Prélude à " Senerap international " : " Native Deen " assure le contraste

A la folie des rimes mash up, parfois slackness de Saïan et des autres, le Native Deen des Etats-Unis a débarqué avec celles qui sont inspirées par Allah.

Saïan Supa Crew, le possee venu de France, a été la tête d'affiche de la rencontre rap et hip hop du vendredi et samedi, organisés sous l'égide du studio Sankara, d'Africa Fête et du Centre culturel français de Dakar. Saïan, la bande à Samuel et Vicelow les Guadeloupéens, Féniksi Féfé, le Nigérian, Leeroy Késiah le Marocain, et Sly, le Congolais, a servi au public du Ccf un rap mâtiné à une sauce qui va cueillir ses ingrédients dans l'arbre pluri-culturel. Le rap distillé par le crew reflète cette diversité. Il est ouvert et nuancé. Le public qui a vibré au son des notes des gamins de Saïan s'est donc parfaitement reconnu dans ce style fantaisiste sans être négativement excentrique. Dakar, est la première capitale de l'Afrique noire que le Saïan Super Crew investit. Au contact du rap made in Jolof, c'est l'horizon qui s'étend. "L'Afrique, c'est un terrain inexploré. C'est nouveau. On aime bien aller voir ailleurs parce que ça permet de voir quelque chose de différent" ont, en substance, déclaré les gars de Super Crew.

A la folie des rimes mash up, parfois slackness de Saïan et des autres, le Native Deen des Etats-Unis a débarqué avec celles qui sont inspirées par Allah. Vêtus à la manière des prédicateurs, à l'image du Muslim rap qu'ils distillent, ils ont fait dans la prophétie et abreuvé le public du message spiritualiste qui les caractérise. Etrange, iconoclaste et contrasté, dans ce milieu hip hop dont on pensait qu'il était définitivement structuré autour d'une certaine démarche. Mais rapper sa foi en Allah, comme pour réaffirmer qu'il est à l'origine et au crépuscule de tout, il fallait le faire et ils l'ont fait, les Native Deen. Et remarquablement, dans un contexte déjà dédié, avec comme seule intruse, la percussion. Voilà qui était plutôt enthousiasmant pour un public ayant parfaitement adhéré au flow.

Désordre sécuritaire

Si les rappeurs ont joué leur partition sans fausse note, la sécurité elle, a été particulièrement zélée au point d'avoir elle-même inutilement ajouté au désordre et à la confusion qui régnait plus ou moins à l'entrée du Ccf. Des barbouzes qui se prenaient pour des supers généraux, sont allés jusqu'à interdire l'accès du Centre culturel français à l'un de ses membres ! Demain, quand la direction du Ccf voudra légitimement prendre des mesures préventives, ils seront les premiers à signer des pétitions et à crier à l'ostracisme. De la mesure et du discernement en toute chose, il en faut quand même.

© Sud Quotidien (www.sudonline.sn)

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