Nouveauté musicale : Mister Gass, le banquier reggaeman
Ibrahima Gassama est un banquier d'un genre particulier. Lorsqu'il quitte son lieu de travail, ce comptable à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) n'hésite pas à troquer son costume trois pièces contre un grand boubou (avec sa guitare en bandoulière), quitte parfois à sacrifier ses congés à son violon d'Ingres : la musique. Ce n'est pas là le seul paradoxe de l'homme.
Alors que le rap se fait incontournable, ce fervent admirateur de Bob Marley, dont il partage la passion pour le football, ne s'écarte pas du genre reggae, refusant de sacrifier à la mode ragga à laquelle ont succombé plusieurs tendances de la musique jamaïcaine et sénégalaise actuelle. Sous son nom d'artiste, "Mister Gass", il vient de signer son premier album intitulé "Mariama", en hommage à sa mère. Cette cassette est sur le marché depuis le 1er septembre.
Avec cet opus, Mister Gass foule aux pieds ce cliché généralement répandu selon lequel les banquiers ne s'intéresseraient qu'au fric. Au contraire, ses chansons se préoccupent de la survivance des valeurs morales. Le musicien se montre soucieux du bien-être social de ses concitoyens. Au total, 9 titres dont le côté engagé ne passe pas inaperçu. A titre d'exemple, les morceaux "No drug" (prise de position contre l'usage de la drogue), "Mbubo (une entorse à l'hypocrisie) et surtout "Thiossane" (culture) se veulent une réflexion, mieux, une rétrospection sur son appartenance culturelle. Lorsqu'on l'interroge sur le choix du thème de la culture ou "thiossane" comme titre d'une ouvre, Mister Gass ne tarit pas d'explications sur la crise d'identité à laquelle sont confrontés les jeunes (les Dakarois notamment) en milieu urbain. Fils de Mandingue, né à Dakar, élevé dans la langue et la culture wolof, ouvert aux apports de l'Occident par le biais de sa profession, des médias, etc., lui-même est le produit hétéroclite d'une somme de multiples influences. Le noyau de sa crise identitaire ressort lorsqu'il affirme ne plus savoir à quelle culture il appartiendrait. A l'image du poète Senghor, il revendique son appartenance à une civilisation universelle (faute d'être celle de l'universel). Ne lui faites surtout pas remarquer que ce sujet est devenu un thème. bateau. Il vous interromprait tout de suite pour vanter, avec fierté, les coutumes, insistant sur le respect des aînés, la sociabilité et la solidarité en Afrique.
Parallèlement à ses études au lycée, ce banquier fréquentait le Conservatoire de musique de Dakar. C'est grâce à l'influence de cousins plus âgés qu'il s'investit dans la musique depuis sa tendre enfance. A 14 ans, il compose ses premiers textes lyriques. Alors qu'il atteignait sa majorité, à 18 ans, le musicien s'offre une guitare. En 1995, les premiers fruits de ses observations personnelles seront rassemblés dans une maquette de six morceaux. Quatre ans plus tard, en 1999, une deuxième maquette, réalisée en Suisse pendant ses congés, contient six autres chansons.
Son produit " Mariama " remet d'actualité neuf de ces fruits de jeunesse au quartier Dieuppeul. Il lui a donc fallu de nombreuses années en studio, par intermittence évidemment, pour aboutir au résultat final auquel ont participé des musiciens établis tels que Lamine Faye (chef d'orchestre du Lemzo Diamono), un des meilleurs solistes de la place, Pape Dembel (bassiste au Super Diamono), Doudou Konaré (soliste au Super Diamono), Laye Diagne, bassiste et joueur de clavier indépendant et les choristes-chanteuses Max et Adja. L'album met aussi en avant (featuring disent les anglophones) des rappeurs sénégalais de renom comme Didier Awadi du Positive Black Soul et Xuman de Pee Froiss.
© Le Soleil (www.lesoleil.sn)
Alors que le rap se fait incontournable, ce fervent admirateur de Bob Marley, dont il partage la passion pour le football, ne s'écarte pas du genre reggae, refusant de sacrifier à la mode ragga à laquelle ont succombé plusieurs tendances de la musique jamaïcaine et sénégalaise actuelle. Sous son nom d'artiste, "Mister Gass", il vient de signer son premier album intitulé "Mariama", en hommage à sa mère. Cette cassette est sur le marché depuis le 1er septembre.
Avec cet opus, Mister Gass foule aux pieds ce cliché généralement répandu selon lequel les banquiers ne s'intéresseraient qu'au fric. Au contraire, ses chansons se préoccupent de la survivance des valeurs morales. Le musicien se montre soucieux du bien-être social de ses concitoyens. Au total, 9 titres dont le côté engagé ne passe pas inaperçu. A titre d'exemple, les morceaux "No drug" (prise de position contre l'usage de la drogue), "Mbubo (une entorse à l'hypocrisie) et surtout "Thiossane" (culture) se veulent une réflexion, mieux, une rétrospection sur son appartenance culturelle. Lorsqu'on l'interroge sur le choix du thème de la culture ou "thiossane" comme titre d'une ouvre, Mister Gass ne tarit pas d'explications sur la crise d'identité à laquelle sont confrontés les jeunes (les Dakarois notamment) en milieu urbain. Fils de Mandingue, né à Dakar, élevé dans la langue et la culture wolof, ouvert aux apports de l'Occident par le biais de sa profession, des médias, etc., lui-même est le produit hétéroclite d'une somme de multiples influences. Le noyau de sa crise identitaire ressort lorsqu'il affirme ne plus savoir à quelle culture il appartiendrait. A l'image du poète Senghor, il revendique son appartenance à une civilisation universelle (faute d'être celle de l'universel). Ne lui faites surtout pas remarquer que ce sujet est devenu un thème. bateau. Il vous interromprait tout de suite pour vanter, avec fierté, les coutumes, insistant sur le respect des aînés, la sociabilité et la solidarité en Afrique.
Parallèlement à ses études au lycée, ce banquier fréquentait le Conservatoire de musique de Dakar. C'est grâce à l'influence de cousins plus âgés qu'il s'investit dans la musique depuis sa tendre enfance. A 14 ans, il compose ses premiers textes lyriques. Alors qu'il atteignait sa majorité, à 18 ans, le musicien s'offre une guitare. En 1995, les premiers fruits de ses observations personnelles seront rassemblés dans une maquette de six morceaux. Quatre ans plus tard, en 1999, une deuxième maquette, réalisée en Suisse pendant ses congés, contient six autres chansons.
Son produit " Mariama " remet d'actualité neuf de ces fruits de jeunesse au quartier Dieuppeul. Il lui a donc fallu de nombreuses années en studio, par intermittence évidemment, pour aboutir au résultat final auquel ont participé des musiciens établis tels que Lamine Faye (chef d'orchestre du Lemzo Diamono), un des meilleurs solistes de la place, Pape Dembel (bassiste au Super Diamono), Doudou Konaré (soliste au Super Diamono), Laye Diagne, bassiste et joueur de clavier indépendant et les choristes-chanteuses Max et Adja. L'album met aussi en avant (featuring disent les anglophones) des rappeurs sénégalais de renom comme Didier Awadi du Positive Black Soul et Xuman de Pee Froiss.
© Le Soleil (www.lesoleil.sn)
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