5e édition du festival « HIP HOP AWARDS » : Le triomphe de Duggy Tee, Baponga et autres

Le spectacle offert, vendredi, à l'Institut Français Léopold S. Senghor par des groupes de rappeurs venus d'Afrique et d'Europe est détonnant. Les jeunes garçons et filles qui commençaient à se morfondre étaient brusquement réveillés par l'entrée en scène de Didier B-Gay. Il manipule la platine avec une dextérité déconcertante qui suscite le regard. Il a donné le ton. Et la partie devient électrique durant tout le reste de la soirée. Un rappeur sénégalais vivant en France, du nom de « Soundiata », entonne le titre « Retour de Soundiata ». Jeunes garçons et filles se déchaînent. Le jeune Sénégalais parle de la galère dans laquelle se trouvent certains des immigrés en France et, surtout, de leurs illusions. « Je prêche la bonne parole, la vérité tout en essayant de ne pas choquer les gens », souligne « Soundiata » dont le vrai nom est Ousmane Diatta.

Après, c'est le tour de Hady Mbaye de monter sur la scène suivi de la formation béninoise « Banalaï-K » jeta l'huile sur le feu. Le groupe milite pour un rap plus engagé. « Banalaï-K », avec ses quatre rappeurs et trois danseuses, a produit un spectacle qui n' a rien à envier aux clips américains que l'on voit à la télé. Et, comme on pouvait s'y attendre, leur retraite de la scène, après cette belle prestation, est ponctuée d'applaudissements d'une foule hystérique. L'annonce de l'arrivée de « Baponga » du Gabon met la foule dans tous ses états. Le rappeur est étonné de sa cote de popularité au Sénégal. Et il ne l'a pas manqué de souligner. Son premier morceau arrache des applaudissements. Le public est debout. Ces jeunes lèvent leurs bras, bougent avec une énergie débordante dans les gradins. Mais « Baponba » n'est pas seulement un chanteur, c'est aussi un danseur. Ses sauts et les gestes et contorsions de son corps montrent qu'il ne s'est pas borné à écrire uniquement des textes. Il a interprété quatre titres qui ont gagné l'adhésion de ce beau monde. La rappeuse française Strauss entonnera quelques chansons pour maintenir les jeunes filles et garçons dans cette ambiance électrique. Elle prêtera le flambeau à la formation Burkinabé « Yellen » qui a revisité son répertoire. La plupart de ces chansons sont connues par ces férus de rap qui n'ont pas hésité à soutenir le groupe, en interprétant à leur tour les notes que les rappeurs effeuillées. Jusqu'à minuit, le public de l'Institut Senghor était plongé dans une ambiance électrique. Les garçons et les filles se trémoussaient encore aux rythmes de la musique du rappeur français « La Fouine ».

Le lendemain, samedi au CICES, les rappeurs ont encore remis ça. A l'issue de leur concert, plusieurs prix ont été décernés aux groupes. Le trio du Daara J a reçu la distinction de la Meilleure Performance scénique, celui du Meilleur Programmeur est revenu à Diggy. Le prix de l'Intégration africaine est attribué au rappeur gabonais Baponga. Duggy Tee remporte la distinction du Meilleur Album en solo. « Dofou art Bi » est le meilleur taggueur. « Wagëblë » a obtenu la distinction de la Meilleure cassette en groupe pour l'année 2005.

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