Musique et vie : la fin d'un festival
Le festival Musique et vie a vécu. Après trois éditions, les spectacles s'arrêtent. Même si l'association éponyme poursuit ses activités sous d'autres formes. La faute au manque de soutiens et de sponsors, à cause des difficultés économiques dans lesquelles se débat la France.
L'édition 2003 du festival Musique et vie a démarré le 30 août dernier, mais le premier concert s'est tenu à Louga le 3 septembre. Mais toujours, entre deux spectacles, il se tient, dans la localité d'accueil, une animation-prévention du sida. Samedi prochain, les festivaliers seront à Mbacké, le dimanche au terrain de l'Acapes des Parcelles-Assainies, avant la fin du festival prévue le 8 septembre prochain. Les groupes présents cette année, en plus des rappeurs du Daara-J, sont Little Dan, Heavy Ras Jahbazz et Redemption Sound System (qui vient de Suisse) en plus de nombreux artistes des différentes localités visitées. La particularité de cette année, c'est que, selon Elodie Chrestia, présidente de l'association Musique et vie, les spectacles se sont surtout orientés vers le reggae et le ragga, alors que, pour les éditions précédentes, c'était le rap qui dominait. Mais le plus intéressant, ajoute-t-elle, c'est que ce festival sera "le dernier pour Musique et vie". Parce que, justifie-t-elle, "nous avons des problèmes financiers et matériels. L'association s'épuise. Cette année, nous avons rencontré beaucoup plus de difficultés pour décrocher des sponsors et des subventions. C'est pourquoi les éditions passées se tenaient en avril (en 2001 et en 2002). Mais cette année, nous avons été obligés de reculer la date. Nous avons passé un an et demi à chercher des moyens. En 2001, nous avons obtenu des subventions conséquentes. Le festival a eu un grand impact et a drainé plus de 15 000 personnes. Mais en 2003, les problèmes économiques en France ont rendu difficile l'obtention de subventions. Nous sommes limités dans le budget, alors qu'il y a toujours des imprévus". En lieu et place du festival, l'association, qui est artistique avant tout, qui pense que l'art est un message par excellence et qui est assez vaste, sent qu'elle peut sensibiliser à travers d'autres domaines. C'est ainsi que, selon Elodie Chrestia, Musique et vie pense soutenir matériellement les organisateurs de Hip hop Awards qui a un programme dénommé "Rappons sida". "Cela m'intéresse, car je veux toujours être porteur de message. Nous allons jouer un rôle de coordonnateur et aussi agir dans la recherche de sponsors", indique notre interlocutrice.
En plus, l'association Musique et vie monte un projet d'album rassemblant des artistes sénégalais et français. Trois morceaux sénégalais sont déjà enregistrés : Wagëblë, Mc Nj et Pato. D'autres seront enregistrés en France. L'idée est que les tubes faits avec les Sénégalais soient entièrement réalisés ici, pour montrer qu'au Sénégal, on trouve du matériel adéquat. Mais toujours est-il que la réalisation de cet album et les activités avec Hip hop Awards dépendront des disponibilités en France. A la question de savoir comment elle pourra coordonner tout cela de loin, Elodie Chrestia répond que le festival lui a permis d'être très proche du Sénégal. "Nous avons un seul sponsor au Sénégal qui nous donne des supports et un peu d'argent. Dans les régions, nous travaillons avec les centres ados et les Cdeps, mais aussi avec les comités locaux. Cela permet aux artistes locaux de se faire promouvoir, souligne-t-elle.
La première édition du festival a permis aux organisateurs de se rendre à Saint-Louis, Mbour et Dakar (à la Place de l'obélisque). La deuxième : Thiès, Kaolack et Guédiawaye. En 2003, ce sont Louga, Mbacké et les Parcelles-Assainies. L'idée a toujours été de décentraliser les manifestations. Par exemple, Louga est une ville excentrée qui a bien accueilli les festivaliers. Mais aussi, faire de l'animation-prévention à Mbacké était un grand challenge qui a été réussi. Louga, Kaolack et Matam sont des zones de forte émigration, et donc très exposées aux maladies. Ce qui fait dire à notre interlocutrice que "si l'on parvenait à aller dans les régions les plus reculées, avec une grande scène, on le ferait. Mais cela nécessiterait une lourde logistique. Tandis que dans les quartiers périphériques, l'on trouve une autre population, un public jeune. Les animations-préventions y touchent surtout les femmes et leurs enfants".
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
L'édition 2003 du festival Musique et vie a démarré le 30 août dernier, mais le premier concert s'est tenu à Louga le 3 septembre. Mais toujours, entre deux spectacles, il se tient, dans la localité d'accueil, une animation-prévention du sida. Samedi prochain, les festivaliers seront à Mbacké, le dimanche au terrain de l'Acapes des Parcelles-Assainies, avant la fin du festival prévue le 8 septembre prochain. Les groupes présents cette année, en plus des rappeurs du Daara-J, sont Little Dan, Heavy Ras Jahbazz et Redemption Sound System (qui vient de Suisse) en plus de nombreux artistes des différentes localités visitées. La particularité de cette année, c'est que, selon Elodie Chrestia, présidente de l'association Musique et vie, les spectacles se sont surtout orientés vers le reggae et le ragga, alors que, pour les éditions précédentes, c'était le rap qui dominait. Mais le plus intéressant, ajoute-t-elle, c'est que ce festival sera "le dernier pour Musique et vie". Parce que, justifie-t-elle, "nous avons des problèmes financiers et matériels. L'association s'épuise. Cette année, nous avons rencontré beaucoup plus de difficultés pour décrocher des sponsors et des subventions. C'est pourquoi les éditions passées se tenaient en avril (en 2001 et en 2002). Mais cette année, nous avons été obligés de reculer la date. Nous avons passé un an et demi à chercher des moyens. En 2001, nous avons obtenu des subventions conséquentes. Le festival a eu un grand impact et a drainé plus de 15 000 personnes. Mais en 2003, les problèmes économiques en France ont rendu difficile l'obtention de subventions. Nous sommes limités dans le budget, alors qu'il y a toujours des imprévus". En lieu et place du festival, l'association, qui est artistique avant tout, qui pense que l'art est un message par excellence et qui est assez vaste, sent qu'elle peut sensibiliser à travers d'autres domaines. C'est ainsi que, selon Elodie Chrestia, Musique et vie pense soutenir matériellement les organisateurs de Hip hop Awards qui a un programme dénommé "Rappons sida". "Cela m'intéresse, car je veux toujours être porteur de message. Nous allons jouer un rôle de coordonnateur et aussi agir dans la recherche de sponsors", indique notre interlocutrice.
En plus, l'association Musique et vie monte un projet d'album rassemblant des artistes sénégalais et français. Trois morceaux sénégalais sont déjà enregistrés : Wagëblë, Mc Nj et Pato. D'autres seront enregistrés en France. L'idée est que les tubes faits avec les Sénégalais soient entièrement réalisés ici, pour montrer qu'au Sénégal, on trouve du matériel adéquat. Mais toujours est-il que la réalisation de cet album et les activités avec Hip hop Awards dépendront des disponibilités en France. A la question de savoir comment elle pourra coordonner tout cela de loin, Elodie Chrestia répond que le festival lui a permis d'être très proche du Sénégal. "Nous avons un seul sponsor au Sénégal qui nous donne des supports et un peu d'argent. Dans les régions, nous travaillons avec les centres ados et les Cdeps, mais aussi avec les comités locaux. Cela permet aux artistes locaux de se faire promouvoir, souligne-t-elle.
La première édition du festival a permis aux organisateurs de se rendre à Saint-Louis, Mbour et Dakar (à la Place de l'obélisque). La deuxième : Thiès, Kaolack et Guédiawaye. En 2003, ce sont Louga, Mbacké et les Parcelles-Assainies. L'idée a toujours été de décentraliser les manifestations. Par exemple, Louga est une ville excentrée qui a bien accueilli les festivaliers. Mais aussi, faire de l'animation-prévention à Mbacké était un grand challenge qui a été réussi. Louga, Kaolack et Matam sont des zones de forte émigration, et donc très exposées aux maladies. Ce qui fait dire à notre interlocutrice que "si l'on parvenait à aller dans les régions les plus reculées, avec une grande scène, on le ferait. Mais cela nécessiterait une lourde logistique. Tandis que dans les quartiers périphériques, l'on trouve une autre population, un public jeune. Les animations-préventions y touchent surtout les femmes et leurs enfants".
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
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