Jotaay J Number One Yonu Music : après tant d'épreuves

Après le parcours d'un chemin difficile pendant près de trois ans, le trio du Jotaay J revient sur le marché du hip-hop sénégalais avec un nouvel album placé sous le signe d'espoir et d'hommage rendu à un des leurs. Ce dernier appelé Abdou Khadre alias Zipkha Khoromsi, un jeune de 23 ans et qui se réclame être l'auteur de "paroles mortelles", s'est malheureusement vu priver d'une liberté d'appréciation sur des choses qui ne passent pas inaperçu sous les yeux. Ce jeune garçon venait de perdre la vision après juste la sortie de leur première cassette dont il n'a pas savouré les images du clip. De là est parti, le grand défi.

"On nous a traité de tous les noms d'oiseaux à l'époque pour dire que jamais nous ne serons en mesure d'émerger dans le milieu du hip-hop. Et voilà qu'aujourd'hui malgré les nombreuses difficultés, le Jotaay J est là", martèle Lune J. C'est sur un ton d'espoir rythmé de volonté d'aller au-delà de leurs capacités que ce rappeur du trio de Jotaay J a rappelé ces souvenirs qui, pour lui, servaient d'armes de bataille au groupe pour réapparaître de nouveau sur la scène musicale. Le groupe Jotaay J après huit ans d'existence, vient de mettre sur le marché du hip-hop une deuxième production intitulée Yonu music constituée de huit titres sur notes sonores du rap reggae raga. Les thèmes sont d'actualités et parlent des phénomènes qui secouent quotidiennement la vie des populations. Cependant à travers le titre "Ndogal" l'on constate la particularité de la cassette. Dans ce morceau, le trio rend hommage à Zipkha Khoromsi qui a perdu la vue au cours de sa carrière musicale, précisément après la sortie de leur première cassette Mbir mi teey la ladj. Ce handicap a été d'ailleurs à l'origine de leur longue traversée du désert car soulignent-ils, l'argent amassé après la vente des cassettes a servi à payer les frais médicaux pour soigner leur camarade.

Ce fut, le début d'une galère émaillée de mauvais souvenirs car l'objectif était non seulement de repartir à la conquête d'une nouvelle promotion de la première cassette mais de donner courage à Zipkha Khoromsi qui, dans ses propos, s'en remet à Dieu, à sa bande de musiciens et à sa famille qui le soutiennent. "Je me trouve dans une situation où peut-être certains auraient baissé les bras pour dépendre d'autres personnes. Mais je dis non. Il est vrai que je ne suis plus en mesure de distinguer les choses mais quand même ma tête continue à bien penser. J'entends, je réfléchis, j'analyse et je déduis donc que je suis en mesure d'exprimer mes sentiments malgré une perte de la vue. C'est pour cette raison que je me suis battu avec l'aide des autres pour faire revivre le Jotaay J dont beaucoup ne croyaient plus à son existence", précise Abdou Hadre alias Zipkha Khoromsi. La promotion de la cassette est prévue par le trio à travers les radios de la place et des concerts dans différents quartiers de la capitale avant de visiter le reste du pays.

© Wal Fadjri (www.walf.sn)

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