“Froiss”, nouvel album de Pee Froiss : Le quatrième chapitre de la chronique pol
Quatre cassettes sur le marché depuis 1996, cela donne le temps de faire le point à ce trio de chroniqueurs de l’actualité politique et sociale. Cette étape, Gunman Khouman l’a appelé “ un tournant ”, au cours de la conférence de presse de présentation de la cassette qui s’est tenue hier après-midi, dans les locaux d’Africa-Fête. “Au Sénégal, on fait les mêmes choses depuis dix ans. Nous avons voulu sortir du classique rap-soul, ragga et apporter quelque chose de nouveau en partant de l’idée que le texte, la musique et la voix sont les trois qualités pour faire un bon rappeur ”, explique Khouman. Le quatrième album de neuf titres intitulé FROISS (du nom du groupe Pee Froiss) part du principe de rendre visible la philosophie qui fonde le projet artistique du trio Khouman, Kool Kocsis et Gee Bass.
“ Nous voulons rester fidèles à l’esprit hip-hop ”, tranche Gee Bass. Cette fidélité se décline, en quatre albums, sur au moins trois axes. D’abord la récupération des petits mots de la rue : respectivement Wala wala bokk (96), Affair bou graaw ou ABG (97), Ah simm (99) ! et, dernièrement, Jalgati (2001). Ensuite, il y a la peinture d’un quotidien du Sénégalais moyen : Beuss dans Wala wala bokk, Fefty pour les cars rapides dans ABG, Tangana dans Ah Simm ! et Lyndia pour FROISS. Enfin, il y a la satire politique dans Luy Ndeyu Lii de ABG ou le tout nouveau Siensal. Les concernés ajoutent le thème africain. “ Ce sont des aspects sur lesquels on a bâti nos albums et qui reflètent le vécu quotidien ”, commente Gee Bass. “ Nous sommes l’oreille et les yeux du peuple. Nous cherchons à être le plus proche possible des gens. Nous représentons une caméra qui filme la réalité et la projette sur écran géant ”, schématise Khouman.
Siensal, qui a manqué d’être le titre de la cassette, est un ramassis des faits culturels, sociaux et politiques. Le trio y parle, invariablement, de la transhumance, de l’affaire Alex et Ino, du mbalakh, des conditions de vie. Sans être vulgaire. Car un des traits marquants du Pee Froiss, un des précurseurs du rap au Sénégal, est de glisser les vérités entre l’humour cassant de Khouman et le phrasé chanté de Kool Kocsis. “ A un certain moment, le mouvement hip-hop était diabolisé. Les rappeurs devenaient vulgaires et arrogants. C’est abrutissant pour le public. Or, en général, ce public n’est pas composé d’acheteurs de cassettes. Cela a contribué à affaiblir le mouvement ”, explique Kool Kocsis. Et désormais, le Pee Froiss veut sortir des platines un rap qui fasse bouger, promet Kocsis. La tendance se dégage dans le titre “ Jalgati ” de cette nouvelle production produite par le label Africa-Fête de Mamadou Konté pour une valeur d’environ 4 millions de francs CFA. Cependant, le Pee Froiss veut éviter de pervertir son rap pour autant. “ Il faut avoir un hip-hop capable de faire danser autant que le mbalakh. La maturité est importante, mais la musicalité l’est aussi. A mon avis, on est obligés sans vendre notre âme ”, relève Kocsis. Pour le Pee Froiss, l’arrivée de jeunes groupes n’a pas influé sur leur démarche artistique de ces dernières années, avec surtout le développement d’un rap “ contestataire ”. “ Ce qui a changé, c’est une nouvelle génération de rappeurs mais les thèmes restent les mêmes. Il n’y a rien de nouveau, pas un concept révolutionnaire ”, assurent-ils. Le groupe travaille sur son album international qui sortira en France en mars 2002 sous le label Africa-Fête Diffusion.
HABIB DEMBA FALL © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
Siensal, qui a manqué d’être le titre de la cassette, est un ramassis des faits culturels, sociaux et politiques. Le trio y parle, invariablement, de la transhumance, de l’affaire Alex et Ino, du mbalakh, des conditions de vie. Sans être vulgaire. Car un des traits marquants du Pee Froiss, un des précurseurs du rap au Sénégal, est de glisser les vérités entre l’humour cassant de Khouman et le phrasé chanté de Kool Kocsis. “ A un certain moment, le mouvement hip-hop était diabolisé. Les rappeurs devenaient vulgaires et arrogants. C’est abrutissant pour le public. Or, en général, ce public n’est pas composé d’acheteurs de cassettes. Cela a contribué à affaiblir le mouvement ”, explique Kool Kocsis. Et désormais, le Pee Froiss veut sortir des platines un rap qui fasse bouger, promet Kocsis. La tendance se dégage dans le titre “ Jalgati ” de cette nouvelle production produite par le label Africa-Fête de Mamadou Konté pour une valeur d’environ 4 millions de francs CFA. Cependant, le Pee Froiss veut éviter de pervertir son rap pour autant. “ Il faut avoir un hip-hop capable de faire danser autant que le mbalakh. La maturité est importante, mais la musicalité l’est aussi. A mon avis, on est obligés sans vendre notre âme ”, relève Kocsis. Pour le Pee Froiss, l’arrivée de jeunes groupes n’a pas influé sur leur démarche artistique de ces dernières années, avec surtout le développement d’un rap “ contestataire ”. “ Ce qui a changé, c’est une nouvelle génération de rappeurs mais les thèmes restent les mêmes. Il n’y a rien de nouveau, pas un concept révolutionnaire ”, assurent-ils. Le groupe travaille sur son album international qui sortira en France en mars 2002 sous le label Africa-Fête Diffusion.
HABIB DEMBA FALL © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
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