Festival de jazz de Saint-Louis : jazzophiles de tous styles
Pendant quatre jours, la ville sage et calme s'est transformée en gigantesque salle de concert. Du jazz bien sûr, mais aussi du rap, du mabalkh ou du rock une véritable fête de la musique avant l'heure !
Jazz or not jazz ? A vous de choisir. Pour la onzième édition du festival de jazz de Saint-Louis, toutes les musiques étaient à l'honneur. En «off», le rap. Sur la mythique place Faidherbe, les artistes sénégalais tels que Bibson, Gaston, Keyty ou encore Pacotille et 10 000 problèmes. Tous essayant de de se faire entendre face aux hauts parleurs de la foire artisanale. En «in», le jazz, au Quai des Arts. Ou plutôt les jazz.
Vendredi soir, les puristes du jazz formel ont dû être surpris avec le concert du groupe belge Slang - traduisez «argot», en anglais. Quatre mucisiens qui définissent eux-mêmes leur style de «rock ethno-coltranien». Un style bien à eux, qui fait appel à des sources variées, du rock aux sonorités indiennes. Le mélange est détonant, mais accessible aux non-initiés. La chanteuse sudafricaine Sibongile Khumalo a pris la suite de ces quatre énergumènes pour finir la soirée en beauté. Accompagnée d'un violon, d'une guitare, d'une basse et de trois choristes, la «sorcière du jazz» a navigué entre les rythmes africains traditionnels, le gospel et l'opéra. Une voix limpide et une énergie communicative qui ont conquis un public pourtant trop discipliné. La diva pleine d'âme, qui a joué avec les sons comme avec les mots, a sans doute été une des chouchous de ce festival 2003. Après un vendredi placé sous le signe de l'originalité, les concerts de samedi ont paru bien classiques. En première partie, les dix-huit membres du Shenandoah Conservatory Jazz Ensemble ont produit une musique composée par le directeur Robert Larson ou ont repris des titres déjà entrés dans l'histoire. Un jazz un peu formel, mais qui a fait la renommée du groupe américain qui s'est produit un peu partout dans le monde, de la Chine à l'Islande, en passant par l'Allemagne ou l'Espagne.
Donald Brown et ses musiciens ont ensuite pris la relève pour clore le festival. Pianiste et compositeur exceptionnel (plus de 400 thèmes à ce jour !), il a rendu au jazz sa mélodie et sa vitalité avec des rythmes poétiques et expressifs inspirés de toute la culture afro-américaine, de Bud Powel à Steevie Wonder, en passant par Booker T., Herbie Handcock, Jay McShann ou Mc Coy Tyner. Du jazz dans tous ses états !
Et quand il n'y en a plus, il y en a encore : après la clôture du festival officiel, la fête a continué dans les rues et les bars de Saint-Louis. Les musiciens amateurs ou confirmés, les noctambules, les groupies, tout le monde s'est retrouvé tard dans la nuit pour prolonger un tant soit peu ce festival en attendant celui de l'année prochaine.
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
Jazz or not jazz ? A vous de choisir. Pour la onzième édition du festival de jazz de Saint-Louis, toutes les musiques étaient à l'honneur. En «off», le rap. Sur la mythique place Faidherbe, les artistes sénégalais tels que Bibson, Gaston, Keyty ou encore Pacotille et 10 000 problèmes. Tous essayant de de se faire entendre face aux hauts parleurs de la foire artisanale. En «in», le jazz, au Quai des Arts. Ou plutôt les jazz.
Vendredi soir, les puristes du jazz formel ont dû être surpris avec le concert du groupe belge Slang - traduisez «argot», en anglais. Quatre mucisiens qui définissent eux-mêmes leur style de «rock ethno-coltranien». Un style bien à eux, qui fait appel à des sources variées, du rock aux sonorités indiennes. Le mélange est détonant, mais accessible aux non-initiés. La chanteuse sudafricaine Sibongile Khumalo a pris la suite de ces quatre énergumènes pour finir la soirée en beauté. Accompagnée d'un violon, d'une guitare, d'une basse et de trois choristes, la «sorcière du jazz» a navigué entre les rythmes africains traditionnels, le gospel et l'opéra. Une voix limpide et une énergie communicative qui ont conquis un public pourtant trop discipliné. La diva pleine d'âme, qui a joué avec les sons comme avec les mots, a sans doute été une des chouchous de ce festival 2003. Après un vendredi placé sous le signe de l'originalité, les concerts de samedi ont paru bien classiques. En première partie, les dix-huit membres du Shenandoah Conservatory Jazz Ensemble ont produit une musique composée par le directeur Robert Larson ou ont repris des titres déjà entrés dans l'histoire. Un jazz un peu formel, mais qui a fait la renommée du groupe américain qui s'est produit un peu partout dans le monde, de la Chine à l'Islande, en passant par l'Allemagne ou l'Espagne.
Donald Brown et ses musiciens ont ensuite pris la relève pour clore le festival. Pianiste et compositeur exceptionnel (plus de 400 thèmes à ce jour !), il a rendu au jazz sa mélodie et sa vitalité avec des rythmes poétiques et expressifs inspirés de toute la culture afro-américaine, de Bud Powel à Steevie Wonder, en passant par Booker T., Herbie Handcock, Jay McShann ou Mc Coy Tyner. Du jazz dans tous ses états !
Et quand il n'y en a plus, il y en a encore : après la clôture du festival officiel, la fête a continué dans les rues et les bars de Saint-Louis. Les musiciens amateurs ou confirmés, les noctambules, les groupies, tout le monde s'est retrouvé tard dans la nuit pour prolonger un tant soit peu ce festival en attendant celui de l'année prochaine.
© Wal Fadjri (www.walf.sn)
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