Artikel über PBS titelte, von Solaar gefördert. 1993 nahm er mit PBS das Lied "Rats Des Villes, Rats Des Champs" auf, das in Senegal ein großer Erfolg wurde und PBS schlagartig bekannt machte. Nun hatte PBS kein Problem mehr, einen Produzenten zu finden. Madamou Konte machte 1994 ihre erste Kassette, worauf die erste HipHop-Hymne Senegals zu finden ist: "Boule Falé" (Dt. "Scheißegal").
Das Lied hatte der Jugend Senegals anscheinend aus dem Herzen gesprochen. Es folgte eine weitere Kassette, u.a. mit sechs "Boule Falé"-Remixen. Darauf sind u.a. Aby N'Dour, Baaba Maal (auf dessen Album "Firin'ly Fonta" PBS bereits bei dem Lied "Swing Yella" zu hören waren) und Daara J zu hören. 1994/95 machten PBS ihre erste größere Tournee durch Europa. Dabei kamen sie u.a. nach London, auf die Festivals in Montreux, Bourges, Rennes und Paris, nach Lausanne, wo sie auf Solaars Empfehlung hin die Vorgruppe der bekanntesten Schweizer HipHoper Sens Unik waren, die sie wirklich begeistern konnten, und noch einmal nach Paris, wo sie zum unglaublich umfangreichen Vorprogramm von MC Solaar (weshalb dieser ausgebuht wurde!) in einem seiner drei legendären Konzerten in der riesigen Halle "Zénith" gehörten. In Paris nahmen sie dann auch ihr erstes Album auf, und zwar im Studio Jimmy Jays, dem bekannten DJ Solaars. Es erschien beim größten Label für afrikanische Musik, dem "Island" gehörenden "Mango" wo z.B. auch Baaba Maal unter Vertrag ist. Auf diesem Album sind sehr viele Lieder ihrer ersten Kassette zu hören (das mit Solaar nicht!) und auch bekannte Musiker wie Maty aus Senegal, oder Black Jack, ein Mitglied der afro-französischen und afrozentristischen HipHop Gruppe "Démocrates D", der auch beim Welthit "Le Bien, Le Mal" von Guru und MC Solaar zu hören ist. Ende 1996 machten sie ihre nächste Kassette "Daw Thiow", auf dem u.a. ein alter bekannter wieder zu hören ist: MC Lida!
Die Kassette ist übrigens von sehr guter Qualität, auch wenn der Sound eher an Bronx als an Dakar erinnert!
In der Zwischenzeit waren sie aber nicht untätig gewesen. Neben vielen Konzerten in Senegal hatten sie eine Afrika-Tournee durch Gabun, Zaire und Gambia gemacht, ein Remix von Salif Keita Namens "Ne Pas Bouger" gemacht, viele senegalesische Hip Hop-Bands gefördert und eine überaus erfolgreiche US-Tournee! gemacht. Anfang 1997 brachten sie den Sampler "Senerap Freestyle No.1" heraus, auf dem einige senegalesische Rapper ihr Freestyle-Können zum Besten geben. Da für die meisten "Senerapper" das Erwerben von Equipment aus finanziellen Gründen nicht möglich ist, gibt es in Senegal trotz der sehr hohen Zahl an Rappern ganz wenig DJ's. Da PBS dies aus eigener Erfahrung sehr wohl wissen, stellen sie soweit wie möglich Rappern die Mittel zur Verfügung, um Aufnahmen zu machen. Die "Senerap freestyle"-Kassetten sollen jedenfalls von nun an regelmßig erscheinen. Anfang April 1997 machten PBS die ersten Aufnahmen zu ihrem neuen Album in New York, bevor sie Konzerte in Guadeloupe und Reunion gaben und Ende Mai auf eine große Afrika-Tournee gingen. Ein Produkt dieser Aufnahmen ist die Kassette New York-Paris-Dakar, auf der sehr bekannte Rapper wie Alliance Ethnik oder KRS-1 (noch immer der Chef-Ideologe des HipHops, Begründer der "Stop The Violence"-Bewegung) zu hören sind. Auch vom Klang her ist die Kassette authentischer als Daw Thiow, was vor allem am Einsatz von Cora liegt. Ihre Konzerte waren im Übrigen große Erfolge, vor allem in Südafrika. POSITIVE BLACK SOUL sind inzwischen unwiderruflich zu Größen der Musik Senegals wie Youssou N'Dour, Baaba Maal, Toure Kunda, Ismael Lo, Thione Seck und eben MC Solaar gestoßen. Also muß man sich auch mit der Musik und den Texten der Band beschäftigen. Sie selbst geben zu, von IAM, A Tribe Called Quest, Gangstarr, Boogie Down Production und selbstverständlich von MC Solaar, den sie ihren großen Bruder nennen, beeinflußt worden zu sein. Doch gleichzeitig betonen sie, daß sie weder frz. noch amerikanischen Hip Hop machen, sondern afrikanischen. "Unsere Musik ist sehr alt", sagt Awadi. "Da ist es nur normal, daß wir traditionelle Instrumente wie Cora, Balafon, Sabar, Tama und vor allem traditionelle Percussions benutzen...Rap ist ein Kind der Sklaven, in Afrika wurde es geboren, in Amerika ist es groß geworden". Sie behaupten, apolitisch zu sein, was sie nicht sind. Das Motto der Gruppe lautet "Panafrikanist und nicht Rassist". In ihren Liedern "Djoko" (Einheit) und "Président D'Afrique" verlangen sie die Einheit Afrikas.
"We are not P.S. or P.D.S.*, we're PBS  A brand new party, no one will be left out The youth are good and fair What they did in the past cannot be buried We are underprivileged, but we want the good life If you want to bury us you're lying Remember what they promised in 1987? We haven't seen a thing Turn back, and move with the positive black soul Do not fight, if you don't have conviction  That can't work They are tired now But they can't stop fighting positive black soul Chorus I'm not your slave If you want to unite, I do If you don't want to unite, I still do ..." (aus "Djoko", englische Übersetzung im Begleitbuch zu "Salaam") *P.S.: Partie Socialiste, P.D.S.: Partie Démocratic du Sénégal Awadi sagt, daß die Afrikaner sich selbst helfen sollten, anstatt immer die Hilfe des Westens zu suchen. "Afrika ist selbst". Als Beispiel nimmt er die unglaublich schnell voranschreitende Entwertung der gemeinsamen Währung der Sahelzone CFA. Seiner Meinung nach würde dies bei einem engeren Zusammenhalt der afrikanischen Staaten nicht passieren. Wenn Doug E Tee sagt, PBS seien unpolitisch, dann meint er also nur, daß sie keine Hoffnungen mehr in ihre Politiker setzen. PBS propagieren das Lesen. Ein guter Afrikaner solle viel lesen. Sie selbst beziehen sich auf Kwame Nkrumah und Cheik Anta Diop. "Sie sind unsere Idole. Sie wurden umgebracht, also müssen wir jetzt ihren Weg weitergehen". Weitere geistige Quellen von PBS sollen Hampate Ba und Koce Barma (senegalesischer Philosoph aus dem 19. Jh.) sein. PBS legen großen Wert darauf, daß sie niemals jemanden wegen seiner Meinung angreifen würden. Aber Verständnis müssen sie nicht für alle aufbringen. So äußerten sie sich beispielsweise zu afrikanischen Musikern, die in Europa leben, da man dort angeblich besser seine Musik publizieren kann, sehr negativ: "Um wirkliche Musik zu machen, muß man den sozialen Kontakt zu seiner Herkunft erhalten, um Zusammenhänge verstehen zu können, so wie es Youssou mit seinem Studio in Dakar macht. Er ist weiterhin einer aus Medina (Stadtteil Dakars). Aber wenn wir nach Europa ziehen, dann können wir doch gar keine Musik mehr machen". Denoch fühlen sie sich nur als Beobachter. Ein weiteres Thema der Gruppe ist Lotto und Wetten, eine große Mode in Senegal für jung und alt. Dazu erzählt Awadi: "Einmal ging es Amadou sehr schlecht. Ich mußte ihn ins Krankenhaus bringen. Da sagte uns der Arzt, ohne ihn auch nur anzuschauen, in einem sehr schroffen Ton, wir sollten gefälligst warten, bis im Fernsehen die Ergebnisse der PMU (Wettbüro) gekommen sind. Wäre es ernst gewesen, wäre Doug jetzt tot...Diese Wettten machen unsere Jugend immer geldgieriger. Sie denken nur noch an Ökonomie". Über jamaikanische, antillische und amerikanische Afrozentristen sagt Awadi: "Ich habe nichts gegen sie, nur kommt es mir manchmal so vor, als hätten sie Komplexe wegen ihrer Geschichte und ihrer Identität. Sie haben das Thema Afrika zu sehr verinnerlicht. Dabei kommt doch ihre eigene Welt ein wenig zu kurz". Die Geschichte von PBS ist wie ein Märchen. Von Sacre Coeurs-College, einer Schule im Vorort Dakars, ins Zénith, eine der größten Konzerthallen Europas. Und das in fünnf Jahren. Aber PBS sind nicht nur Doug E Tee, DJ Awadi, King MC's, Syndicate, Killer B und PBS-Posse, PBS ist mehr, PBS ist afrikanisch. SENERAP "Noch dreißig Jahre nach der Unabhängigkeit haben die Leute in Senegal Partys und Tanzveranstaltungen über alles gern gehabt. Dann ist das Geld alle geworden. Nun war der urbane HipHop an der Reihe", erzählen uns PBS, die Vorreiter des Senerap. In der Stadt Dakar mit knapp zwei Mio. Einwohnern stehen nun, Mitte der neunziger Jahre, an jeder Straßenecke ein Paar Jungs mit ein, zwei Djembe-Spielern und rappen munter darauf los. Meist auf Wollof, aber auch auf französisch. Im April 1997 fand die staatlich verordnete "Woche der Jugend und der Kultur" statt, in der es zahlreiche Rap-Wettbewerbe mit unzähligen Talenten gab, wobei die jüngsten noch keine fünf! Jahre alt waren. Wie man sieht ist das Land also von Rap befallen. Wie Pilze schießen Gruppen aus dem Boden. Ihre Zahl wird auf über eintausendundfünfhundert! geschätzt, DJ Makhtar (Daara J) spricht sogar von drei bis fünftausend!
 
Sie aufzählen zu wollen, wäre niemandem mehr möglich. Hier eine mehr oder minder willkürliche Auswahl: Dakar: Killer B., Sunu Flavor, Da Brains, Bok Sagnsagn, Boul'Bai, Pee Froiss, Jant Bi, BNP, Sini Saka, NioulteRapadio, King Posse, Wah J, African Mboolo, Posse de RMK,Blackstar... Ziguinchor:Bad Master Posse, Barnoz, Black Africa Positive, Digital Posse...  Allerdings hat sich natürlich eine Hierarchie gebildet, d.h. es gibt die größeren und die kleineren. DJ Makhtar nennt als die zur Zeit wichtigsten HipHop-Gruppen Senegals -Da Brains, fünf-köpfige Gruppe -Jant-Bi (übersetzt: die Sonne), drei Personen -Sunu Flavor: (brachten 1996 ihre erste Kassette heraus) zu zweit -Pee Froiss: (auch 1996 mit ihrer ersten Kasstte) drei Personen -petit frere: (DJ Makhtar konnte mir nicht verständlich machen, ob petit frere einer oder zwei ist/sind!) und natürlich -PBS, sowie -Daara J
DAARA J "Die Schule des Lebens" war ein Phänomen des Jahres 1997. Im März war die Band aus Medina auf Platz vier der Charts in Senegal, was auch PBS noch nicht geschafft hatte. Ihre Kassette "Daara J" verkaufte sich 15000 mal, ein Rekord. Ein Jahr zuvor hatten sie auf einem Konzert in Dakar bei einem Lied von Youssou N'dour mitsingen dürfen. Der Rapper N'Dongo D, der Toaster Lord Alajiman und der Sänger Faada Freddy (Foto) machen möglich, daß Daara J ein sehr breites Spektrum an Musik angehen können. Unterstützt werden sie dabei von DJ Makhtar. Das liegt daran, sagen sie, daß Sie mit und in ihrer Musik Amerika, Afrika und Jamaika miteinander verbinden wollen. Sie wollen sich auf keinen Fall auf eine Richtung festlegen lassen.
Daara J waren außerdem die zweite Hip Hop-Gruppe aus Senegal, deren Album es in Europa zu kaufen gab ("Daara J", bei Declic). Zur Zeit arbeiten sie übrigens in Paris an ihrem zweiten Album und geben nebenbei einige Konzerte in Europa (Belgien, Frankreich, Deuitschland).
Wenn man bedenkt, daß die "Senerapper" von den Amerikaner gelernt haben (s. Konfliktregelungen bei PBS), so müsste man annehmen, daß PBS und Daara J nun gemeinsam die Fahne des Senerap schwingen müssten. Da sich aber inzwischen, wie bereits erwähnt, eine Hierarchie herausgebildet hatte und der Kampf um die "Krone" nun eröffnet wurde, ist es nicht so: Bei der Produktion von "Senerap Freestyle No.1" wurde auch Daara J eingeladen, die aber ablehnten, weil die Aufnahmen im Monat des Ramadan lagen. So zumindest die offizielle Version. Tatsache ist aber, daß PBS Bands mit der Auflage eingeladen hatten, daß sie über bekannte Instrumental-Stücke rappen. Sie schrieben aber für ihr eigenes Lied die Musik selbst. Auch Daara J hätte das gewollt... Ob nun PBS wegen der Absage oder Daara J wegen der "schlechten Anfrage" beleidigt waren, weiß man jetzt schon nicht mehr, obwohl es noch keine zwei Jahre zurückliegt. Jedenfalls antwortete Awadi auf die Frage, warum Daara J denn bei "Freestyle No.1" nicht dabei sind, mit einem trockenen "bei No.2 sind sie dabei". Daara J betonen, daß sie die Ideen von PBS gut heißen und originell finden, aber zur Zeit nicht vorhaben, mit ihnen zusammenzuarbeiten. Und wenn sie PBS für irgendwelche Produktionen haben will, "dann soll man halt den Label anschreiben". Außerdem danken sie PBS auf ihrer ersten Platte nicht, was PBS auf Salaam bei ihnen getan hatte. Ich denke, in der Relation dieser Bands spielt leider Neid eine sehr große Rolle. PBS sind nicht bereit, eine zu erfolgreiche Band neben sich zu tolerieren, während Daara J (inzwischen sehr erfolgreich) am Thron von PBS rütteln wollen. Warten wir die weitere Entwicklung ab.

Doch ganz egal wie dieser Streit ausgeht; PBS haben einen Boom entfacht, der sobald nicht vergeht, und der noch viele Früchte tragen wird, auch ohne PBS oder Daara J, obwohl Leute wie z.B. Sylvain von der Salsa-Band "Super Cayor de Dakar" eine Entwicklung zu sehen glauben, bei der viele junge Leute wieder andere Musikrichtungen, wie z.B. Mbalax, wiederentdecken. In diesem Zusammenhang ist noch anzumerken, daß seit 1996 Tendenzen zu beoachten sind, die immer mehr in "Fusions" enden, wie z.B. Rap und Mbalax bei Gruppen wie Dege Gui. HipHop in Senegal "Die Musik ist Rap. HipHop, das ist die gesamte Einstellung. Und Rap ist HipHop-Musik", sagt DJ Makhtar. "Und die Elemente des HipHops sind Rap, Graffities, Bekleidung, der Tanz und DJ'ing". Daß die Musik sich nun durchgesetzt hat, wissen wir nun. Aber auch Graffities, in Senegal ist Wandbemalung eine traditionsreiche Kunst, werden nun, "HipHop-mäßig" kanalisiert, intensiv wie nie zuvor betrieben. Und die Qualität läßt meistens nur beim Material zu wünschen übrig. Schaut man sich Bands wie Blackstar an, dann fällt sofort eines auf: Die gesamte Band ist mehr oder minder gleich angezogen. Auch sonst ist die HipHop-Mode eine sehr verbreitete unter der senegalesischen Jugend und als Status-Symbol natürlich auch sehr wichtig. Dasselbe gilt auch für den HipHop-Tanz, der allerdings, im Gegensatz zu den USA oder Europa, nicht nur aus Break-Dance im engeren Sinne besteht, sondern auch senegalesische Tanzelemente beinhaltet. Die einzige Domäne, in der Sene-HipHop der "nördlichen" Hemisphäre hinterher zu sein scheint, ist das DJ'ing. Dafür gibt es ganz profane Gründe: "Venyl ist in Afrika tot" sagt Günter Gretz, Produzent und Kenner afrikanischer Musik. Und ohne Venyl kann es keine DJ's geben. Zudem sind 12-10'er ("HipHop-fähige" Plattenspieler, der Begriff kommt von der 1210-Modell der Technics-Plattenspieler, meist verbreiteter DJ-Turntable) und Mixer (Mischpulte) für die meisten nicht erschwinglich. Deshalb gibt es in Senegal überhaupt sehr wenige HipHop-DJ's. Makhtar erzählte mir, daß nur PBS, Daara J, Pee Froiss und Sunu Flavor mit DJ's arbeiten (können). Und weil kaum die Möglichkeit bestand, von gestandenen DJ's zu lernen, hält sich die Qualität dieser vier DJ's (noch) in Grenzen. DJ Makhtar erzählt selbst, daß er als Kartenabreißer im Medinaer Nachtclub "Metropolis" gearbeitet hat und dabei, so oft er konnte, den DJ's auf die Finger schaute, um zu lernen. So machte er die ersten Erfahrungen mit Turntables überhaupt. Mixen und Cutten, die Grundlagen des HipHop-DJ'ing, sowie Scratchen, Wizzles, Quick-Mixer etc. schaute er sich im Fernsehen an und versuchte, sie zu üben. So konnte er überhaupt HipHop machen. Inzwischen legt er regelmäßig in "Aldo", "Brodway" und "Thiossane" auf, wo er sich einen Namen gemacht hat, und wodurch er sich erst eigenes Equipment besorgen konnte. Am Beispiel von PBS und DJ Makhtar erkennt man eindeutig, daß in Senegal nicht nur sehr viel Talent, sondern genauso viel Ehrgeiz existiert, gut, wenn nicht der Beste, sein zu wollen. Dabei wird Innovation an Stelle von Ausrüstung gesetzt, Fleiß und Talent ersetzen Akribik. HipHop ist in Senegal nicht nur Mode oder Volkssport. HipHop in Senegal ist Lebensart. So wie es sein soll. Es kommt von der Straße und bringt "Gehör, Gefühl und Energie" mit sich, und zwar von allem sehr viel. In einem Land mit sehr hoher Jugendarbeitslosigkeit ist HipHop nun mehr als eine Ablenkung. Es ist pur, wie es in den USA und in Europa lange nicht mehr ist. Und es ist qualitativ "fett". Und friedfertig. Wenn es Streit gibt, wie z.B. bei Daara J und PBS, dann wird nicht "gedisst" (HipHop-eigene Art, dem Gegner in Reimen seinen "Disrespect" auszudrücken). Man gibt sich wenigstens nach außen harmonisch. Beim Identifikationsgrad der Jugendlichen mit HipHop (Awadi erzählt, daß man um seine Gesundheit bangen müßte, wenn man beispielsweise in Liberté 6 etwas unfreundlichen über PBS oder ihre Musik sagen würde) ist das nicht etwa verlogen, sondern nur zu klug. Alles, was mir zu sagen noch übrig bleibt:
"RESPECT" (Written by Omid Nouripour) |
RAP attaque sur l'Afrique
| Rap attaque sur l’Afrique L’Afrique connaît une attaque de rap. Des milliers de groupes se forment dans l’underground. Positive Black Soul et Daara. J ont réussi à sortir du lot et à rayonner hors de leurs frontières. Il y a même des rappeurs français de renom comme Passi (Minister Amer) avec Bisso Na Bisso ou Imhotep (IAM) avec son disque « Blue print » qui renouent avec leurs racines africaines. D’autres (Kool Shen, Oxmo Puccino, Zoxea, Busta Flex, les Sages poètes de la rue et D-Abuz System) sont allés faire une virée à Abidjan, laissant croire qu’une collaboration future est possible. Est-ce que ces griots des temps modernes s’inspirent du rap français ou du rap américain ? À moins que comme le jazz, le rap ait toujours été africain. Petite histoire récente du rap au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
| | | L’EXPLOSION SÉNÉGALAISE Un week-end dans une célèbre boîte dakaroise. L’ambiance est électrique. La sono tonne. Des gosses, à l’allure sportive, en blue-jeans rapiécés, survêtements colorés, casquettes de base-ball vissées à l’envers sur la tête, blousons à capuchon, la bouille barrée par des lunettes, à l’image des stars de la NBA, virevoltent comme des possédés. Un immense miroir leur renvoie leurs images, et ils s’en délectent. Certains, s’appuyant sur leurs larges pompes de sport volontairement délacées, répètent les dernières « phases » piquées dans un clip « made in USA ». Ainsi, comme bon nombre de rappeurs en Afrique, les jeunes sénégalais subissent la forte influence américaine, surtout au niveau du look et de la gestuelle. Né aux États-Unis au début des années 80, le rap a tôt fait d’envahir le monde. Comme partout ailleurs, le Sénégal n’y a pas échappé, grâce au développement des moyens de communication, avec notamment l’irruption de nouvelles chaînes de télévision comme CNN. Le rap a timidement débuté à Dakar, vers la fin des années 80, plus précisément au collège Sacré-Cœur, au Métropolis et au Sun Set Sahel, où des groupes venaient tous les week-end et le mercredi après-midi (il n’y avait pas classe), répéter leurs compositions. Parallèlement, l’accent était mis sur l’organisation de matches de basket-ball entrecoupés par des spectacles de rap (aussi appelés rap attaque ), en play-back, organisés dans les quartiers chauds de la banlieue dakaroise. C’est plus tard qu’a germé l’idée d’organiser des shows-beach pendant les grandes vacances. La télévision nationale a choisi de les retransmettre en direct. Elle a aussi initié une émission mensuelle, spéciale « Hip Hop », présentée par Fatou Tandian, une jeune fille du même âge que les rappeurs. Cette émission consiste aussi à mieux faire connaître les groupes de la banlieue et des régions et traite aussi de l’actualité dans le mouvement hip hop mondial. Les années passent, le mouvement prend de l’ampleur, pour le désespoir des pères de famille qui, dans une société très conservatrice, assimilaient rap et délinquance. Il est vrai que le look des rappeurs dakarois, aux antipodes des conventions sociales, leur démarche dodelinante à souhait mâtinée d’un langage aux relents ésotériques, donnaient une image écornée au mouvement hip hop local. Pourtant, dans une société qui avait complètement perdu ses repères et où les valeurs avaient du mal à résister à la modernité, les rappeurs dakarois se voulaient les tenants d’une nouvelle idéologie : la « raptitude ». Un hymne à la solidarité et à la fraternité. Les pionniers du PBS De simple activité ludique pour des élèves et étudiants complètement désœuvrés pendant les vacances, le rap va s’imposer sur la scène musicale sénégalaise grâce à un groupe né dans les quartiers résidentiels de Dakar : le Positive Black Soul (PBS). Ses initiateurs, DJ Awadi et Dug E Tee, en véritables pionniers, incompris par une société accrochée à son « mbalakh » (musique locale dont Youssou N’Dour est un des tenants) et des producteurs frileux manquant de flair, avaient pris le pari fou d’opter pour une autre voie. Leur rap tropicalisé se distingue par l’introduction d’instruments de musique traditionnels (kora, sabar, riti, xalam, etc.) et le recours aux langues nationales (en plus de l’anglais et du français) pour atteindre la grande masse des analphabètes. Les efforts du Positive Black Soul sont couronnés, après des années de galère, par la sortie d’une première cassette : « Boul Falé » (littéralement, cela signifie : « Ne t’occupe pas »). Un succès. Auparavant, en 1992, avec de jeunes talents de la musique sénégalaise, le groupe avait participé à une compilation financée par le Centre culturel français (CCF) de Dakar et la Revue Noire. Au cours de la même année, le Positive Black Soul s’était ouvert au monde, dans le cadre d’une tournée européenne, dont l’étape française lui avait permis de côtoyer les rappeurs marseillais de IAM et le groupe suisse Sens Unik. Leur participation à l’album « Firin’in Fouta » de Baaba Maal leur a permis, par l’intermédiaire de ce dernier, de signer avec Island Records, sous le label Mango. Aujourd’hui, en raison du succès engrangé par le Positive Black Soul, nombre de jeunes ont investi la musique rap qui, pour eux, constitue aussi un gagne-pain, un moyen de sortir d’un chômage endémique. Dès lors, il n’y a pas un quartier ou village du Sénégal profond qui ne compte son groupe de rap. C’est ainsi qu’une organisation non gouvernementale de Dakar, Enda Tiers-monde, a recensé quelque 3 000 groupes de rap dans l’ensemble du pays. Outre le Positive Black Soul, les plus célèbres sont : Daara. J, Pee Froiss, Sunu Flavor, Da Brains, Jant-Bi, Bamba J Fall, Black Mboolo, Alif, Doomu Jolof, Mc Lida et Tim Timol. Sur le marché local, ces groupes de rap enregistrent souvent des records de vente. Ce qui a amené des vedettes de la musique sénégalaise à solliciter leur collaboration. Si Positive Black Soul a participé au « Firin’in Fouta » de Baaba Maal, Daara J a remixé le tube « Solidarité » de Youssou Ndour et Mc Lida a collaboré à l’album « Circulation » de Oumar Pène. De plus, dans les concerts de ces artistes de renom, il est fréquent de voir les rappeurs en guest-stars. À côté de ceux-ci, d’innombrables petites formations, moins connues, se bousculent aux portes du succès et de la notoriété. Le Positive Black Soul s’investit pleinement pour leur baliser le chemin, par la mise sur pied d’un projet de compilations dont l’objectif est de permettre à ces groupes de commettre une cassette et de sortir de l’anonymat. La première compilation, « Senerap », réalisée en 1997, a réuni dix groupes. Un an plus tard, « Senerap 2 » est sur le marché. Cette initiative du Positive Black Soul a fait tâche d’huile puisque le Sunu Flavour a, dans la même année, financé, à l’intention des groupes moins connus, la réalisation de deux compilations intitulées « Petit Frère ». Ces compilations constituent un grand avantage pour certains groupes qui ont fini par trouver un producteur et ont sorti une cassette sur le marché local, ce qui est un rêve pour tous les jeunes « posse » du Sénégal. Des leaders d’opinion Contrairement au rap violent et obscène des B-Boys américains, celui du Sénégal est un moyen de valorisation des cultures locales. C’est, selon les termes même du « posse » du Positive Black Soul, DJ Awadi, un « mouvement positif né d’un esprit positif ». Ainsi, le geste du rappeur Mc Lida tirant à bout portant sur un adversaire, pour des raisons de cœur, que certains veulent mettre en parallèle avec le « gangsta rap », n’est qu’un cas isolé. Tout en enrichissant le mouvement hip hop international de nouvelles sonorités, grâce à l’introduction des instruments traditionnels de musique, les rappeurs sénégalais transmettent des messages forts très souvent pris en compte par l’opinion publique nationale. Leurs textes sont de véritables chroniques politiques et sociales avec une dénonciation sans fard des maux de la société sénégalaise : drogue, violence, chômage, corruption, gaspillage des ressources du pays et le clientélisme politique. La crudité de leurs discours en avait, à un moment, choqué plus d’un. « Les rappeurs sénégalais sont des éducateurs. Ils donnent plein de conseils aux populations et font preuve d’originalité en valorisant nos cultures », estime Michaël Soumah, un célèbre animateur d’une station de radio FM de Dakar, même si, à travers la réalisation de clips, on sent toujours l’influence américaine. Ousmane Mbaye Journaliste au Soleil de Dakar 
| | LE HIP HOP À L’IVOIRIENNE Bon nombre de mouvements artistiques ont marqué d’une trace indélébile la jeunesse ivoirienne. Après le yéyé, le disco et le funk, la révolution hip hop a, aujourd’hui, ses fervents défenseurs regroupés au sein de plus de 2 000 « posse », dont une grande partie dans l’underground. Par son importance grandissante auprès de la jeunesse et par ses ventes, le rap ivoirien est un facteur de croissance pour les maisons d’édition et de distribution. Naissance Né à New York, le rap a été introduit en France par Sydney (animateur à Radio 7 Paris ) grâce à son émission télévisée de smurf « Hip Hop ». Alors étudiant à Paris, Yves Zogbo s’accroche au mouvement et l’amène en Côte d’Ivoire avec la cassette musicale « Abidjan City Breaker ». Par la suite, il enregistre avec les Crazy B et Angelo un album de style rap américain. Dès lors, le mouvement hip hop prend racines en Côte d’Ivoire. Une avalanche de rappeurs tombe sur la planète musicale locale. Il y a tout d’abord Rap Kenny, qui dans le célèbre titre « Samara colo » fait l’apologie des petits artisans ambulants préférant exercer un métier épuisant et dévalorisant pour gagner leur vie plutôt que de devenir des gangsters. Un appel positif d’éducation et de prise de conscience à l’endroit des jeunes pour qui, les attaques à main armée, étaient devenues dorénavant un réflexe quotidien. À la différence des premiers rappeurs mentionnés qui ont plutôt une vue jouissive et futile du rap, Kenny décrit le quotidien des petites gens. L’artiste quitte la scène du showbiz comme il est venu. Par la suite, les GI’S, une réplique des Crazy B, faisant toujours dans le genre américain, se signalent. Comme leur prédécesseur, ils remportent un succès d’estime. Leur carrière n’aura pas de suite. Car, les pionniers ivoiriens du rap – soumis aux pressions parentales et aux incertitudes de ce métier – sont avant tout des étudiants, qui font du rap un passe-temps heureux. Il n’y a donc pas alors un groupe hip hop professionnel en Côte d’Ivoire. L’on doit attendre la naissance des R.A.S (boys band), aux environs de 1989, pour voir enfin un groupe de rap véritable. Anciens enfants de rue (ils dirigeaient des bandes de loubards) Power, Turbo et Scorpio (malheureusement décédé aujourd’hui) sont récupérés par François Konian le plus grand producteur artistique de Côte d’Ivoire, qui après une rupture douloureuse avec Les Woya, un grand groupe musical dont il est le géniteur et producteur, donne l’occasion à des jeunes de quitter la rue. Le résultat est d’autant plus satisfaisant, qu’il donne pour la première fois au rap ivoirien, un son, un phrasé argotique, une danse tirés de la rue. Ainsi naît le « Ziguehi Dance », un style musical et vestimentaire, une autre façon de vivre très influencée par John Pololo, (véritable force de la nature et garçon de rue très respecté) qui constituaient avec Serge Dailly (ex-blouson noir décédé), les représentants, philosophe et poète de la rue. Le style Ziguehi plaît, grâce aux R.A.S qui exercent un grand pouvoir de séduction et de charme sur leurs fans, en particulier sur la gent féminine bourgeoise et la jeunesse blanche. C’est une grande première. Des enfants sortis de la rue deviennent du jour au lendemain des vedettes respectées et adulées. Dès lors, la parution de chacun de leurs albums et leurs concerts constitueront des grands événements. Avec déjà plus de trois albums à leur registre, ils préparent activement la sortie du prochain. Après les R.A.S qui ont fait des émules, Roch Bi, un autre enfant de rue, « djosseur de nama » (ce sont ces jeunes qui réclament une pièce après un service rendu) met sur le marché un album qui va connaître auprès de tous, et même des chancelleries diplomatiques représentées en Côte d’Ivoire, un succès débordant. Il bénéficie d’une image de courage, de détermination et d’abnégation, soit celle d’un garçon défavorisé socialement, mais qui lutte de toutes ses forces pour aller de l’avant. Malheureusement très peu préparé et grisé par le succès, il est rattrapé par la rue, et tout son être entier se brise. Aujourd’hui installés à Paris et en édition chez BMG, les MAM ( Moussa, Abraham, Mamadou ), des jeunes d’environ une douzaine d’années ont égalé en succès les R.A.S, les menaçant parfois. Avec les autres déjà nommés, ils constituent les rappeurs de la 1re génération. Après cette vague, viendront ceux qui se proclament comme les vrais représentants du hip hop en Côte d’Ivoire. Deuxième génération Devenus très nombreux et cantonnés dans différents « posse » à travers tout le pays, une 2e génération émerge à l’image de leurs pairs des autres parties du monde. C’est qu’entre-temps, de jeunes férus de rap sont apparus sur la scène. Anciens rappeurs, qui ont choisi de se mettre au service des autres pour une avancée du mouvement, ils vont former et promouvoir des groupes, en effectuant un travail titanesque dans l’underground en vue de créer un développement véritable du rap. Ainsi, MC Claver, ex-rappeur et animateur, crée sur la deuxième chaîne de la radio nationale l’émission « Zone Rap », exclusivement consacrée aux rappeurs d’ici et d’ailleurs. Quant à Marc Lenoir, étudiant, il développe dans tout le pays, le MUR (le mouvement universitaire du rap ). Son credo : implanter des « posse » dans les lycées, les collèges et l’université. C’est pourquoi, à la différence de bien des rappeurs, ceux de Côte d’Ivoire sont pour la plupart instruits. Ce qui peut être paradoxal pour une philosophie de la rue. Parmi tous les groupes qui se forment, deux deviennent les plus représentatifs. Le Ministere Authentic (zone d’influence Adjamé, un quartier populaire) avec les différents groupes Afric image, dont un groupe de jeunes rappeuses. À sa tête, Al Mighty le dieu du swing (au style narcissique et égocentrique ) a trois albums à son actif. Dès la parution de son deuxième disque, Al Mighty – aussi reconnu pour ses prestations scéniques – était consacré véritable star. Il compte beaucoup d’adeptes, jeunes et vieux, tout sexe confondu. En face, la Flotte Impériale est cantonnée à Cocody et autres quartiers huppés de la ville d’Abidjan. Leur représentant, Stéphane Le Fantôme, rappeur, ingénieur de son, arrangeur et producteur, une sorte de Dr Dre local, qui par son implication dans la production va permettre un développement du mouvement. Rappelons que les rappeurs de la Flotte Impériale sont ceux qui totalisent le plus d’albums sur le marché. Chez les membres de la Flotte Impériale, la présence charismatique de Stezo, adversaire direct de Al Mighty avec qui il dispute âprement les faveurs de la scène hip hop ivoirienne, ne passe pas inaperçue. Inspiré par Akhenaton, le leader du groupe français IAM, il décroche la palme du meilleur rappeur pour ses textes. Au sein du même mouvement, nous avons DDF qui prépare son deuxième album, Rog Mel (premier album déjà paru) et les Positive Gangsta encore dans l’underground. Signalons aussi l’entrée triomphale d’un transfuge des Crazy B, Angelo, le plus ancien rappeur du coin, qui après une initiation aux rites traditionnels de sa communauté, lance le dogba, un mélange de rythme guerrier ebrie (la communauté ethnique dont il est issu, propriétaires des terres d’Abidjan) et de « jungle » à la manière techno. Juste retour des choses d’un jeune pour qui le rap constitue une préoccupation majeure. D’autres mouvements existent à savoir le CI1 (lire cé-i-un) situé aussi dans la commune d’Adjamé, allié du Ministere Authentic, et dont les Yang System désignés pour conduire le mouvement ont vendu plus de 50 000 exemplaires d’« Essousse » leur 1er album (une bonne performance en matière de rap en Côte d’Ivoire). Également issus de l’underground, il y a Don Serge, Prisca, 15-49 et Entrepriz. Mais le raggamuffer qui monte actuellement, et qui a des chances de réussir une carrière internationale s’appelle Kajeem, ancien du mouvement universitaire du rap (MUR) et issu du N’gowa Posse qu’il dirige. C’est un rasta, à l’air flegmatique, mais doté d’une grande force intérieure. Honnête, ferme, son 2e album, meilleure vente actuelle chez son distributeur, l’a positionné définitivement sur la scène musicale ivoirienne. Des rappeurs venus de la France (le Secteur A) et même d’autres venus des États-Unis ( LL Cool J, Patra, ) se sont déjà produits en Côte d’Ivoire. À petits pas, le mouvement hip hop cherche sa vitesse de croisière. Or, c’est un mouvement qui aurait pu reléguer au second plan tous les autres genres musicaux, s’il était un tant soit peu organisé. Il lui manque de vrais producteurs de rap, un label spécialisé rap susceptible d’assurer une meilleure distribution, des sound system ou des soirées véritables consacrées au rap. À la différence des rappeurs sénégalais comme Positive Black Soul, qui ont reçu le parrainage de Youssou N’Dour, ceux de la Côte d’Ivoire manquent d’un coup de pouce notable qui pourrait les faire rayonner sur la scène internationale. Morane B. Ahipeaud
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Le Rap : la revanche des marginaux
A sa naissance, le rap a exclusivement servi à la minorité noire américaine d’exprimer son ressentiment face à une société dont les institutions se disaient démocratiques alors que dans la réalité, elles ne faisaient qu’amplifier les rivalités et l’écart entre les noirs et les blancs. Le rap apparut alors comme un refuge pour tous ces jeunes au bas de l’échelle sociale qui tentaient de survivre dans un environnement gangrené par des préjugés raciaux, sous l’emprise de la pauvreté, la violence et la drogue.
Au Sénégal, le rap a plutôt eu des airs d’exutoire pour des jeunes, le plus souvent, des rejets du système scolaire. Leur colère et leur ressentiment ont été attisé par l’oisiveté dont ils étaient victimes et par l’impunité accordé à une couche de la population. Le rap a dès le début servi à dénoncer toutes les tares d’une société sénégalaise en pleine mutation, une société plus prompte à imiter naïvement les dernières tendances européennes ou Américaines que de s’inspirer de sa richesse culturelle dans laquelle les occidentaux eux-mêmes viennent puiser la spiritualité et la vérité qui avaient fini par disparaître de leur vie à cause d’une focalisation irréfléchie sur le matérialisme. D’où le leitmotiv commun à tous les titres rap (lyrics) "ku xamul fa nga jëm delul fa nga joge" (Si tu ne sais plus où tu vas, retournes d’où tu viens).
Les politiciens, qui sont de tout temps intouchables, deviennent despunching-balls pour ces jeunes, victimes d’un mal de vivre, inquiets de leur avenir mais aguerris par de multiples et fréquentes épreuves, et surtout déterminés à "éduquer" leurs aînés. Nul n’est à l’abri de leurs sermons, qu’il soit père de famille, chefs religieux ou coutumier, une véritable révolution sociale voit le jour. Leur langue "acérée" déverse chaque jour un peu plus des messages de plus en plus engagés jusqu’à tomber dans une violence verbale qui paradoxalement n’incite nullement à la violence physique. Le rap s’impose progressivement avec une impressionnante richesse artistique dans des styles variés mais tous originaux qui partent des airs soft, langoureux et mélodieux des "possees" comme Sunu flavour, jusqu’à celui volontairement provocateur de ceux qui se sont autoproclamés défenseurs du "hard core" (noyau dur) comme le Rapadio. Pour la première fois des jeunes osent s’attaquer à la configuration de la société qui cautionne certaines pratiques indécentes parceque fermant les yeux sur leur réalité pour des soi-disant raisons de "soutoura" (pudeur) ou de "kersa" (discrétion). Les rappeurs refusent d’optempérer. Point de complaisance pour aborder des problèmes d’une société qui nage dans ses propres contradictions, ses silences coupables, ses hésitations.
Rien ne peut arrêter ces jeunes, qui vont jusqu’à s’inspirer des textes coraniques pour mieux légitimer leurs diatribes et inviter à une spiritualité plus saine, plus authentique. Le régime politique qui était en place depuis l’indépendance qui ne trouvait plus de répondant au sein d’une jeunesse désœuvrée en a fait les frais ; ces rappeurs qui auraient pu lui servir d’indicateur s’il était un peu plus attentif à leur cri de cœur ont grandement contribué à sa chute. Ceux qui croyaient que le hip hop était juste une saute d’humeur, un phénomène passager ont vite fait de se faire une autre idée. Le rap n’a rien d’une mode, c’est un état d’esprit, une philosophie, une arme que les "sans voix" et les laissés-pour-compte se sont appropriés pour dénoncer l’injustice. Le rap participe à donner aux jeunes une identité, un sentiment d’appartenance à un escadron de "soldats du microphone" (selon l’expression du Daara J) éclairés, investis d’une mission sociale, civique, voire divine auprès des leurs. Ils veulent reconquérir les valeurs africaines menacées d’aliénation et de désintégration.
Ils s’habillent certes comme les jeunes noirs de New York ou Los Angeles (jungles, baskets, casquettes…), parlent comme on le fait dans les ghettos ("nigger", "f...", "motherf..."…) ils demeurent néanmoins entièrement préoccupés par leur quotidien.
Daouda NDAO © joko.sn |
Photo Reportage: The honorary revolutionaries
| View the Images The music of Senegal is celebrated in the West thanks to performers like Baba Maal. Less well known are the Senegalese rappers, born out abject poverty and deprivation, now a political and educational force in their country. Dieter Telemans photographed this cultural phenomenon. Text by Catherine Vuylsteke You may never have heard about them, but there are at least ten thousand of them, the rappers of Senegal. They call themselves 'revolutionaries': indeed, at the last presidential elections in March 2000, they caused a political upheaval. But if you think that these trendy dropouts hold Western opinions or cherish Europeans, you are in for a nasty surprise. A bastard of Dakar, that is how the district of Pikine is known. Two million people live there with little or no infrastructure to speak of. This illegitimate child was born in the sixties in the dunes beyond the capital of Senegal. In the sand, literally, and still no asphalt in the year 2001. It is in this unreal place that dreams are conceived. Among the mosques, in the overcrowded courtyards of polygamous families, and in the dusty alleys, thousands of youngsters try their luck at rap culture. The country has spawned more than three thousand hip-hop groups, and a good many of them consider Pikine as home base. Yeah yo, ces quartiers déshérités, oubliés, marginalisés, des gens qui meurent de faim ici. Yeah Yo, le rap est là, il est omniprésent dans notre environnement Yeah Yo, car on le prend, car c'est la tribune idéale qui nous permet de se communiquer diversement ce qui se passe dans ces quartiers oubliés, marginalisés. Yeah yo, these deprived, forgotten, marginalized quarters, people are dying here of hunger. Yeah yo, but rap is there, it's everywhere in our community, 'cause it's ours, 'cause it's the only way we have to tell each other what's going on in these forgotten, marginalized quarters. The competition is deadly, though, and most dreams turn into bitter illusions. Senegalese artists such as Baba Maal decided a few years back to do something about their talented but unknown countrymen and took some of the groups, for example Positive Black Soul, on their tours to France. Positive Black Soul is now the richest, best known, and most glamorous rap group in Senegal, the kind of group that needs bodyguards for protection against wild girls. Some other bands succeeded such as the Daara-J and Pee Froiss groups, but not many. 'We're not like the Americans, whose texts are just insults and abuse,' many rappers assure me. 'It's not a question of money, weapons, sports cars, or beautiful women either. Senegalese rap, it's the street speaking. We are journalists, reporters of everyday life.' Others consider themselves teachers or educators of the masses who did not receive any schooling. The question is: who were their own teachers? Yes, they can read and write, but they barely finished grade school. Few are interested in secondary school training. The school uniforms are expensive, not to mention the writing materials, school bags, and copybooks. Besides, what's the use of all the boring stuff they're trying to teach you there? La suite c'est la faillite, la fuite La crise économique Qui règne dans le pays Next comes bankruptcy, flight The economic crisis That pervades the country Forget the jobs. You need cash to get a job, or an uncle high up the administrative ladder. If you don't have either, what can you do? Hardly anything. You're on your own, man. Open a little business, but where can you find the necessary starting capital? In Europe, of course. We go to Europe, not to stay there - are you crazy? - but to collect enough money to realize old dreams when we get back home. Les gens ont marchandé leur dignité pour faire honneur à l'argent Celui qui l'a, se veut un roi Aujourd'hui l'argent vaut mieux que la dignité des gens Les hommes, tous, presque tous tous ont perdu la culture de l'honn'teté Dignité et honn'teté ne se donnent pas, elles se cultivent, maintenant elles sont perdues, perdues contre l'argent People have traded their dignity for money He who's got cash is king Today money is better than human dignity No respect for dignity anymore, anywhere You can't sell dignity and honesty, you preserve them, Now they're gone, sold for cash What's important is to depict reality. That's what rappers are for. A particular kind of reality, though: almost all groups rap about the 'galère' or ordeal. 'We own nothing apart from the clothes on our body.' 'We get no chances, no future.' Another one claims that Europeans have no way of knowing what it means to be born in an underdeveloped society. 'Poverty, lots of problems, and hardly any opportunities.' People ask each other 'How're you doing?' The answer: 'I'm OK, the Senegalese way.' God knows that this does not mean much. Pourquoi le déchirement de l'Afrique? Pourquoi est-elle tout sauf une et unie? Mais que se passe-t-il? Toutes ces guerres qui éclatent Le sang coule Et l'homme nègre pleure Ses larmes brûlent Il faut éteindre ce feu Why all the conflicts and division in Africa? Why is Africa not one and united? What's going on? All those wars Blood is flowing And the black man is crying Burning tears We must extinguish that fire Lamentation after lamentation. No jobs, low salaries, corrupt officials. What is the cause or origin of all this? The rappers' explanations are unanimous. First Europe emptied this continent of its capable young men and women. Then there promptly followed a brutal colonisation. Now there is neo-colonialism. All the big companies in this country are run by white people. And why is it that African dictators can maintain their regimes for so long without worrying? Because they're protected by Europe and the US: as long as they support the West's vital interests, they receive all the weapons necessary to combat the opposition and are not bothered with human rights. Black misery, white blame. White people have become godless. We can show you the beauty and the salvation of Islam. Because of your advanced technology, you think you can do without God. You even tried to destroy Islam in the previous century. And concerning that son-of-a-bitch writer, Salman Rushdie, he doesn't deserve to live. Even though we didn't read 'The Satanic Verses', we know that certain sins can only be paid off by death. We are in favour of human rights. Next month we'll even be on a national tour sponsored by a group of young lawyers for the promotion of human rights. But the case of that jerk has nothing to do with freedom of speech as you, white people, would like us to believe. Godless people cannot understand this. Mohammed, le prophète La paix et le Salut sont en toi Muhammad, the prophet Peace and Salvation are within you One of the young human rights lawyers observes, 'There's still a lot to do here in terms of human rights, but, you see, Islam is such a preponderant factor in this society. It makes any serious social debate about, let's say, family planning almost impossible.' The suggestion that a national average of six children per woman may be a hindrance to development is considered Western nonsense. A good example of this is provided by the members of the only all-female rap group in the country. Even though they call themselves the 'Women's Infantry Liberation Army', they don't dare sing about the curse of polygamy. More than 50 % of Senegalese women share their husband with other spouses. 'We hate it,' says Maryam 'but it's a religious matter, and thus delicate.' 'What we would do if we ourselves were forced to accept our husband's second wife?' Maryam hesitates. 'I'm afraid we would just do that.' A strange kind of liberation army. Ousmane is a group manager and knows the whole rap scene inside out. With every passing day, however, and with the accumulation of devoutness and white blame, he gets moodier and moodier. He certainly wonders about the international breakthrough that so many Senegalese rappers are hoping for. 'The rappers,' he insists 'are a courageous lot. If Wade won the presidential elections it is largely thanks to them. The rappers encouraged people to go out and vote en masse, and that is exactly what happened. Just as they generally urge teenagers not to give up, but to take control of their lives, so they also made them aware of their political power. And it doesn't stop there. Listen to the new songs.' A l'aube de l'an 2000 te réveille Prési, ouvre tes oreilles comme des abeilles on vient te déranger ton sommeil Depuis 1981 jusqu'à 1999 rien de neuf, tout est pareil Jeune, revoie la chose et ose les partis s'opposent mais y'a que toi qui prends ta dose qui revendiques le futur At the dawn of the year 2000 Wake up, Presi, open your ears We are like bees to disturb your sleep Since 1981 till 1999 no change, everything the same Young people, have a close look and be courageous The parties are fighting each other But only you can control your fate Only you are masters of the future The politicians quickly took the message. During the election campaign more rap groups were hired than ever before. Some politicians even had their speeches edited by hip-hop idols. 'A question of vulgarizing the message,' laughs Xuman of the very famous Pee Froiss group. 'Those people don't speak the language of the street.' A philosophy teacher explained That there is more to it than that. Rappers dare to say things that are unacceptable in traditional Senegalese culture. 'Listen, you are not supposed ever to tell persons of higher status - because of age or social position - what you think of them or point out their shortcomings, not even in private. The rappers have broken that taboo: because they do not crave for establishment recognition, they can afford not to mince their words, and that gives them power.' 'That power is sometimes misused,' Xuman laughs, suggesting that 75% of the rappers have no brains and are not willing to blame the Senegalese themselves for their problems. His friend Didier of Positive Black Soul, the country's most famous group, still remembers the fuss created by the number 'The executioner is black'. 'Radio presenters fulminated. In one newspaper we were pilloried. They asked if whites had brainwashed us.' 'Sometimes,' Xuman chuckles 'I wish they did. To help us get rid of some of our nastier streaks, such as the eternal sponging off richer family members - the cause of many bankruptcies. In Africa the extended family comes first. Refusal equals social suicide.' Xuman believes that Senegalese can learn a lot from Europeans. 'In our community all that glitters is gold: external appearance has become fundamental. We boast about our 'teranga', our hospitality, but it's really not much more than a show of wealth. Yes, we spend fortunes, not on education or health services, but for naming ceremonies for our children. We want our own festivities to be more magnificent and include more guests than those of our neighbours. I sometimes die with shame.' Teranga - his shame would become mine, just a week later. Not in Senegal, but here in Lille, France, where all the regional idols had been invited for a West African hip-hop weekend. The organisers believed it would be a good thing to include local small fry as a supporting act for Pee Froiss and others. The local celebrities' performances ranged from bad to mediocre. However, these local Jean-Pierres and Bernards together with their teenager friends didn't think it worthwhile to stay for the main event of the evening, namely, rappers who in their own country manage to attract thousands of wildly enthusiastic fans and who need bodyguards to exit the halls. By the time Xuman and his group appeared on the stage, a little after ten, there must have been about thirty spectators left, spread over a huge hall. A few minutes before, I had watched some girls leaving. 'Africans,' one of them said 'probably not very good. Let's have fun somewhere else.' | Photographer Dieter Telemans is represented by Panos Pictures in London. Visit the website of Panos Pictures at www.panos.co.uk or contact the agency by telephone at +44.20.7234.0010 Catherine Vuylsteke can be contacted at her newspaper 'De Morgen' (Belgium) via e-mail at catherine.vuylsteke @demorgen.be
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Süddeutsche Zeitung: „Africa Raps“ 14.11.2001
Die jungen Rapper waren einen weiten Weg gekommen, um ihre erste Kassette aufzunehmen. Doch dann musste erst ein kaputter Sampler im Studio repariert werden. In Dakar, der Hauptstadt Senegals, kann das Wochen dauern. Grund zum Aufgeben? Die künftigen HipHop-Stars verkaufen erst das Handy ihres Managers, dann ihre teuren Import-Sneakers: Lieber würden sie Sandalen tragen als ohne Kassette heimzukehren. Es sind diese Dringlichkeit, der unbedingte Wille zum Ausdruck, die den Münchner Musikjournalisten Jay Rutledge auf seinen Reisen nach Dakar sofort in den Bann schlugen. Und da moderne afrikanische Klänge jenseits von Ethno-Pop kaum ihren Weg nach Europa finden, suchte Rutledge dort, wo die westliche Selektion noch nicht stattgefunden hat: in den kleinen Kassettenläden der Metropolen. Die originellsten seiner Fundstücke hat er auf einer im Münchner Trikont-Verlag erscheinenden Anthologie festgehalten: „Africa Raps“. Zur CD-Präsentation heute Abend spielt Pee Froiss, eine der populärsten Rap-Crews aus dem Senegal, im Club 2 (Beginn 20 Uhr). „HipHop ist in unserer Heimat mehr als ein Stil“, erklärt Frontmann Xuman. Kein Wunder, 80 Prozent der Bevölkerung des Landes sind unter 30 Jahre alt, viele von ihnen sind mit Rap aufgewachsen. Allein in Dakar soll es 2000 HipHop-Bands geben. Anfangs wurden sie noch als billige Kopie unmoralischer amerikanischer Gangsta-Rapper angefeindet, inzwischen haben selbst islamische Tugendwächter vor der Popularität der in Wolof gerappten Botschaften kapituliert: Refrains wie „Boul Fale“ („Tu, was du selbst für richtig hältst“) sind als geflügelte Worte in die Umgangssprache eingeflossen. Wichtiger noch: Anders als ihren traditionellen Gegenstücken, den Griots, eilt den Rappern der Ruf der Unbestechlichkeit voraus: „Wir haben keine Lust mehr auf den korrupten Scheiß“, schimpft Xuman. „Wir haben uns über die Jahre das erarbeitet, was den Politikern fehlt: Integrität, und die ist nicht käuflich“. Während Pee Froiss im Senegal ganze Fußballstadien füllen, haben die Rapper hierzulande gegenüber ihren singenden Landsleuten Youssou N’dour und Baaba Maal einiges aufzuholen. Das liegt zum einen am Filz des westafrikanischen Kassettenmarktes: Mit einer einmaligen Abfindung sind dort sämtliche Rechte an den eigenen Songs verkauft. Zum anderen verstört der musikalische Eigensinn der senegalesischen Home Boys westliche Clubs und Plattenfirmen. So habe, erzählt Xuman, erst jüngst ein Veranstalter abgesagt, nachdem die Afrikaner für ihre Bühnenshow zwar Plattenspieler und DAT-Geräte anforderten, aber eben keine Trommel. Vielleicht hätten die Rapper besser ihren Bandnamen Pee Froiss übersetzen sollen. Kein Pidgin-Französisch für „kalte Füße“, sondern: „Beurteile niemanden nach seinem Äußeren“. Süddeutsche Zeitung - JONATHAN FISCHER 14.11.2001 |
Sueddeutsche Zeitung: Wir sind keine geklonten Affen 7./8.Aug.99
von Jay Rutledge In Dakar ist die bedeutendste Rap-Szene Afrikas entstanden, doch der Westen ignoriert die Musiker weitgehend Wenn es keine 45 Grad im Schatten hätte, könnte die Szene auch irgendwo in New York, Los Angeles oder San Francisco stattfinden. Denn die drei Jungs schlendern nicht anders als drei Schwarze in Amerika mit Baseballkappen, weiten T-Shirts und einem Basketball unter dem Arm die Straße hinunter. Vor einem Laden mit der Aufschrift Hyperson bleiben sie stehen, werfen sich cool ein paar Bälle zu und machen ein paar Tanzschritte zu der Musik, die aus dem kleinen Laden dröhnt. An den roten, grob verputzten Wänden hängen photokopierte Schwarz-weiß-Plakate, die zu Konzerten einladen. Aber dies ist nicht New York, sondern Dakar, die Hauptstadt des Senegal. Hier am Hyperson, dem Treffpunkt der örtlichen Rapper-Szene, trifft man sich. Der Laden gehört DJ Awadi, dem Chef der bekanntesten Rap-Gruppe des Senegal. Positive Black Soul (PBS) heißt die Band, die vor zehn Jahren, am 10. August 1989, gegründet wurde. Doch PBS ist nur eine von vielen, denn mit mehr als 2000 Bands ist Dakar die Hip-Hop-Metropole Afrikas. „Trotzdem sind alle immer ganz überrascht“, erklärt DJ Awadi genervt, „wenn ich ihnen sage, dass Rap hier ziemlich groß ist. “ Denn bis heute denkt die Erste Welt bei Senegal immer noch an afrikanische Djembe Trommeln und Weltmusik-Superstars wie Youssou N'Dour, Cheikh Lo oder Baaba Maal. „Aber wir wollen raus aus diesem kulturellen Ghetto“, sagt Awadi, „wir haben keine Lust mehr, immer die Exoten zu mimen. Wir sind auch Kinder dieser Welt. “ Hip-Hop ist Hip-Hop ist Hip-Hop – auch im Senegal.  „Wir wollen raus aus diesem kulturellen Ghetto; wir haben keine Lust mehr, immer die Exoten zu mimen, wir sind auch Kinder dieser Welt“: die beiden Mitglieder der Gruppe Positive Black Soul, die zu den bekanntesten Rappern Senegals zählen Die Heimkehr des Rap Zu Beginn ihrer Karriere Ende der Achtziger, als PBS noch ausschließlich in Englisch sangen und sich unter dem Namen The Syndicate mit ihren Rivalen, den King MCs, verbale Schlachten lieferten, belächelten ihre Landsleute die Musik. „Die verstanden einfach nicht“, meint Awadi, „dass wir den Rap dahin zurückbringen wollten, wo er herkommt: zu seinen Wurzeln nach Afrika. “ Erst als Positive Black Soul anfing, in einer der Landessprachen zu rappen, und die Leute die Texte verstanden, wurden sie in der eigenen Heimat angehört. Erst da wurde vielen klar, dass diese Musik inhaltlich nur wenig mit Amerika zu tun hat, sondern in erster Linie das aussprach, was die junge Generation Afrikas fühlt: Frust über Arbeitslosigkeit, tägliche Ausbeutung und die korrupte politische Situation. Anfang der neunziger Jahre hatte Positive Black Soul dann den ersten Hit der senegalesischen Rap-Szene: „Boul Fale“, was bedeutet: Kümmere dich nicht darum, was die Leute sagen, sondern tu’, was du selbst für richtig hältst. Binnen Tagen war der Spruch in aller Munde. Quasi über Nacht sind die Musiker von PBS damit im Senegal berühmt geworden. Heute sitzt DJ Awadi entspannt im kleinen Büro seines Ladens, umringt von den Boxentürmen seines Musikanlagenverleihs. Neben ihm steht ein neuer CD-Player mit Aufnahmefunktion. Ein Luxus, den sich hier die wenigsten leisten können. Während er mit zwei Telephonaten beschäftigt ist, erklärt er schnell zwei befreundeten Rappern aus Gambia, dass sie die Begleittracks für ihre Auftritte besser von CD einspielen sollten. Aber die Rapper zögern noch, der Service würde sie immerhin umgerechnet 40 Mark kosten. Vorne im Laden kopieren Freunde die wenigen neuen Hip-Hop- und Dance-Nummern auf Kassette. Ein lukratives Geschäft, solche Kassetten sind in Dakar noch immer Mangelware. Awadi – dazu reicht der kurze Blick in den Laden – hat es geschafft. Und doch gehört er nicht zu denen, die bei der ersten Gelegenheit nach Europa übersiedeln wollen. Natürlich seien Europa und die USA für afrikanische Künstler wichtig, meint er dann, weil man im Senegal kaum Geld mit Musik machen könne. Aber dort bleiben – nein. „Wenn wir das Land nicht aufbauen“, meint Awadi, „wer soll es dann machen? Wir können nicht davonlaufen. “ Nur wenige senegalesische Rapper hatten bisher überhaupt die Chance, in Europa auf Tour zu gehen. Die beiden größten Bands – PBS und Daara J – bekamen dabei Unterstützung vom senegalesischen Superstar Youssou N'Dour. Doch für die vielen Gruppen ohne internationale Kontakte ist das Leben erheblich schwerer. Selbst Künstler wie Pee Froiss oder Black Mboolo, die allein im Senegal an die 20 000 Kassetten verkaufen, haben oft nicht einmal eigene DJ Pulte. Nadeln für die Plattenspieler sind schwer zu bekommen und dementsprechend teuer. Wer da nicht Freunde in Frankreich oder Amerika hat, tut sich schwer. Wo soll das Geld auch herkommen? Die Fans haben schon Schwierigkeiten, die umgerechnet drei Mark aufzubringen, die der Besuch eines Konzertes im Durchschnitt kostet. Und das eigentliche Geschäft mit der Musik machen nicht die Musiker. Gunman Xuman, Rapper bei Pee Froiss, sagt es ziemlich deutlich: „Talla Diagne ist ein motherfucker. “ Diagne ist der größte Kassettenvertreiber des Senegal. Alle sind sie von ihm abhängig, alle werden sie von ihm ausgebeutet: „Es ist ganz einfach“, erklärt Xuman, „eigentlich muss Talla Diagne jedesmal, wenn er 5000 Kassetten druckt, zum Copyright-Büro gehen und sie deklarieren. Er geht aber nur für die ersten 5000 hin, den Rest gibt er nicht an. Die Kassetten, die er dann in den Nachbarländern Mali, Gambia oder in Frankreich verkauft, meldet er erst gar nicht an. Nach zwei Jahren behauptet dieser Talla Diagne dann, dass er insgesamt nur 10 000 verkauft hat. “ Ein Album macht der ausgebeutete Künstler unter solchen Umständen nur fürs Prestige. Geld kann man damit keines verdienen, egal, wie oft sich eine Kassette wirklich verkauft. Auch die Produktionsbedingungen sind eher erbärmlich. Pee Froiss zum Beispiel haben zwei Plattenspieler von einem Freund aus Frankreich geliehen bekommen. Andere können gar nicht üben, da die Solidarität bei den teuren Geräten meist aufhört. Teilen ist unüblich – denn wer zahlt, wenn mal eine Nadel kaputt geht? Und wo kriegt man eine neue her? Ähnlich ist die Situation bei den Toningenieuren. Sampler und Computer sind im Vergleich zu dem, was die Musiker verdienen, extrem teuer, ausgebildete Experten gibt es kaum. „Wir haben die Talente, aber uns fehlt das Wissen, mit den Maschinen umzugehen“, sagt auch DJ Awadi. „Außerdem ist es schwer, Projekte zu realisieren“, erzählt Gunman Xuman, „die einzigen, die hier von ihrer Musik leben können, sind Leute wie Youssou N'Dour oder Omar Pene, unser politischer Musiker. “ Die Senegalesen am Tisch grinsen. Jeder weiß hier, dass selbst Youssou N'Dour Raubkopien anfertigt und sich so das Geld für die eigenen Musiker spart. Der Regierung gefällt das nicht Besuch bei einer der jüngeren Bands der Szene: Bei den fünf Rappern von Da Brains sieht es gleich ganz anders aus. Hier gibt es keinen Fernseher, keine Möbel, keinen Plattenspieler – nur ein Telefon, ein Bett und einen kleinen Kassettenrekorder, den sie benützen, wenn sie zu ihren Instrumentalstücken ihre Texte üben. Noch haben Da Brains keinen internationalen Erfolg gehabt, aber im Senegal gelten sie mittlerweile hinter PBS, Daara J, Pee Froiss und Sunu Flavour als eine der Top-Bands des Landes. Da Brains gibt es schon seit gut drei Jahren, auf Tour waren sie mit allen großen Rap-Bands Senegals. Ihr Manager El Hadji M. Simakha hat ihr erstes Album aufgelegt. Aus dem kleinen Lautsprecher des zerbeulten Kassettenrekorders dröhnt das Stück „Solange“, ein Liebeslied. „Wir hatten mal eine Freundin, die hieß Solange“, erzählt Rapper Cool M.D. „Eines Tages ist sie einfach verschwunden. “ Nichts ungewöhnliches im Moloch Dakar, die Kriminalitätsrate hier zählt zu den höchsten Westafrikas. Die fünf Musiker sind alle so um die 20 Jahre alt und meinen es ernst mit dem Rap: „Wir sind eigentlich alle bis vor ein, zwei Jahren in die Schule gegangen“, erklärt Dioum B. , „aber das Bildungssystem ist absurd. Wenn die Prüfungen kommen und du eigentlich der Beste warst, kommt ein anderer und kauft sich den ersten Platz. Du siehst sogar noch, dass sie deinen Namen durchgestrichen und einen anderen drüber geschrieben haben. “ Irgendwann hatten sie einfach keine Lust mehr, schmissen die Schule hin und fingen mit dem Rap an. Sie verstehen sich als Botschafter und sprechen in ihren Songs über die Sachen „die dir tief im Herzen auf die Kette“ gehen. „Der Regierung gefällt das natürlich nicht, wenn wir über die Probleme im Land singen“, meint Rapper Bed Sheet, „nimm’ das Beispiel Drogen. Das ist ein Riesenproblem im Senegal, aber ohne die Hilfe der Regierung würde das Zeug nicht ins Land kommen. “ Videos, in denen die alltägliche Gewalt auf Dakars Straßen gezeigt wird, würden im Senegal sofort aus dem Fernsehen verbannt. Die Regierung will nicht mit ihren Fehlern konfrontiert werden. „Wenn du willst, dass dein Video viel gespielt wird“, stellt Cool M.D. trocken fest, „musst du ihnen in den Arsch kriechen – ganz einfach. Aber ohne uns. “ Xuman ist gerade bei Hyperson vorbeigekommen, um mit Awadi ein Konzert zu besprechen und in ein paar neue Platten reinzuhören. Auf das Thema Politik angesprochen holt auch Gunman Xuman erst mal tief Luft: „Gangsta Rap wie in Amerika gibt es bei uns nicht. “ Und dann erzählt er von einem seiner Songs, der von der Wahl 1993 im Senegal handelt. Damals wurde ein Rechtsanwalt, der die Wahlergebnisse auswertete, kurzerhand ermordet, weil er wusste, dass der Präsident Abou Diouf die Wahl verloren hatte. „Aufgeklärt“, sagt Gunman, „wurde das nie. Abou Diouf ist immer noch an der Macht. “ Ein Prozent der Senegalesen wohne in schönen Häusern, während 99 Prozent der Leute bettelarm seien, meint er dann noch. Zu diesem „System der Unterdrückung“, gehören für ihn nicht nur die Politiker, sondern „alle, die nicht die Revolution wollen“. Viele glauben nicht an Afrika Es ist also kein Zufall, dass PBS sich den politischen Rapper KRS One für eine Zusammenarbeit ausgesucht haben. KRS One ist einer der wenigen amerikanischen Rapper, der den senegalesischen Kollegen |
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