Abdourahmane Wane "Country Man" nous a quittés : un artiste polyvalent, un homme au grand coeur

La mort a encore frappé chez les artistes. Abdourakhmane Wane alias « Country man » n'est plus. Le jeune homme de 34 ans a été victime d'un accident de la route.

Il a été ingénieur du son, un des meilleures de sa génération, titillait la guitare basse et savait caresser le clavier avec soin et délicatesse. Perfectionniste et toujours volontaire dans de nouvelles expériences, Abdourakhmane Wane se laisse également aller accidentellement dans le chant pour combler des pistes vides. Nous saluons ici, la grande générosité de cet homme ouvert, serviable et d'une grande culture. Nos chemins se sont croisés pour la première fois en 1998 à Amsterdam, au Pays-Bas. Il étudiait à l'époque les nouvelles techniques du son et nourrissait la forte envie de participer à la montée des technologies au Sénégal.
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Pendant plusieurs heures, nous avons discuté sur la musique africaine, sa diversité dans le genre et dans le rythme, entre autres. En Abdourakhmane Wane, nous avions senti un jeune patriote soucieux de contribuer à un meilleur épanouissement pour les arts, de la jeunesse sénégalaise courageuse. Nos échanges ont abouti à un article sur ses projets artistiques, paru dans ces mêmes colonnes vers la fin de l'année 1998. De retour au Sénégal au début des années 2000, il s'est tout de suite mis à l'oeuvre pour concrétiser ses songes. Abdourakhmane Wane à multiplié les collaborations, notamment avec Baaba Maal, Kader Diarra, Sun Sooley, Dread Maxim, Didier Awadi, Gun Man, Xuman et tant d'autres. Dynamique et plein d'énergie, « Bébé », comme on aimait l'appeler affectueusement, avait réussi un premier exploit avec la compilation « Akiboulane ». Une production musicale du nom de la formation qu'il a lui-même créée il y a un peu plus de 3 ans. Baptisé du nom originel du continent africain, « Akiboulane » est une oeuvre totalement dédiée à la Terre mère. Plusieurs artistes, instrumentistes, chanteurs de reggae, de rap et autres y ont apporté leur contribution spontanée, s'exprimant ainsi pour une Afrique unie et prospère. Le groupe était devenu un orchestre mobile dont « Bébé » était le manager et fédérateur. « Akiboulane » à également permit à « Country man » de donner un souffle nouveau au reggae « made in Sénégal ». Une belle initiative dotée d'une vision très large, de la musique africaine en général.

Très attaché à sa famille, ses frères, ses soeurs ainsi que ses parents, Abdourakhmane Wane était particulièrement complice avec sa mère. Une maman pieuse dont le bonheur de ses enfants est sa seule préoccupation quotidienne. Plusieurs fois, « Country man » s'est interdit des plaisirs de la vie pour rester au service de sa mère pour qui il aimait servir de chauffeur lors de ses courses. Bien qu'étant très artiste dans l'âme, « Bébé » était tout de même resté un bon musulman, pratiquant et, au-delà, un digne « Halpulaar », fier de ses racines et de sa tradition.

Sa disparition représente une grosse perte pour les adeptes du reggae, désormais handicapés d'un grand talent. Nos pensées vont également à sa petite-nièce, bébé Aïcha, pour qui la compagnie de son oncle adoré était la meilleure des protections. Abdourakhmane Wane la couvait d'amour et d'affection naturelle, depuis sa naissance. En ces moments douloureux, nous présentons nos sincères condoléances au général Wane, à toute sa famille, ainsi qu'aux artistes, proches et amis du défunt. Son souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires et nous prions Allah Tout Puissant de l'accueillir dans son Paradis céleste. Amen !


© Le Soleil (http://www.lesoleil.sn)

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