Kaolack: Mouvement gangstarap - Keur-Gui sort de son hibernation

Après la sortie de son premier album mort-né pour cause de censure, le groupe de rap Keur-Gui de Kaolack vient de mettre sur le marché son deuxième produit intitulé Këene Bougoul. Titre choisi pour conjurer le mauvais sort ayant frappé la première cassette. Lauréat de la semaine nationale de la jeunesse en 1999, deux ans après sa formation, le groupe Keur-Gui a connu un parcours semé d'embûches qui l'a même conduit en prison en 1998. Revenant sur les faits lors d'un point de presse, Kilifeu (Landin Bessane Seck) se remémore encore de cette fin de spectacle produit par le groupe à l'Alliance française de Kaolack, un soir de l'année 1998 où il a été embarqué dans un véhicule, soumis à des interrogatoires avant d'être tabassé en compagnie de Taw, un ex-membre du groupe. A l'en croire, ces sévices corporels n'étaient que de l'intimidation consécutive aux textes du groupe qui titraient à boulets rouges sur la gestion de la cité d'une autorité politique d'alors. Après cette mauvaise passe, cette nouvelle production du duo de Keur-Gui composé de Kilifeu et Thiat (Omar Cyril Touré) sonne comme une résurrection dans le milieu du gangstarap où la violence verbale consiste plutôt à mettre le doigt dans la plaie mais sans injures aucune, avouent-ils. Nés contestataires, Kilifeu et Thiat se réclament défenseurs de la populace et s'acharnent contre l'injustice, mais surtout contre l'opportunisme et la démagogie de certains hommes politiques. De Deuxième mi-temps, 6 say 9 à Pa'yii, parmi les neuf titres de l'album, Gros village et Da Police illustrent bien la diatribe, entre certaines couches de la société. Ainsi une tournée nationale du groupe Keur-Gui est prévue pour la promotion de la cassette produite par Sam Music de Kaolack.

© Wal Fadjri (www.walf.sn)

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