Thione Balago Seck: "notre Mbalax ne passe pas"
La collaboration est certes belle, mais c'est le nouveau style musical qui attire l'attention. Car il est évident que pour se frayer un chemin sur l'international, il faut s'adapter.
Lors du point de presse qu'il animait, en compagnie de Baba Maal et de Mactar Silla, Dg de la Rts à l'occasion de la sortie du son dernier produit, mbaalaxfunk, Thione Seck a été formel : «Le mbalax pur et dur n'est pas exportable.» Car il est "trop compliqué et fait trop de bruit". Selon lui, "Baaba Maal a fait la plupart de ses tournées internationales en acoustique. Il n'a pas le choix. Moi, j'ai fait 25 ans de musique. J'ai beaucoup contribué dans l'édifice culturel du pays. Mais on constate que le mbalax ne passe pas. Si Baaba Maal continue toujours de défendre la musique africaine au niveau international, c'est parce qu'il a su s'adapter".
D'ailleurs Baaba Maal ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme qu'en "matière de show-biz, il y a des lois qui ont été établies depuis très longtemps. Et le constat est qu'en Afrique, on n'a pas eu la chance d'avoir certaines structures pour nous imposer dans le business de la musique. ( ) Nous sommes obligés de nous adapter, mais on retrouve toujours la sauce africaine dans ce qui peut se danser dans les autres parties du monde. Rien n'a été décoloré". C'est donc à une tentative d'explication du nouveau style de Thione Seck que tente de faire Abdullah Djoniba Mouflet. Son projet avec Thione Seck comporte trois volets : le règlement du problème du rythme, l'apprentissage de l'anglais et l'adaptation de la voix.
Au cours de cette conférence de presse, Mactar Silla a magnifié les participations désintéressées de Thione Seck et de Baaba Maal dans les manifestations de la Rts. Pour lui, ce sont "des ambassadeurs itinérants et vocaux de notre pays et de notre continent. Ils viennent de donner là une leçon de collaboration, d'unité et de fraternité. Ils ont lancé une nouvelle musique, mais aussi une nouvelle écriture télévisuelle à travers leur clip qui est un tableau mouvant et dansant qui pourra être exploité par toutes les grandes chaînes du monde. Ils ont fait preuve de professionnalisme.
Baaba Maal dira sa gratitude envers Thione Seck qui est une référence pour les grands artistes. Cet album, selon lui, est un écho du combat qu'il a toujours mené. "Nous devons montrer au monde entier que nous avons une culture particulièrement belle et qui doit passer dans toutes les maisons de disques du monde". Mais il pense qu'un grand produit ne peut se faire sans une forte collaboration entre de grands professionnels. Mais aussi une bonne organisation comme celle réussie par Djoniba Mouflet. C'est ce genre de collaboration qui pourra faire avancer notre musique. Une collaboration qui, selon Thione Seck, s'est faite de la manière la plus spontanée possible. Et pour l'heure, les mélomanes apprécient.
Rester au sommet !
Avec son nouvel album mbalax funk, Thione Seck espère (enfin) pénétrer le marché international. Sa recette ? Métisser un mbalax considéré comme «trop bruyant» pour des oreilles non sénégalaises à des sonorités à la mode. Le hip hop commercial, le R'n'b s'accommodent en effet à toutes les sauces et notamment au rythme mbalax. En changeant de registre - ou plutôt en l'adaptant, Thione semble vouloir atteindre les dancefloors occidentaux : la présence de Disiz La peste, jeune rappeur français, et de Baba Maal qui connaît un véritable succès dans le monde anglo-saxon en témoignent. Même si l'album apporte du sang neuf à la carrière de Thione, quelle différence fera-t-il sur le marché international ? Le hip hop, le R'n'b apparaissent comme un tremplin pour bon nombre d'artistes, illustres ou parfaitement inconnus, et des dizaines de titres inondent les ondes occidentales chaque jour. Conseillé par son producteur, Thione Seck se lance dans la course et s'adapte, convaincu sans doute que cette reconversion l'introduira dans le cercle très fermé des sénégalais qui ont percé en Occident. Mais il faut parfois tendre l'oreille pour reconnaître du mbalax, et la cible visée, puisqu'il s'agit réellement d'une approche marketing, consomme ce type de tubes plus qu'elle ne les écoute Le cycle de vie des tubes commerciaux est relativement court : passages radio en boucle, vente de singles, diffusion sur les dancefloors et hop ! évincé du marché par une nouveauté ! Ainsi, le véritable challenge de Thione Seck n'est donc pas celui qu'on croit : plus que pénétrer le marché international, il lui faudra s'y maintenir dans la durée. Une autre paire de manches
Lors du point de presse qu'il animait, en compagnie de Baba Maal et de Mactar Silla, Dg de la Rts à l'occasion de la sortie du son dernier produit, mbaalaxfunk, Thione Seck a été formel : «Le mbalax pur et dur n'est pas exportable.» Car il est "trop compliqué et fait trop de bruit". Selon lui, "Baaba Maal a fait la plupart de ses tournées internationales en acoustique. Il n'a pas le choix. Moi, j'ai fait 25 ans de musique. J'ai beaucoup contribué dans l'édifice culturel du pays. Mais on constate que le mbalax ne passe pas. Si Baaba Maal continue toujours de défendre la musique africaine au niveau international, c'est parce qu'il a su s'adapter".
D'ailleurs Baaba Maal ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme qu'en "matière de show-biz, il y a des lois qui ont été établies depuis très longtemps. Et le constat est qu'en Afrique, on n'a pas eu la chance d'avoir certaines structures pour nous imposer dans le business de la musique. ( ) Nous sommes obligés de nous adapter, mais on retrouve toujours la sauce africaine dans ce qui peut se danser dans les autres parties du monde. Rien n'a été décoloré". C'est donc à une tentative d'explication du nouveau style de Thione Seck que tente de faire Abdullah Djoniba Mouflet. Son projet avec Thione Seck comporte trois volets : le règlement du problème du rythme, l'apprentissage de l'anglais et l'adaptation de la voix.
Au cours de cette conférence de presse, Mactar Silla a magnifié les participations désintéressées de Thione Seck et de Baaba Maal dans les manifestations de la Rts. Pour lui, ce sont "des ambassadeurs itinérants et vocaux de notre pays et de notre continent. Ils viennent de donner là une leçon de collaboration, d'unité et de fraternité. Ils ont lancé une nouvelle musique, mais aussi une nouvelle écriture télévisuelle à travers leur clip qui est un tableau mouvant et dansant qui pourra être exploité par toutes les grandes chaînes du monde. Ils ont fait preuve de professionnalisme.
Baaba Maal dira sa gratitude envers Thione Seck qui est une référence pour les grands artistes. Cet album, selon lui, est un écho du combat qu'il a toujours mené. "Nous devons montrer au monde entier que nous avons une culture particulièrement belle et qui doit passer dans toutes les maisons de disques du monde". Mais il pense qu'un grand produit ne peut se faire sans une forte collaboration entre de grands professionnels. Mais aussi une bonne organisation comme celle réussie par Djoniba Mouflet. C'est ce genre de collaboration qui pourra faire avancer notre musique. Une collaboration qui, selon Thione Seck, s'est faite de la manière la plus spontanée possible. Et pour l'heure, les mélomanes apprécient.
Rester au sommet !
Avec son nouvel album mbalax funk, Thione Seck espère (enfin) pénétrer le marché international. Sa recette ? Métisser un mbalax considéré comme «trop bruyant» pour des oreilles non sénégalaises à des sonorités à la mode. Le hip hop commercial, le R'n'b s'accommodent en effet à toutes les sauces et notamment au rythme mbalax. En changeant de registre - ou plutôt en l'adaptant, Thione semble vouloir atteindre les dancefloors occidentaux : la présence de Disiz La peste, jeune rappeur français, et de Baba Maal qui connaît un véritable succès dans le monde anglo-saxon en témoignent. Même si l'album apporte du sang neuf à la carrière de Thione, quelle différence fera-t-il sur le marché international ? Le hip hop, le R'n'b apparaissent comme un tremplin pour bon nombre d'artistes, illustres ou parfaitement inconnus, et des dizaines de titres inondent les ondes occidentales chaque jour. Conseillé par son producteur, Thione Seck se lance dans la course et s'adapte, convaincu sans doute que cette reconversion l'introduira dans le cercle très fermé des sénégalais qui ont percé en Occident. Mais il faut parfois tendre l'oreille pour reconnaître du mbalax, et la cible visée, puisqu'il s'agit réellement d'une approche marketing, consomme ce type de tubes plus qu'elle ne les écoute Le cycle de vie des tubes commerciaux est relativement court : passages radio en boucle, vente de singles, diffusion sur les dancefloors et hop ! évincé du marché par une nouveauté ! Ainsi, le véritable challenge de Thione Seck n'est donc pas celui qu'on croit : plus que pénétrer le marché international, il lui faudra s'y maintenir dans la durée. Une autre paire de manches
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