Concert de restitution : Dakar - Londres, en parfaits accords

près dix jours passés en atelier, les rappeurs se sont retrouvés, le 21 mars dernier, sur la scène du Just4U, pour une séance de restitution. Ils sont Sénégalais, Américains, Anglais, Angolais, etc. Et chantent dans une multitude de langues. Le style vestimentaire reste en fait le meilleur indicateur du pays d'origine. La soirée débute sur un rythme très éclectique, avec une chanson aux airs de world music.

Le jeu des musiciens est marqué par des alternances soudaines entre rythmes lents et rapides. L'orchestre est composé de deux guitaristes, d'un joueur de balafon, d'un percussionniste, d'un trompettiste C'est un mélange osé et diversifié d'instruments modernes et traditionnels qui distillent une musique ouverte, à la croisée de plusieurs espaces sonores. 'Ils sont formidables et savent manier leurs instruments', a laissé entendre un spectateur, visiblement séduit par la dextérité des instrumentistes. Pendant plus d'une heure, ce groupe hétéroclite et décontracté a tenu en haleine son public, qui a vibré au son de la musique africaine et du broken beat britannique : signe que la mayonnaise a bien pris. Issu du groupe Wa gabeleu, le jeune rappeur sénégalais 'Water flow' pose aisément ses lyrics sur ce tissu sonore habillement arrangé malgré le délai d'exécution très court.

Les échanges scéniques entre le vieux joueur de bongo, Mamadou Kouyaté et les rappeurs, comme Matador, Keyti, n'ont pas laissé le public indifférent. Loin de là. Leurs promenades musicales ont été très poussées, allant jusqu'à taquiner un genre singulier, dénommé le New Assiko. Les différentes prestations et dialogues entre musiciens de différentes sensibilités ont abouti au même constat. Les musiques urbaines (rap, broken beat) et traditionnelle peuvent parfaitement fusionner pour véhiculer un répertoire polyglotte où se côtoient paisiblement l'anglais, le wolof ou le français

Et l'appétit venant en mangeant, le succès de cette première expérience musicale ne manque pas de donner d'autres idées, de susciter de nouvelles envies, parfois imprévues au programme : Pourquoi ne pas faire un Cd international ?', ont proposé certains rappeurs, désireux de prolonger une aventure qui avait démarré quelques jours plus tôt.

Avant d'en arriver à ce concert de restitution, plus de 24 rappeurs et musiciens sénégalais et d'autres nationalités avaient participé, du 10 au 20 mars, à un atelier de fusion entre les sonorités africaines et un genre musical urbain dit broken beat.

L'atelier a été co-animé par le Dj anglais d'origine jamaïcaine, Ian Grant et le rappeur sénégalais Keyti. Les participants ont pu se familiariser au mixage de rythmes africains avec les nouvelles tendances urbaines (broken beat, Hip-hop, jungle, etc.) L'objectif final étant de créer des sonorités hybrides et originales. Une formation technique dans les domaines de la création, de la production vidéo devait compléter le volet musical.

Lancé par le British Council, ce projet a été baptisé 'Bring the noise' ( Mettre le son , en français). D'envergure internationale, il a pour philosophie d'unir des 'générations et des styles différents de musiques africaine et londonienne.

Avant le Sénégal, cette expérience a connu un succès dans des pays comme le Nigéria, l'Ethiopie, le Cameroun. 'L'Afrique déborde de jeunes talents qui ont besoin d'être bien outillés pour faire face à la réalité show-biz', a expliqué Katharina du British Council, qui souhaite pérenniser le concept.

© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

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