Hip Hop la banlieue à l'école du rapeur américain Dynamax

En tournée africaine, qui l'a déjà amené en Côte d'Ivoire, au Nigeria, en Zambie, en Angola et au Cap-Vert, le rapeur américain Joe Wayne Edmontson Robert 'Dynamax' séjourne depuis quelques jours au Sénégal. Venu partager sa connaissance du mouvement Hip hop avec les rapeurs de la banlieue de Dakar, hier lors d'un atelier, Dynamax soutient qu'il ne suffit plus de faire seulement de la musique aujourd'hui. Il faut surtout, maîtriser les lois du commerce pour y réussir.

Le Centre culturel Colin Powell de Pikine a reçu hier un invité en la personne du rapeur américain, Joe Wayne Edmontson Robert 'Dynamax'. Ce rapeur, venu échanger avec ses compères artistes de la banlieue de Dakar, est revenu sur l'histoire du mouvement Hip-hop pour retracer l'origine de cette musique. Avec un souci : démontrer l'universalité de ce genre de sonorités qui a fini de s'implanter dans les contrées du monde.

Mais aujourd'hui, déclare Dynamax face aux rapeurs sénégalais, 'l'industrie de la musique, c'est 10 % de créativité et 90 % de business'. Selon lui, les acteurs ne doivent plus simplement se limiter à la création. Ils doivent aussi, pense le rapeur américain, s'intéresser au business, à la gestion de leur musique, à la production, etc. Il faut, conseille-t-il, qu"ils étudient les lois du commerce, le droit de la propriété'. Car, le problème qui se pose souvent, est que les rapeurs n'étudient pas assez le commerce. Dynamax estime que pour vaincre dans tout ce que l'on fait et mieux comprendre les contrats proposés, l'artiste doit étudier le droit. Le rapeur américain encourage les créateurs locaux à aller à l'école et à l'Université pour s'armer de connaissances surtout dans le domaine des affaires. 'Je veux les inciter à persévérer à l'école, à étudier l'aspect business de la musique', déclare-t-il. Une idée que ne partage pas le rapeur sénégalais Malal Tall 'Fou malade'. De l'avis du lead vocal du possee Bataillon blindé, 'la valeur fondamentale du Hip hop risque de mourir, si le business doit l'emporter sur la créativité artistique'.

Fou malade ne semble pas être surpris par une telle déclaration. Car, selon lui, le Hip hop américain, pionnier du mouvement, semble traverser une mauvaise passe. 'Avec des messages conscients au début, note Fou Malade, les rapeurs américains ne parlent maintenant que de sexe, de n'importe quoi'. Car, poursuit-il, 'ils ne cherchent que ce qui peut vendre. C'est la mentalité américaine'. Une réalité que ne rejette pas Dynamax qui reconnaît que 'le Hip hop américain traverse une crise identitaire'.

En outre, le leader du Bataillon Blindé se réjouit de ces échanges qui poussent à élargir le champ des connaissances entre rapeurs américains et sénégalais. Le Hip hop, fait remarquer Fou malade, est une musique ouverte à toutes les sonorités et à tous les instruments. Il se dit tout aussi séduit par l'idée du rapeur Dynamax, de pousser les artistes à aller étudier pour mieux défendre leur musique et savoir ce qu'ils veulent véhiculer comme message.


© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

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