Douzième anniversaire du Positive Black Soul: Le rap, l’art de la révolte

Dans leurs bouches, la révolte. Des mots crus comme la réalité qui les a engendrés. Pour la douzième fois, le Positive Black Soul a fêté son anniversaire. Vendredi dernier, ce groupe a renoué avec son public. Le rap du Positive Black Soul, c’est le talent spontané des anti-stars qui émergent d’un coin de rue de Dakar, de la Sicap Liberté en particulier. Les voix d’Awadi et de Doug-E-Tee sont simples mais fortes, sans amplificateur ni falsificateur. C'est cela qui a fait frémir les fans car ces voix parlent de la détresse, de la souffrance intérieure de toute une génération, d'une jeunesse "sans présent ni futur". Le rap de Doug-E-Tee et d'Awadi, c’est aussi un cri de cœur lancé pour se faire entendre et, peut-être, pour se faire comprendre. Le 12ème anniversaire a drainé une foule de jeunes des groupes de rap du ghetto comme “ Gouney M ”, “ Pueblo ”, le “ Pee Froiss ” ou encore “ Da Brains ”, qui ont assuré la première partie. Sur scène, ils se sont défoncé, gardant au passage un état d’esprit pur. La salle du CICES était remplie de jeunes au look rappelant l’accoutrement des rappeurs. Des jeunes qui se sont donnés corps et âme lors de la prestation des groupes invités. Une manière pour eux, de préparer l’accueil des maîtres de cérémonie aux environs de 20 heures.

Le Pee Froiss, qui a bouclé la première partie du concert, n’a pas débordé sur le podium pour laisser place à Awadi et Doug-E-Tee. Le public les réclamait haut et fort au point de se mettre debout. L’arrivée des rappeurs du PBS a provoqué le délire. Habillés comme des “ gardes rouge ”, Awadi et Doug-E-Tee ont fait leur entrée en interprétant “ Wakh lo xam ”. Leurs textes viennent “ du fond des tripes ”. Ils parlent d’identité, de solidarité entre “ frères ” qui fait des rappeurs une grande famille, de fierté et de dignité du sport comme hygiène de vie. Ils ont aussi évoqué la révolte face à une réalité vraiment trop injuste, trop inégale qui fait des “ exclus ”.

Ces jeunes de “ CAPSI ” (inversion de SICAP dans leur jargon) défendent le rap d’origine, le pur et dur, né dans la rue et qui évolue avec elle. Cet anniversaire est pour le PBS une manière de lancer ce message d’espoir aux jeunes venus nombreux les écouter : "La rue t’apprend des choses, la rue te prend des choses". Le public du CICES, debout durant toute la prestation pour écouter attentivement ces légendes du rap sénégalais, a certainement bien perçu les paroles d'Awadi et de Doug–E-Tee. Cela a été illustré par des cris de joie, des pas de danse et même des chœurs de “ jokko ” dans leur morceau “ Kou bagne beug na ”.

DJAMILATOU C. DIAO © Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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