Phénomène émergent à Ouaga : L’autorité prise de court par le rap
UNE ANECDOTE POUR ILLUSTRER LA SURPRISE de l’administration culturelle pour un phénomène émergent, ces deux dernières années : à l’occasion d’un concours de chansons organisé au cours de la journée internationale de la Francophonie, un groupe rap a fait acte de candidature. Jean-Claude Dioma, directeur des Arts du spectacle et de la Coopération culturelle du Burkina Faso commente : “ dans nos textes, nous avons dit qu’il fallait que la finale soit en live. Et vous savez que pour la plupart des nouveaux groupes qui viennent de se mettre en place, ce n’est pas le cas. Peut-on en ce moment parler de live ou alors d’une semi-live ? Alors, le jury a eu un problème. Heureusement que nous avons été sauvés par l’exemple du Sénégal parce que vous avez des groupes là-bas qui entièrement jouent en live ”, dit M. Dioma. “ C’est pour dire simplement que l’administration a failli être prise de court ; c’est maintenant que nous nous attelons à rattraper cela. Nous essayons, autant que possible, de les soutenir. Tous les groupes ne sont pas forcément des groupes crédibles. Mais c’est comme ça pour tout phénomène qui naît. Il y a à peu près deux ans que cela commence à prendre sérieusement de l’ampleur ”, dit-il.
Gisèle Kam, Kam RG pour la scène, est de ce mouvement. Cette jeune fille, la vingtaine, avait soulevé la réticence de maman. “ Une fille dans le hip-hop, ce n’était pas facile à faire admettre par ma mère. Elle pensait que j’allais me perdre. Depuis trois ans, c’est ma vie ”, dit-elle. Elles se comptent sur le bout des doigts, les “ rappeuses ”. “ Elles sont considérées comme “ rebelles ”, les filles qui font du rap ”, dit-elle. Elle a une autre compréhension de ce mot. “ Je suis rebelle dans le bon sens, dans la dénonciation de choses pas justes et qu’il faudrait changer : les injustices faites aux femmes, le banditisme, la prostitution, la domination étrangère. ” Elle ne milite pas en faveur d’un mimétisme du rap à l’américaine ou à la française, mais en faveur d’une originalité basée sur les instruments africains et un phrasé en moré ou en Mossi.
Son ami Eddy, lui, est plus versé dans la soul que dans le hardcore, forme “ radicale ” du rap. “ C’est la tendance qui domine ”, assure-t-il. Ce qui l’inspire, c’est le quotidien du Burkinabè. “ Jusqu’à présent, les gens montrent encore des réticences. Mais il ne faut pas tenir compte des préjugés ”, se console Brother H. Ses amis et lui assurent que leurs textes traduisent la réalité. Seulement la réalité. “ Il n’y a pas de fiction ”, explique Yax Y.
Le rap n’a pas pris une part active dans les manifestations occasionnées par l’assassinat du directeur de publication de l’Indépendant, Norbert Zongo, selon Yax Y. “ Au moment où l’affaire Zongo battait son plein, des rappeurs ne se sont pas beaucoup fait entendre contrairement à beaucoup d’élèves et étudiants. Mais dans les albums à venir, les rappeurs vont s’exprimer un peu plus ”, promet-il. Cependant, les opportunités de production ne sont pas nombreuses. Mais sur le plan des spectacles, des efforts ont été faits, notamment au Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA).
HABIB DEMBA FALL © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
Son ami Eddy, lui, est plus versé dans la soul que dans le hardcore, forme “ radicale ” du rap. “ C’est la tendance qui domine ”, assure-t-il. Ce qui l’inspire, c’est le quotidien du Burkinabè. “ Jusqu’à présent, les gens montrent encore des réticences. Mais il ne faut pas tenir compte des préjugés ”, se console Brother H. Ses amis et lui assurent que leurs textes traduisent la réalité. Seulement la réalité. “ Il n’y a pas de fiction ”, explique Yax Y.
Le rap n’a pas pris une part active dans les manifestations occasionnées par l’assassinat du directeur de publication de l’Indépendant, Norbert Zongo, selon Yax Y. “ Au moment où l’affaire Zongo battait son plein, des rappeurs ne se sont pas beaucoup fait entendre contrairement à beaucoup d’élèves et étudiants. Mais dans les albums à venir, les rappeurs vont s’exprimer un peu plus ”, promet-il. Cependant, les opportunités de production ne sont pas nombreuses. Mais sur le plan des spectacles, des efforts ont été faits, notamment au Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA).
HABIB DEMBA FALL © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
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