Dread Maxim: L'enfant de Mboro
Né le 30 septembre 1975 à Mont Rolland, Didier Maxim Amar M'bengue, a très tôt abandonné sa bourgade natale, trop enclavée pour aller s'installer dans la zone fraîche des niayes, à Mboro. Après y avoir mené des études primaires ordinaires, cap sur Thiès où, il s'inscrit au collège Saint Gabriel. L'enfant devenu adulte décide subitement d'arrêter son cursus scolaire en classe de terminale. Rempli de hargne, et convaincu de son talent, le néophyte intègre le groupe " Family Mc" où il se fit ses premiers pas dans le rap. Quelques mois lui suffisent pour réaliser enfin que seul le rap ne pouvait plus véhiculer son message et assouvir son inspiration grandissante. Il quitte ses compagnons du grand monde du hip hop, pour créer son propre groupe: "le Big nation Possee", basé à Mboro. Mais cette aventure ne fit pas long feu. Après un bref séjour à l'orchestre des Ics (Industries chimiques), c'était en 1998, il prit alors la ferme décision de voler de ses propres ailes, sous le nom fétiche de "Dread Maxim" qui signifie selon lui: Maxim, l'affreux.Ce nom assez bizarre du reste, s'expliquerait par la volonté du chanteur de ce qu'il qualifie être son "vouloir paraître comme une affrosité, pour éloigner au loin les forces du mal". C'est ainsi que devenu solitaire, Dread Maxim s'engage dans la voie sinueuse des rastafari, ses semblables inspirés du pays de Bob Marley jamaicain, devenu un jour, le maître des émotions profondes des mélomanes du globe, toutes races confondues. Un journal de la place le surnommait déjà, "le prince Rasta". Caché derrière ses rastas, le chanteur affûte de plus en plus sa voix et taquine de mieux les rythmes saccadés du reggae jusqu'au jour où le pianiste Allemand Steven Toeteberg, propriétaire du Studio Yes de la cité Biagui à Dakar Yoff, tombe sous son charme. Ils misèrent leurs sous dans une production qui est devenue la première cassette d'un chanteur de reggae, originaire de la région de Thiés. Dans "Révèlation", sortie en août 2000, le chanteur polyglotte s'exprime en francais, wolof, anglais et sérère, abordant ainsi et sans aucune retenue les thèmes de la paix, de l'unité et africaine d'abord, de l'amour, de l'enfance déshéritée... Cette cassette portant 8 titres est devenu son cheval de guerre qui lui a permis de se produire en live un peu partout à Dakar, à Thiés ou à Mboro au 5 sur 5. Dans cette boîte aujourd'hui devenu populaire, il devint la star maison. Au coeur de cette atmosphère où Dread a installé son quartier général, les Ics sont devenues selon ces propre termes, "un mal nécessaire". Malgré une promotion ratée d'une cassette qui n'a pas encore de clip, le Mborois, prince du reggae se dit être loin du découragement.
Aujourd'hui plus que jaimais, il compte aller de l'avant dans ce qu'il dénomme fièrement sa vocation de "citoyen du monde". Bientôt, confirme-t-ill couragement, ilentamera une tournée nationale. Ainsi, confie-t-il, " je ne perarais jamais espoir puisque l'avenir appartient de à la jeunesse". Le jeune chanteur qui dit être grand admirateur de Waflash et ami des rappeurs du Dieuf dji de Mbour compte surtout oeuvrer pour le désenclavement de la région du point de vue musical.

Après sa prémiere production "Révèlation" , Dread Maxim Amar vient pour confirmer avec une auto-production intitulé "Jah Fire" (sortie le 8 Mai 2003 où "l'énergie du feux divin qui purifie les âmes". Un style sobre, plein de m´lodies et où les notes se découvrent dans une diversité sublime au gré des titres. Sans risque de se tromper, on peut dire que l'artiste fait partie des rares rastafarians sénégalais qui ont retrouvé un style et une démarche musicale originale.
"Jah Fire" est enregistré et mixé au studio Yes, avec la participation de Steven Toeteberg pour les titres "2 be one" et "Rak Ndaw". Ce dernier titre enregistré la participation de quelques autres artistes invités. Par la magie des nouvelles technologies et de la programmation, Dread a assuré lui-même les compositions musicales avec le soutien de Bob Dyna et de tant d'autres. La diversité instrumentale occupe une place de choix dans cette production aù guitares et percussions cheminent avec les notes de la kora, de l'accordéon et des claviers.
Avec le titre " Rest in Peace", l'artisterend un hommage aux victimes du bateau "Joola" et à Las Mc, un jeune rappeur décédé à la suite d'un accident de la circulation. Mais la force de Dread Maxim, c'est incontestablement sa voix chaude et naturelle qui libère des textes en anglais, en wolof, ou en francais, selon le titre interprété et le groupe social ciblé par le message. Il culpabilise également certains gouvernants africains afin de situer les responsabilités de la misère africain.
L'artiste fait étalage de ses dons en poésie et en art graphique, qu'il illustre également à travers une image, des vers poétiques et un slogan sur la jacquette de son album:
"Un oeil pour voir...le troisième pour (s)'apercevoir".
Toute une philosophie professée par le disciple de "Jah" qui, à travers ses textes, nous fait découvrir une autre facette de la spiritualité.
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