Les autorités font la sourde oreille face à la piraterie
Entretien avec Abdou Guité SECK, auteur-compositeur. Si le phénomène de la piraterie ne trouve pas de solution adéquate, c'est parce que les autorités ne mesurent pas à sa juste valeur le poids de l'industrie musicale. La remarque est du lead vocal du groupe Evolution. Abdou Guité Seck revient, d'abord dans l'entretien qui suit, sur le sens du concept Eté chaud, initié en 2003 pour communier avec les fans, le temps des vacances.
Le concept Eté Chaud est maintenant inscrit dans le calendrier de Abdou Guité Seck. Et nous en sommes à la quatrième édition. Nous avons su développer le concept, qui est placé cette année sous le thème de la lutte contre l'émigration clandestine. Il est important pour les jeunes de mettre à profit les vacances pour discuter entre eux. La tournée offre l'opportunité de communier avec nos fans, qui ont du mal, pendant l'année scolaire, à assister à nos spectacles. On sait que le premier Eté chaud a été lancé sous le signe d'un partenariat avec les municipalités. Avez-vous, trois ans après, maintenu le même principe pour le montage des tournées du groupe ?
Malheureusement non. Parce que les municipalités ne répondent pas toujours à l'appel. C'est peut-être qu'elles ont encore besoin de comprendre l'objectif de ce concept, Eté chaud, qui entre dans leur domaine de compétence. C'est vraiment dommage. Mais demain fera jour et elles comprendront mieux. Cette année, je tiens à remercier les autorités saint-louisiennes qui n'ont ménagé aucun effort pour que cette édition se tienne, avec notamment l'une des dates phares tenues à Saint-Louis, le 14 août dernier. Je souligne encore une fois que cette tournée est d'envergure nationale, avec des objectifs internationaux. Nous avons donc besoin de l'appui de toutes les autorités du pays.
Peut-on savoir le nombre de dates qui ont été retenues pour cette tournée ?
Les dates sont définies au fur et à mesure que se développe la tournée. Parce que celle-ci est étalée sur toutes les vacances. Nous n'avons établi un programme définitif. Mais il existe quand bien même des dates clés, qui ne changeront pas. Ce sont des dates qui priment. Mais en cours de route, nous prenons toutes les dates qui s'offrent à nous. N'oublions pas que nous sommes en plein hivernage et la pluie s'invite parfois dans nos spectacles. Mais retenez que du 14 juillet au 09 septembre 2006, nous sommes dans ce concept tournée nationale Eté chaud.
Et vous n'avez pas de partenaires au niveau des régions...
Nous avons à Dakar le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), l'Agence nationale pour la promotion du tourisme (Anpt). Nous avons ces partenaires qui nous accompagnent également dans les régions.
En dehors des taxes municipales, quelles sont les autres difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?
Monter une tournée ce n'est pas évident. Ce n'est pas du tout facile. Aujourd'hui, nous nous efforçons de développer ce concept. Nous avançons à petits pas mais sûrement. Et nous avons espoir de vivre de meilleurs lendemains.
Le thème de la lutte contre la piraterie semble tenir à coeur Abdou Guité Seck. Avez-vous un projet particulier pour ce combat ?
A mon avis, il très facile de contrecarrer ce fléau, qui est en train de détériorer l'industrie musicale. Mais nous ne pouvons pas développer nos initiatives sans l'aide de nos autorités, qui font la sourde oreille actuellement. Sincèrement, je ne vois pas sur quel point, ces autorités nous accompagnent pour combattre ce fléau. Peut-être qu'elles ne mesurent pas à sa juste valeur le poids de l'industrie musicale. Les jeunes que cela draine. Les messages que la musique véhicule. Et les émotions qu'elle suscite.
Aujourd'hui, tout le monde souffre de ce fléau. Je ne parle même pas des chanteurs, mais des musiciens qui ne peuvent même plus vivre de leurs droits d'auteur ni de leurs droits mécaniques. C'est vraiment dommage. Les autorités sont en train de créer des conditions qui favorisent le chômage au Sénégal. Quand des jeunes décident de s'investir dans l'industrie musicale et que cette dernière ne rapporte pas, ils sont tentés de s'entasser dans des embarcations de fortune pour aller à l'aventure. Il va de soi que l'être humain a besoin du minimum pour vivre. J'en appelle encore à nos autorités pour nous aider. Parce qu'il est grand temps.
On retrouve aujourd'hui dans votre répertoire une chanson dédiée au Fesman... Vous avez raison. Nous avons composé une chanson qui s'appelle Güm Fesman (croire au Fesman). Le Fesman est un concept qui réunit le monde de la diaspora pour permettre à l'Afrique de mettre en relief ses valeurs culturelles. Il est de mon devoir de jouer ma partition pour encourager cette initiative de Léopold Sédar Senghor, lancée en 1966. Et que le président Wade veut perpétuer en 2008.
C'est à la demande de la Coordination générale du Fesman ou cela relève d'une initiative privée ?
Non, même pas. C'est à titre privé que j'ai composé cette chanson. Parce qu'à mon avis, c'est ainsi que nous pouvons construire le Sénégal. A travers des initiatives qui peuvent ouvrir d'autres portes à l'Afrique et développer certains créneaux. Nous ne devons même pas attendre qu'on nous interpelle sur certains événements. Et c'est aussi valable pour le problème de la piraterie qui concerne artistes et autorités. Ces dernières ne devraient pas se faire prier pour éradiquer le phénomène. Ensemble, nous avons besoin de nous donner la main pour un Sénégal meilleur.
Aujourd'hui, comment peut-on présenter la formation du groupe Evolution ? Est-ce que par exemple, vous évoluez avec des musiciens qui travaillent uniquement pour le groupe ?
Evolution est aujourd'hui formé de musiciens qui sont fidèles au groupe. J'ai essayé depuis la sortie de l'album Evolution de monter mon groupe. Il faut reconnaître qu'il y a des départs mais aussi des arrivées. Cela est tout à fait normal. Aujourd'hui, j'évolue avec des professionnels tels que Youssou Camara, un musicien qu'on ne présente plus sur la scène sénégalaise, et qui est de surcroît un frère saint-louisien. Il y a entre autres musiciens, Modou Sarr avec qui j'ai vécu l'expérience de l'orchestre régional de Saint-Louis.
Nous avons commencé à jouer ensemble, à l'âge de neuf ans. Nous nous sommes perdus de vue quand je suis allé en Europe avec le groupe Wock... Il y a aussi Amdy Sow, qui nous vient du Prytanée Militaire Charles N'Tchoréré. C'est vous dire qu'il y a des gens qui sont là depuis le début. Le groupe se stabilise de plus en plus. Et cela se reflète dans sa musicalité avec la complicité des différents musiciens.
© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)
Le concept Eté Chaud est maintenant inscrit dans le calendrier de Abdou Guité Seck. Et nous en sommes à la quatrième édition. Nous avons su développer le concept, qui est placé cette année sous le thème de la lutte contre l'émigration clandestine. Il est important pour les jeunes de mettre à profit les vacances pour discuter entre eux. La tournée offre l'opportunité de communier avec nos fans, qui ont du mal, pendant l'année scolaire, à assister à nos spectacles. On sait que le premier Eté chaud a été lancé sous le signe d'un partenariat avec les municipalités. Avez-vous, trois ans après, maintenu le même principe pour le montage des tournées du groupe ?
Malheureusement non. Parce que les municipalités ne répondent pas toujours à l'appel. C'est peut-être qu'elles ont encore besoin de comprendre l'objectif de ce concept, Eté chaud, qui entre dans leur domaine de compétence. C'est vraiment dommage. Mais demain fera jour et elles comprendront mieux. Cette année, je tiens à remercier les autorités saint-louisiennes qui n'ont ménagé aucun effort pour que cette édition se tienne, avec notamment l'une des dates phares tenues à Saint-Louis, le 14 août dernier. Je souligne encore une fois que cette tournée est d'envergure nationale, avec des objectifs internationaux. Nous avons donc besoin de l'appui de toutes les autorités du pays.
Peut-on savoir le nombre de dates qui ont été retenues pour cette tournée ?
Les dates sont définies au fur et à mesure que se développe la tournée. Parce que celle-ci est étalée sur toutes les vacances. Nous n'avons établi un programme définitif. Mais il existe quand bien même des dates clés, qui ne changeront pas. Ce sont des dates qui priment. Mais en cours de route, nous prenons toutes les dates qui s'offrent à nous. N'oublions pas que nous sommes en plein hivernage et la pluie s'invite parfois dans nos spectacles. Mais retenez que du 14 juillet au 09 septembre 2006, nous sommes dans ce concept tournée nationale Eté chaud.
Et vous n'avez pas de partenaires au niveau des régions...
Nous avons à Dakar le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), l'Agence nationale pour la promotion du tourisme (Anpt). Nous avons ces partenaires qui nous accompagnent également dans les régions.
En dehors des taxes municipales, quelles sont les autres difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?
Monter une tournée ce n'est pas évident. Ce n'est pas du tout facile. Aujourd'hui, nous nous efforçons de développer ce concept. Nous avançons à petits pas mais sûrement. Et nous avons espoir de vivre de meilleurs lendemains.
Le thème de la lutte contre la piraterie semble tenir à coeur Abdou Guité Seck. Avez-vous un projet particulier pour ce combat ?
A mon avis, il très facile de contrecarrer ce fléau, qui est en train de détériorer l'industrie musicale. Mais nous ne pouvons pas développer nos initiatives sans l'aide de nos autorités, qui font la sourde oreille actuellement. Sincèrement, je ne vois pas sur quel point, ces autorités nous accompagnent pour combattre ce fléau. Peut-être qu'elles ne mesurent pas à sa juste valeur le poids de l'industrie musicale. Les jeunes que cela draine. Les messages que la musique véhicule. Et les émotions qu'elle suscite.
Aujourd'hui, tout le monde souffre de ce fléau. Je ne parle même pas des chanteurs, mais des musiciens qui ne peuvent même plus vivre de leurs droits d'auteur ni de leurs droits mécaniques. C'est vraiment dommage. Les autorités sont en train de créer des conditions qui favorisent le chômage au Sénégal. Quand des jeunes décident de s'investir dans l'industrie musicale et que cette dernière ne rapporte pas, ils sont tentés de s'entasser dans des embarcations de fortune pour aller à l'aventure. Il va de soi que l'être humain a besoin du minimum pour vivre. J'en appelle encore à nos autorités pour nous aider. Parce qu'il est grand temps.
On retrouve aujourd'hui dans votre répertoire une chanson dédiée au Fesman... Vous avez raison. Nous avons composé une chanson qui s'appelle Güm Fesman (croire au Fesman). Le Fesman est un concept qui réunit le monde de la diaspora pour permettre à l'Afrique de mettre en relief ses valeurs culturelles. Il est de mon devoir de jouer ma partition pour encourager cette initiative de Léopold Sédar Senghor, lancée en 1966. Et que le président Wade veut perpétuer en 2008.
C'est à la demande de la Coordination générale du Fesman ou cela relève d'une initiative privée ?
Non, même pas. C'est à titre privé que j'ai composé cette chanson. Parce qu'à mon avis, c'est ainsi que nous pouvons construire le Sénégal. A travers des initiatives qui peuvent ouvrir d'autres portes à l'Afrique et développer certains créneaux. Nous ne devons même pas attendre qu'on nous interpelle sur certains événements. Et c'est aussi valable pour le problème de la piraterie qui concerne artistes et autorités. Ces dernières ne devraient pas se faire prier pour éradiquer le phénomène. Ensemble, nous avons besoin de nous donner la main pour un Sénégal meilleur.
Aujourd'hui, comment peut-on présenter la formation du groupe Evolution ? Est-ce que par exemple, vous évoluez avec des musiciens qui travaillent uniquement pour le groupe ?
Evolution est aujourd'hui formé de musiciens qui sont fidèles au groupe. J'ai essayé depuis la sortie de l'album Evolution de monter mon groupe. Il faut reconnaître qu'il y a des départs mais aussi des arrivées. Cela est tout à fait normal. Aujourd'hui, j'évolue avec des professionnels tels que Youssou Camara, un musicien qu'on ne présente plus sur la scène sénégalaise, et qui est de surcroît un frère saint-louisien. Il y a entre autres musiciens, Modou Sarr avec qui j'ai vécu l'expérience de l'orchestre régional de Saint-Louis.
Nous avons commencé à jouer ensemble, à l'âge de neuf ans. Nous nous sommes perdus de vue quand je suis allé en Europe avec le groupe Wock... Il y a aussi Amdy Sow, qui nous vient du Prytanée Militaire Charles N'Tchoréré. C'est vous dire qu'il y a des gens qui sont là depuis le début. Le groupe se stabilise de plus en plus. Et cela se reflète dans sa musicalité avec la complicité des différents musiciens.
© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)
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