Doug E Tee : « Nous devons prendre en compte nos réalités »
Doug E Tee fait partie des pionniers du mouvement rap au Sénégal. Après un brillant passage au Positive Black Soul ( PBS), le rappeur fonde « PBS-Radical » pour évoluer en solo. Il était, vendredi dernier, à Kër Castel, l'invité de l'émission mensuelle de la Sono Mondial de Michaël Sumah.
Il a parlé des problèmes qui gangrènent l'industrie de la discographie, avant de brosser les causes de l'impopularité du rap chez certains sénégalais.
« J'avais fait un recul pour me réorienter musicalement et me consacrer à ma famille ». Cette phrase de Doug E Tee, prononcée lors de l'émission de la Sono Mondial de Michel Sumah, n'est pas un propos de circonstance. L'un des pionniers du mouvement hip-hop sénégalais propose un style radical de rap. Dans ses textes, il cherche à accrocher en plus des jeunes, également les adultes. C'est pour cela, ses compositions sont dépouillées de paroles vulgaires ou qui heurtent la morale. Selon Doug E Tee, les rappeurs sénégalais doivent comprendre qu'ils ne sont pas aux Etats-Unis. Ces derniers gagneront plus, s'ils prennent en compte nos coutumes, nos réalités sénégalaises et africaines. Il tient les rappeurs pour responsables de l'impopularité du rap auprès de certaines couches de la population au Sénégal. « Je ne suis pas juge. Mais il y a beaucoup de vulgarité dans le rap sénégalais. Cela a contribué à donner une mauvaise image de notre rap qui est assimilé à la violence, à la drogue. Je pense que nous devons tenir compte de nos réalités. On peut dire son point de vue sans être violent », défend Doug E Tee. Sans renoncer à l'engagement, l'artiste préfère faire l'écho des problèmes des populations, plutôt que de tirer à boulet rouge sur le pouvoir en place. Le rappeur évoque maintenant dans ses compositions la nécessité de scolariser les enfants, il parle aussi de l'amour d'un fils envers sa mère. La philosophie du Positive Black Soul
Il y a une grande différence, aussi bien sur la forme que sur le fond, entre les nouveaux et anciens textes du rappeur. L'artiste, qui incarne toujours la philosophie du Positive Black Soul, garde toujours une touche africaine. En plus des instruments modernes, le « Djembé » et autres instruments traditionnels apportent la touche africaine. La constance chez l'artiste, c'est l'interprétation de ses compositions dans trois langues que sont le Wolof, le Français et l'Anglais. Il affiche de grandes ambitions. Après la mise sur pied de son groupe ( PBS-Radical), il a élaboré un projet musical intitulé « Nubian Intertainment » qui s'occupe de la gestion de son studio, des appareils de tournage de clips, entre autres. La « Nubian Force » se charge de la sécurité de Doug E Tee lors de ses concerts. Aujourd'hui, la musique lui a procuré un peu de fortune et une notoriété. Mais le rappeur continue à se plaindre. Car il pense que les artistes peuvent v ivre pleinement de l'art, s'il y a une lutte énergique contre les auteurs de la piraterie. « Nous essayons de survivre de notre art. Nous tirons nos ressources à partir des concerts et autres prestations. Pour que nous puissions vivre de notre art, il faut que les Sénégalais achètent des cassettes et Cd originaux », lance Doug E Tee. Son compagnon d'infortune Big D embouche la même trompette.
Pour ce rappeur, l'industrie musicale est surtout menacée par le téléchargement sur internet. Les deux rappeurs se plaignent de la distribution des cassettes au sénégal. Ils ont tenu à préciser la différence entre « L'exposition et la distribution des cassettes ». Ils soutiennent que les distributeurs doivent aller vers les clients au lieu d'exposer des cassettes dans des cantines. C'est une raison qui explique la propension à l'autoproduction dans le monde du « Show business ». « Il ne suffit pas simplement d'avoir de l'argent pour être un producteur. La production c'est au début et à la fin la fabrication du produit. La production doit être suivie d'une bonne promotion et d'une bonne distribution. Ce n'est pas cela que nous voyons au Sénégal. C'est autant de raisons qui poussent les musiciens à faire de l'autoproduction », explique le rappeur Doug E Tee . Il prépare la sortie de son prochain album de dix titres intitulé « f eet ».
© Le Soleil (http://www.lesoleil.sn)
Il a parlé des problèmes qui gangrènent l'industrie de la discographie, avant de brosser les causes de l'impopularité du rap chez certains sénégalais.
« J'avais fait un recul pour me réorienter musicalement et me consacrer à ma famille ». Cette phrase de Doug E Tee, prononcée lors de l'émission de la Sono Mondial de Michel Sumah, n'est pas un propos de circonstance. L'un des pionniers du mouvement hip-hop sénégalais propose un style radical de rap. Dans ses textes, il cherche à accrocher en plus des jeunes, également les adultes. C'est pour cela, ses compositions sont dépouillées de paroles vulgaires ou qui heurtent la morale. Selon Doug E Tee, les rappeurs sénégalais doivent comprendre qu'ils ne sont pas aux Etats-Unis. Ces derniers gagneront plus, s'ils prennent en compte nos coutumes, nos réalités sénégalaises et africaines. Il tient les rappeurs pour responsables de l'impopularité du rap auprès de certaines couches de la population au Sénégal. « Je ne suis pas juge. Mais il y a beaucoup de vulgarité dans le rap sénégalais. Cela a contribué à donner une mauvaise image de notre rap qui est assimilé à la violence, à la drogue. Je pense que nous devons tenir compte de nos réalités. On peut dire son point de vue sans être violent », défend Doug E Tee. Sans renoncer à l'engagement, l'artiste préfère faire l'écho des problèmes des populations, plutôt que de tirer à boulet rouge sur le pouvoir en place. Le rappeur évoque maintenant dans ses compositions la nécessité de scolariser les enfants, il parle aussi de l'amour d'un fils envers sa mère. La philosophie du Positive Black Soul
Il y a une grande différence, aussi bien sur la forme que sur le fond, entre les nouveaux et anciens textes du rappeur. L'artiste, qui incarne toujours la philosophie du Positive Black Soul, garde toujours une touche africaine. En plus des instruments modernes, le « Djembé » et autres instruments traditionnels apportent la touche africaine. La constance chez l'artiste, c'est l'interprétation de ses compositions dans trois langues que sont le Wolof, le Français et l'Anglais. Il affiche de grandes ambitions. Après la mise sur pied de son groupe ( PBS-Radical), il a élaboré un projet musical intitulé « Nubian Intertainment » qui s'occupe de la gestion de son studio, des appareils de tournage de clips, entre autres. La « Nubian Force » se charge de la sécurité de Doug E Tee lors de ses concerts. Aujourd'hui, la musique lui a procuré un peu de fortune et une notoriété. Mais le rappeur continue à se plaindre. Car il pense que les artistes peuvent v ivre pleinement de l'art, s'il y a une lutte énergique contre les auteurs de la piraterie. « Nous essayons de survivre de notre art. Nous tirons nos ressources à partir des concerts et autres prestations. Pour que nous puissions vivre de notre art, il faut que les Sénégalais achètent des cassettes et Cd originaux », lance Doug E Tee. Son compagnon d'infortune Big D embouche la même trompette.
Pour ce rappeur, l'industrie musicale est surtout menacée par le téléchargement sur internet. Les deux rappeurs se plaignent de la distribution des cassettes au sénégal. Ils ont tenu à préciser la différence entre « L'exposition et la distribution des cassettes ». Ils soutiennent que les distributeurs doivent aller vers les clients au lieu d'exposer des cassettes dans des cantines. C'est une raison qui explique la propension à l'autoproduction dans le monde du « Show business ». « Il ne suffit pas simplement d'avoir de l'argent pour être un producteur. La production c'est au début et à la fin la fabrication du produit. La production doit être suivie d'une bonne promotion et d'une bonne distribution. Ce n'est pas cela que nous voyons au Sénégal. C'est autant de raisons qui poussent les musiciens à faire de l'autoproduction », explique le rappeur Doug E Tee . Il prépare la sortie de son prochain album de dix titres intitulé « f eet ».
© Le Soleil (http://www.lesoleil.sn)
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