Piraterie musicale : les hologrammes n'ont pas neutralisé les pirates
«Nos produits sont piratés à ciel ouvert. C'est l'hémorragie». Pour les producteurs de musique du Sénégal, l'heure de la mobilisation a sonné.
Aujourd'hui, le constat est là : il y a un vide juridique dans les textes régissant le Bureau sénégalais des droits d'auteur (Bsda) qui semble en avoir «les mains liées». Pire, la politique des hologrammes, annoncée en grande pompe et appliquée depuis décembre 2001, est aujourd'hui décriée par la coalition des producteurs, dont certains membres estiment qu'«on a tout simplement mis la charrue avant les boeufs». Aujourd'hui, le seul mot pendu aux lèvres des producteurs est : «la transparence dans la gestion du secteur».
«La piraterie est une violation des droits humains». La Coalition interprofessionnelle des producteurs et éditeurs phonographiques du Sénégal (Cipeps) n'a pas peur du poids des mots pour crier son désarroi face à la spoliation dont elle dit être victime. Jusque-là, ce furent les musiciens qui se plaignirent du fléau, mais voilà que les producteurs s'estiment eux aussi lésés et constituent une coalition pour faire face. La structure regroupe Xippi (plus orientée dans la duplication de cassettes) de Youssou Ndour, Africa Fête de Mamadou Konté, Keur Serigne Fallou productions (Ksf) de Talla Diagne, Lahoud Spiker de Robert Lahoud. Aujourd'hui la situation est telle que l'Association des métiers de la musique (Ams), en partenariat avec les producteurs, pense urgent de revoir tout le secteur de la production musicale. Cela va de la réforme du Bsda à l'amélioration du cadre juridique dans son ensemble. «L'objectif est d'arriver à mettre en place des conditions de développement d'une industrie musicale prospère», explique le vice-président de l'Ams, Daniel Gomez. Ce fut aussi le projet de la Banque mondiale destiné à favoriser l'émergence d'un marché musical performant. Ce qui avait permis au Sénégal de bénéficier d'une subvention de quelque 15 milliards de francs Cfa. Seulement, «aujourd'hui le secteur de la musique va mal et même très mal», fait remarquer la vice-présidente du Cipeps, Mme Ngoné Ndour Kouyaté. Aussi, ajoute-t-elle, «il est temps qu'on se lève pour pouvoir mobiliser toutes les énergies et amener l'Etat à accélérer le processus de mise en place d'un environnement juridique adéquat». Ainsi, le Cipeps entend faire le tour des organes de presse et impliquer à son combat la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho). «Aujourd'hui, note Mme Kouyaté, l'industrie musicale est menacée. Les cassettes ne se vendent plus. Et malgré l'apposition des hologrammes, la piraterie prend de l'ampleur». «Les choses empirent parce que la piraterie a pris une dimension telle que les producteurs ne s'en sortent plus», renchérit Robert Lahoud. «Nos produits sont piratés à ciel ouvert, pillés même, je dois dire. C'est injuste, accuse M. Lahoud. Et l'Etat ne fait rien pour nous aider. C'est l'hémorragie». Mais au-delà de la simple campagne de sensibilisation, les producteurs, considérés comme les principaux opérateurs économiques du secteur de la musique, estiment que le temps est venu de s'asseoir autour de la table de négociations entre différents acteurs avec notamment le ministère de tutelle parce que, explique Mme Ngoné Ndour Kouyaté, «nos charges augmentent alors que les recettes ne suivent pas. Et pourtant le constat est unanime : la musique est le moteur de l'économie culturelle». Malheureusement, regrette le patron de Lahoud Spiker, «nous demeurons les parents pauvres de la culture alors que si nous étions protégés, la musique pourrait rapporter beaucoup de devises. Mais il faut le reconnaître : la profession vit ses moments les plus difficiles».
Si on sait que les gens pensent d'abord aux artistes pour mener des campagnes de sensibilisation sur différents faits sociaux, il est regrettable de voir qu'on se soucie peu des retombées de leur métier. Pour les producteurs, les gens ont certes le droit de faire des copies d'oeuvres musicales, par exemple. Mais ils n'ont pas le droit de les commercialiser.
Ce qui désole encore le Cipeps, est que les pirates ne sont plus inquiétés parce que «personne n'ose plus entrer à Sandaga, qui demeure le poumon de ce trafic». Ce qui amène la coalition à affirmer que «le Bsda a les mains liées». «C'est en fait, souligne la directrice de Xippi, une société d'Etat qui ne fait qu'encaisser mais ne nous protège pas. Alors que nous, nous voulons un Bsda moderne à l'image de toutes ces sociétés de protection des droits d'auteur au niveau mondial».
La nouvelle campagne de lutte contre la piraterie sera menée de concert avec les membres de l'Union nationale des commerçants opérateurs et industriels du Sénégal (Unacois).
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
Aujourd'hui, le constat est là : il y a un vide juridique dans les textes régissant le Bureau sénégalais des droits d'auteur (Bsda) qui semble en avoir «les mains liées». Pire, la politique des hologrammes, annoncée en grande pompe et appliquée depuis décembre 2001, est aujourd'hui décriée par la coalition des producteurs, dont certains membres estiment qu'«on a tout simplement mis la charrue avant les boeufs». Aujourd'hui, le seul mot pendu aux lèvres des producteurs est : «la transparence dans la gestion du secteur».
«La piraterie est une violation des droits humains». La Coalition interprofessionnelle des producteurs et éditeurs phonographiques du Sénégal (Cipeps) n'a pas peur du poids des mots pour crier son désarroi face à la spoliation dont elle dit être victime. Jusque-là, ce furent les musiciens qui se plaignirent du fléau, mais voilà que les producteurs s'estiment eux aussi lésés et constituent une coalition pour faire face. La structure regroupe Xippi (plus orientée dans la duplication de cassettes) de Youssou Ndour, Africa Fête de Mamadou Konté, Keur Serigne Fallou productions (Ksf) de Talla Diagne, Lahoud Spiker de Robert Lahoud. Aujourd'hui la situation est telle que l'Association des métiers de la musique (Ams), en partenariat avec les producteurs, pense urgent de revoir tout le secteur de la production musicale. Cela va de la réforme du Bsda à l'amélioration du cadre juridique dans son ensemble. «L'objectif est d'arriver à mettre en place des conditions de développement d'une industrie musicale prospère», explique le vice-président de l'Ams, Daniel Gomez. Ce fut aussi le projet de la Banque mondiale destiné à favoriser l'émergence d'un marché musical performant. Ce qui avait permis au Sénégal de bénéficier d'une subvention de quelque 15 milliards de francs Cfa. Seulement, «aujourd'hui le secteur de la musique va mal et même très mal», fait remarquer la vice-présidente du Cipeps, Mme Ngoné Ndour Kouyaté. Aussi, ajoute-t-elle, «il est temps qu'on se lève pour pouvoir mobiliser toutes les énergies et amener l'Etat à accélérer le processus de mise en place d'un environnement juridique adéquat». Ainsi, le Cipeps entend faire le tour des organes de presse et impliquer à son combat la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho). «Aujourd'hui, note Mme Kouyaté, l'industrie musicale est menacée. Les cassettes ne se vendent plus. Et malgré l'apposition des hologrammes, la piraterie prend de l'ampleur». «Les choses empirent parce que la piraterie a pris une dimension telle que les producteurs ne s'en sortent plus», renchérit Robert Lahoud. «Nos produits sont piratés à ciel ouvert, pillés même, je dois dire. C'est injuste, accuse M. Lahoud. Et l'Etat ne fait rien pour nous aider. C'est l'hémorragie». Mais au-delà de la simple campagne de sensibilisation, les producteurs, considérés comme les principaux opérateurs économiques du secteur de la musique, estiment que le temps est venu de s'asseoir autour de la table de négociations entre différents acteurs avec notamment le ministère de tutelle parce que, explique Mme Ngoné Ndour Kouyaté, «nos charges augmentent alors que les recettes ne suivent pas. Et pourtant le constat est unanime : la musique est le moteur de l'économie culturelle». Malheureusement, regrette le patron de Lahoud Spiker, «nous demeurons les parents pauvres de la culture alors que si nous étions protégés, la musique pourrait rapporter beaucoup de devises. Mais il faut le reconnaître : la profession vit ses moments les plus difficiles».
Si on sait que les gens pensent d'abord aux artistes pour mener des campagnes de sensibilisation sur différents faits sociaux, il est regrettable de voir qu'on se soucie peu des retombées de leur métier. Pour les producteurs, les gens ont certes le droit de faire des copies d'oeuvres musicales, par exemple. Mais ils n'ont pas le droit de les commercialiser.
Ce qui désole encore le Cipeps, est que les pirates ne sont plus inquiétés parce que «personne n'ose plus entrer à Sandaga, qui demeure le poumon de ce trafic». Ce qui amène la coalition à affirmer que «le Bsda a les mains liées». «C'est en fait, souligne la directrice de Xippi, une société d'Etat qui ne fait qu'encaisser mais ne nous protège pas. Alors que nous, nous voulons un Bsda moderne à l'image de toutes ces sociétés de protection des droits d'auteur au niveau mondial».
La nouvelle campagne de lutte contre la piraterie sera menée de concert avec les membres de l'Union nationale des commerçants opérateurs et industriels du Sénégal (Unacois).
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
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