Dakar-Gorée jazz festival (du 16 au 19 avril 2004) : Wasis Diop, Aragon et Richard Bona sur scène

Doudou Ndiaye Rose et son groupe de percussionnistes en ouverture, la Orquesta Aragon comme tête d'affiche et des formations de jazz venues des Etats-Unis, de France et de quelques pays d'Afrique. Tel est le cocktail que la direction du Dakar-Gorée Jazz Festival compte servir aux mélomanes. La première édition aura lieu du 16 au 19 avril 2004.

Le fondateur et directeur artistique, Thierno Sow, nous a révélé les grandes lignes du programme en attendant la conférence de presse prévue mardi prochain à 10 heures au Centre Culturel Français de Dakar (CCF). Pour la première édition de cet évènement, la structure créée il y a un an veut frapper un grand coup. A Gorée, île mémoire d'où sont partis des milliers d'esclaves vers le Nouveau Monde, sont attendus les amateurs de jazz et tous les amoureux de cette musique qui a mûri entre Atlanta, Chicago et Los Angeles, avant de faire le tour de la planète. La manifestation, organisée en partenariat avec le CCF, a reçu l'aval du ministère de Culture et se veut un creuset de rencontres et d'échanges pour donner au jazz le cachet populaire qui lui a manqué jusqu'ici.

Le choix de Gorée n'est pas fortuit, compte tenu des origines africaines de ce genre musical et de la place que cette île occupe dans le coeur des Africains-Américains. La présence des musiciens cubains de la Orquesta Aragon, qui ont fait danser de nombreux mélomanes et inspiré toute une génération de musiciens sénégalais, relève du même souci de renouer les fils de l'histoire. En ouvrant le festival par un " khoumbeul " (fête populaire) avec Doudou Ndiaye Rose accompagné d'une cinquantaine de percussionnistes, les organisateurs s'inscrivent dans un impératif d'enracinement préalable à toute ouverture sur les valeurs universelles. Au programme, des têtes d'affiche comme le crooner sénégalais Wasis Diop, les Américains Eric Watson et la diva Liz Mc Comb (qui a participé au festival de jazz de Saint-Louis, il y a quelques années), le Français Henri Texier et le talentueux bassiste camerounais Richard Bona.

Les initiateurs du Dakar-Gorée Jazz Festival apportent également des innovations de taille par rapport à d'autres événements du genre. Outre les compétitions de régates qui rassembleront la crème des piroguiers, la lutte traditionnelle peule sera au programme en même temps que la capoeira, cette fameuse chorégraphie sous forme d'art martial qui nous vient du Brésil et qui prend peu à peu racine en Afrique.

L'évènement est donc parti pour être une date majeure de l'agenda culturel sénégalais. Son président et fondateur, Thierno Sow, annonce d'ailleurs divers autres projets. Soulignons qu'en marge du festival, sera organisée une session de formation en journalisme culturel, précisément sur le thème du jazz.

Un autre volet sera consacré à l'initiation en techniques de sons et lumières, tandis qu'une foire artisanale est prévue à Gorée durant toute une semaine en partenariat avec la mairie, l'association des artisans et le syndicat d'initiative de l'île.

© Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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