Exposition : Sandy Haessner ausculte le Rap sénégalais

En marge du festival des hip hop Awards une exposition se tient au niveau de la place de l’indépendance de Dakar. Parmi les différents articles proposés, il est pratiquement impossible de ne pas s’arrêter devant le stand de la photographe allemande Sandy Haessner. Avec un regard plus ou moins différent elle livre une vision autre du rap sénégalais et de ses principaux acteurs sur une série de dix photographies.


Elle est motivée par le souci de mieux faire découvrir le Rap sénégalais et surtout de livrer une autre image de ce phénomène de société. Cette exposition dénommée Wordvision met sur la sellette dix rappeurs et groupes sous différents aspects. Le but recherché et avoué est de souligner la diversité musicale et philosophique véhiculée par les nombreux acteurs. Elle prend le pari de les montrer sous leur véritable jour c'est-à-dire comme des personnes simples. Pour ce faire, elle a choisi la combinaison du vocable Word qui signifie mot en anglais et du terme vision. Ces deux expressions résument les outils essentiels du hip hop : la parole et la vue pour expliciter autrement que le mouvement représente pour ses membres l’expression assumée de leur vision du monde. Les titres donnés aux œuvres expriment pour l’essentiel le sentiment de l’artiste mais aussi à un désir de se mettre au niveau des acteurs mis sur la scène. Le respect constitue un des remparts du hip hop et la photo de Fatim que la symbiose un des combats majeurs dans un milieu dominé par les hommes. Les Codes renvoient pour la plupart au langage particulier des rappeurs qui s’expriment le plus souvent à l’aide de métaphores et de compositions inédites. L’Education renvoie au père fondateur du mouvement Africa Bambata qui l’a défini comme le cinquième élément de la culture hip hop. Les autres clichés comme Yaatu,Unité, Liberté, Energie, Divertissement, Vérité et Pionnier recèlent tous de messages porteurs. Ces photos permettent d’effectuer un large tour d’horizon du mouvement hip hop national. Tous ses principaux acteurs y sont représentés. Du PBS au BMG 44 en passant par Daaraa J et Dakar All Stars et les autres, ils sont tous dépeints sous un angle nouveau.

Sandy Haessner a vu le jour en 1977 en Allemagne, elle a étudié les arts graphiques à ecosign-académie de Cologne depuis l’entame des années 2000, elle séjourne régulièrement au Sénégal pour travailler et acquérir plus d’expérience . « J’ai connu le Sénégal en 1998 au moment de la sortie de l’album du groupe PEE FROISS « Affair bou graw » par l’intermédiaire du groupe de percussions Mama Africa. Par la suite j’ai initié des recherches dans le milieu du Rap. J’ai livré ma première exposition à Düsseldorf en 2004. Je veux toujours montrer que le Rap a dépassé le cadre de l’amusement pour s’ériger en un vaste mouvement qui véhicule un certain nombre de valeurs. Je veux aussi montrer une autre image de L’Afrique. Ce continent regorge de talents et n’est pas forcément synonymes de guerres et deb calamités. J’envisage de prouver que les rappeurs méritent du respect et de la considération au vu de l’immense travail qu’ils abattent « a conclu l’artiste, visiblement sous le charme du mouvement hip hop national.
M.F.LO

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