Didier Awadi: "Je dédie ce prix au journaliste Jean Hélène"

Précurseur au Sénégal du rap avec son possee le Positive Black Soul (Pbs) dans les années 90, Didier Awadi est sans aucun doute l'un des piliers artistique et intellectuel du mouvement hip hop les plus solides.

De Boul Falé (1994) avec le Pbs à Parole d'honneur (2003), son premier album solo, Awadi n'a jamais fléchi dans son engagement pour le panafricanisme militant. Dette, Coup d'Etat, patrimoine dilapidé, crise vécue par les jeunes , les sujets du kid sont souvent au vitriol. On y trouve cependant des notes d'amour et d'humour dans une ambiance musicale très variée. Pour 2004, Didier Awadi prépare le nouvel album de son groupe mâtiné de nouvelles sonorités traditionnelles et acoustiques. Parallèlement, le rappeur travaille sur son deuxième opus solo. A l'annonce tard le jeudi du Prix Rfi musiques du monde qui lui a été décerné par un jury présidé par Youssou Ndour (lire par ailleurs), nous l'avons joint au téléphone. Awadi a d'abord laissé éclater sa joie avant de déclarer : "Je dédie ce prix au journaliste Jean Hélène de Rfi assassiné à Abidjan. Le grand reporter était plutôt en mission pour rendre compte à la conscience universelle de l'absurde qui se joue dans cette partie de l'Afrique". Didier Awadi a aussi fait savoir qu'au-delà de sa personne, "ce prix revient au mouvement hip hop sénégalais et africain". Il a par ailleurs invité ses concitoyens à s'écarter des sentiers de la violence et de l'invective et à s'engager dans la voie d'un débat d'idées constructif. Bref, Awadi en a appelé tout simplement à la "responsabilité citoyenne".

© Sud Quotidien (www.sudonline.sn)

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