Musique - Man du yow : la richesse des différences version hip hop

La différence est un «facteur de richesse». Et au sein du groupe de rap Man du yow de Thiaroye-Ganaw Rail, en banlieue dakaroise, on est imbu de la philosophie selon laquelle la valeur d'une tribu, d'une société, d'un peuple, d'une nation ne se jauge que dans ses spécificités. Le choix de Man du yow (je suis différent de toi) comme nom est ainsi «une manière de dire non aux préjugés, aux jugements hâtifs», affirment-ils.

Face à la vie, faite de hauts et de bas, la bande à Ngagne Marie Sebor estime encore que «toute conscience suscite une nouvelle conscience, mais la meilleure des consciences est la conscience de soi». Pour sa première cassette, sortie au mois de juillet 2004, Man du yow s'est lancé dans un diagnostic sans complaisance des phénomènes sociaux. Les rappeurs de Thiaroye-Ganaw Rail y abordent, entre autres thèmes, la polygamie, les histoires d'amour face aux «exigences» de la société moderne, la mondialisation, etc. Dans les messages véhiculés, «il faudrait faire en sorte que chacun puisse trouver son compte», soutient Mamadou Diadhiou «Kooljah». «On parle beaucoup d'échanges culturels. Mais il faut savoir ce qui est bon à prendre et ce qui ne l'est pas», note pour sa part Ngagne Marie Sebor, qui ajoute : «regardez les clips que les Occidentaux nous servent ; ils sont très osés. Ce n'est pas notre culture». C'est dans le même esprit que Lamine Sall «Ramsés» prône «un rap pur», inspiré de la culture pure du hip hop comme le clash.

A travers le titre La Relève, Ramsés et ses compères font bien couler le flow pour redorer le blason du rap.

© Wal Fadjri (www.walf.sn)

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