Flam-J Fire Weedi Guiss : entre le visible et l'invisible
Ils se veulent adeptes d'un rap spirituel, mais qui ne mâche pas ses mots. Un vrai hard-core qui dénonce les tares, mais qui ne lésine pas non plus sur les conseils. Entre deux camps, ils disent choisir celui de la vérité.
"Weddi gis bokku ci" (nul ne peut nier l'évidence) est une citation bien connue. Mais le posse Flam-J de Thiaroye l'aborde, dans sa cassette intitulée Weedi Guiss sur deux facettes: d'abord, la dualité entre les mondes visible et invisible. Le texte parle surtout des mystères de la vie, du spirituel. D'après les membres du groupe, "le monde visible est une face de celui invisible. Le visible, on le voit avec les yeux alors que pour l'invisible, c'est avec l'esprit". Ainsi, sont posés les rapports entre les humains, les anges et les esprits. Alors que "tout le monde se demande qui est Dieu et où est-il. Mais Dieu est l'être suprême que l'on ne peut voir à l'oeil nu ni montrer du doigt", chantent-ils.
Mais, après l'introduction faite par la voix plaintive et d'un enfant qui dénonce la voix peu louable empruntée actuellement par les musiciens, les membres de Flam-J soulignent aussi que leur titre sonne comme un défi : "Attendez pour voir", car selon eux, "après la sortie de notre première cassette, on nous taxait de violents, de vulgaires. Notre clip a été censuré. Mais les gens ont fini par reconnaître l'avertissement que nous donnions". Les jeunes de Thiaroye n'ont pas fini de tirer la sonnette d'alarme, car pour eux, "ça sent le roussi. Il n'y a pas de fumée sans feu. Donc, il y a le feu quelque part. Il y a des dangers sur le plan politique. Les politiciens choisissent leur camp religieux et confrérique. Les parti-pris ne sont plus voilés. Sans oublier les crimes politiques que l'on néglige dont les affaires Mamadou Dia, Balla Gaye, Me Sèye " Pour eux, on assiste à des divisions, des favoritismes des fois mortels. Après l'an 2000, on a l'impression que c'est le même régime qui est toujours au pouvoir. Au moment où l'on répare l'avion présidentiel à coup de milliards, Le Joola causait un drame. Face à l'expression galvaudée du "Sénégal qui gagne", les rappeurs de Thiaroye opposent celle du Sénégal qui bagne. Ils partent de la Can et du Mondial 2002 où certains font tout pour récupérer (politiquement ou sur le plan religieux) les performances des Lions". Mais les rappeurs indiquent que ces succès doivent être celles de tous les Sénégalais. C'est le domaine national et non un bien politique ou confrérique. Ils mettent alors en garde ceux qui seront tentés par de tels actes. "Tant que le pouvoir temporel ne sera pas honnête, nous aurons des problèmes". Et puis, "il faut cesser les bavardages à propos de la Casamance et oeuvrer sérieusement pour le retour de la paix", lâchent-ils.
Ces jeunes n'oublient pas de revenir sur cette image négative collée au quartier Thiaroye et de la banlieue en général. "Nous voulons dire que Thiaroye n'est pas milieu réservé aux agresseurs et prostituées. Il est mais comme tous les autres". Ils rappellent, pour s'en convaincre, l'histoire de ce quartier en 1944. Mais ils se plaignent que les jeunes ne disposent pas d'infrastructures où ils peuvent s'épanouir. Ni Cdeps, ni camp de sapeurs, mais juste une police, une gendarmerie, un centre anti-drogue, "comme pour dire : "C'est ce que vous méritez". Pour coller à l'actualité, les rappeurs parlent de la lutte traditionnelle sénégalaise. Selon eux, c'est un sport qui tend à se développer, mais qui ne manque pas de failles pouvant retarder ou entraver son développement : comme violence dans la lutte avec frappe, les sorcelleries "Le milieu lutte devenu comme jungle, pour dire que ce sport ne ressemble plus à celui traditionnel, mais plutôt à une arène de violences", selon eux.
Flam-J peut aussi passer pour l'ami qui prodigue des conseils en disant d'éviter la drogue, de savoir où mettre les pieds afin de ne pas tomber dans les précipices. Seulement, ils conservent toujours le même tempérament fait de dénonciation, notamment par rapport à la tournure de la musique sénégalaise actuellement : chansons laudatives, clips obscènes qui pervertissent la jeunesse. L'on oublie que la musique doit être un vecteur prônant le bien et non le mal.
Mais aussi, il y a la situation politique actuelle depuis l'alternance. Pour eux, "rien n'a pas évolué. C'est toujours le même système, la même politique. On peut même dire pire, vu les signaux. Tous leurs échecs se justifient, à tort, par les quarante ans du régime passé, alors que la politique, est une continuité". Les jeunes sont désoeuvrés, la pauvreté décuple. Néanmoins, l'on peut garder sa dignité en croyant en ses propres capacités. "La vie est dure, mais il faut faire face et ne pas choisir la facilité", pensent-ils Après la sortie de sa première cassette intitulée Kumpa et produite en 2001, Flam-J a visité les villes de Ziguinchor, Kaolack, Fatick, Linguère, Dahra et Mbour.
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
"Weddi gis bokku ci" (nul ne peut nier l'évidence) est une citation bien connue. Mais le posse Flam-J de Thiaroye l'aborde, dans sa cassette intitulée Weedi Guiss sur deux facettes: d'abord, la dualité entre les mondes visible et invisible. Le texte parle surtout des mystères de la vie, du spirituel. D'après les membres du groupe, "le monde visible est une face de celui invisible. Le visible, on le voit avec les yeux alors que pour l'invisible, c'est avec l'esprit". Ainsi, sont posés les rapports entre les humains, les anges et les esprits. Alors que "tout le monde se demande qui est Dieu et où est-il. Mais Dieu est l'être suprême que l'on ne peut voir à l'oeil nu ni montrer du doigt", chantent-ils.
Mais, après l'introduction faite par la voix plaintive et d'un enfant qui dénonce la voix peu louable empruntée actuellement par les musiciens, les membres de Flam-J soulignent aussi que leur titre sonne comme un défi : "Attendez pour voir", car selon eux, "après la sortie de notre première cassette, on nous taxait de violents, de vulgaires. Notre clip a été censuré. Mais les gens ont fini par reconnaître l'avertissement que nous donnions". Les jeunes de Thiaroye n'ont pas fini de tirer la sonnette d'alarme, car pour eux, "ça sent le roussi. Il n'y a pas de fumée sans feu. Donc, il y a le feu quelque part. Il y a des dangers sur le plan politique. Les politiciens choisissent leur camp religieux et confrérique. Les parti-pris ne sont plus voilés. Sans oublier les crimes politiques que l'on néglige dont les affaires Mamadou Dia, Balla Gaye, Me Sèye " Pour eux, on assiste à des divisions, des favoritismes des fois mortels. Après l'an 2000, on a l'impression que c'est le même régime qui est toujours au pouvoir. Au moment où l'on répare l'avion présidentiel à coup de milliards, Le Joola causait un drame. Face à l'expression galvaudée du "Sénégal qui gagne", les rappeurs de Thiaroye opposent celle du Sénégal qui bagne. Ils partent de la Can et du Mondial 2002 où certains font tout pour récupérer (politiquement ou sur le plan religieux) les performances des Lions". Mais les rappeurs indiquent que ces succès doivent être celles de tous les Sénégalais. C'est le domaine national et non un bien politique ou confrérique. Ils mettent alors en garde ceux qui seront tentés par de tels actes. "Tant que le pouvoir temporel ne sera pas honnête, nous aurons des problèmes". Et puis, "il faut cesser les bavardages à propos de la Casamance et oeuvrer sérieusement pour le retour de la paix", lâchent-ils.
Ces jeunes n'oublient pas de revenir sur cette image négative collée au quartier Thiaroye et de la banlieue en général. "Nous voulons dire que Thiaroye n'est pas milieu réservé aux agresseurs et prostituées. Il est mais comme tous les autres". Ils rappellent, pour s'en convaincre, l'histoire de ce quartier en 1944. Mais ils se plaignent que les jeunes ne disposent pas d'infrastructures où ils peuvent s'épanouir. Ni Cdeps, ni camp de sapeurs, mais juste une police, une gendarmerie, un centre anti-drogue, "comme pour dire : "C'est ce que vous méritez". Pour coller à l'actualité, les rappeurs parlent de la lutte traditionnelle sénégalaise. Selon eux, c'est un sport qui tend à se développer, mais qui ne manque pas de failles pouvant retarder ou entraver son développement : comme violence dans la lutte avec frappe, les sorcelleries "Le milieu lutte devenu comme jungle, pour dire que ce sport ne ressemble plus à celui traditionnel, mais plutôt à une arène de violences", selon eux.
Flam-J peut aussi passer pour l'ami qui prodigue des conseils en disant d'éviter la drogue, de savoir où mettre les pieds afin de ne pas tomber dans les précipices. Seulement, ils conservent toujours le même tempérament fait de dénonciation, notamment par rapport à la tournure de la musique sénégalaise actuellement : chansons laudatives, clips obscènes qui pervertissent la jeunesse. L'on oublie que la musique doit être un vecteur prônant le bien et non le mal.
Mais aussi, il y a la situation politique actuelle depuis l'alternance. Pour eux, "rien n'a pas évolué. C'est toujours le même système, la même politique. On peut même dire pire, vu les signaux. Tous leurs échecs se justifient, à tort, par les quarante ans du régime passé, alors que la politique, est une continuité". Les jeunes sont désoeuvrés, la pauvreté décuple. Néanmoins, l'on peut garder sa dignité en croyant en ses propres capacités. "La vie est dure, mais il faut faire face et ne pas choisir la facilité", pensent-ils Après la sortie de sa première cassette intitulée Kumpa et produite en 2001, Flam-J a visité les villes de Ziguinchor, Kaolack, Fatick, Linguère, Dahra et Mbour.
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
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