Deuxième album de " Bideeew bu bess " : des rappeurs de «la génération consciente»
En sortant leur nouveau titre intitulé " Original ", le trio du hip hop sénégalais " Bideew Bou Bess " dit avoir puisé aux sources des diverses influences subies lors de leurs pérégrinations. En effet, après le succès de " Ndékété Yo ", sorti en 1999, ils ont mis à profit les quatre ans de tournées pour mûrir et peaufiner la cassette produite par Issap avec le label Africa Fête pour la diffusion. Pourtant, Makhtar, Habib et Beïdy gardent encore le contact avec " Jololi ", la structure de Youssou Ndour avec qui ils comptent d'ailleurs lancer d'autres " surprises ".
Pour une conférence de presse, il faut dire que la bande avait bien caché son jeu. Il y avait, certes, eu déjà "OU-A " - entendez Houwë, mot arabe qui est la quintessence même du Créateur -, mais on ne s'attendait guère à un ancrage aussi marqué dans la spiritualité. Pourtant, au-delà du titre " Baay ", c'est tout le discours du trio qui accroche par la maturité des concepts et sa prise de conscience du rôle de l'artiste dans la société. "Spiritual Habib " qui semble le mieux incarner cet aspect de l'évolution du groupe n'est pas éloignée de Beïdy qui estime que Dieu est la base de tout. En partant du fait que le Sénégal est un pays de croyants, ils soutiennent que tout arbre a besoin de racines pour vivre. D'autant que, face à la marginalisation dont le rap est l'objet, ils ont " un combat à continuer ", le combat de la " génération consciente " qu'ils veulent incarner, en mettant en avant le triptyque Foi (le coeur), Travail et Professionnalisme. C'est d'ailleurs, ainsi seulement, qu'ils expliquent la sélection naturelle qui s'est opérée dans le mouvement hip hop. Pour " Bideew Bou Bess ", il ne suffit pas d'avoir du talent. Pour rester au top, parmi la dizaine de groupes qui tiennent encore le haut du pavé, il faut travailler. Sinon on disparaît. Et c'est tant mieux. Ce qui explique les quatre années passées à peaufiner le second album, "par respect pour le public et pour les Sénégalais". Car, chose rare pour un premier album, le succès de " Ndékété Yo " leur a permis d'enclencher une tournée mondiale qui les a conduits en Europe (Allemagne et France), aux Etats-Unis et à travers l'Afrique.
Avec le "Joko Tour", ce sera l'occasion pour eux de se frotter à d'autres talents, alors qu'ils ont participé à plusieurs prestations de Youssou Ndour, au Salon de la Musique et au Printemps de Bourges en France, ainsi qu'au Festival de Wuzberg en Allemagne. En toute modestie et dans la discrétion, ils ont enregistré deux titres de l'album " Genèse " de Passi qui sera nommé " Disque d'Or ", en France. Un exemple, dans la galaxie, que ce trio qui refuse pourtant de se prêter au " star system ".
Pour " Bideew Bou Bess, le passage de " Jololi " à " Issap " (le label du rappeur franco-congolais Passi) relève de la logique du show-biz. C'est au Studio " Xippi ", d'ailleurs, qu'ils ont rencontré le néo-producteur. Ils y étaient pour faire des choeurs, et la mayonnaise a pris. Ils se sont revus alors que le contrat avec la boîte de Youssou Ndour touchait à sa fin. Une indépendance que la bande à Makhtar compte d'ailleurs préserver. Sur d'autres questions moins terre-à-terre, les réponses fusent de part et d'autre, chacun complétant, tout en restant dans la logique d'un concept qu'il a fallu mûrir. Ils se fondent sur " le véridique ", car " seul ce qui est vrai est durable", disent-ils presque en choeur. À propos de la présence, dans leurs textes, de la femme toujours dépeinte par rapport à l'amour, la réponse nous renvoie aux sources de leur inspiration. " Bideew Bou Bess, c'est le feeling, comme on le voit dans le titre " Flow " - le flux -, parce que ça nous vient comme ça ! ", disent-ils simplement. C'est ainsi qu'ils révèlent leur coup de coeur (ou de foudre), 15 jours après la tragédie du naufrage qui a endeuillé le Sénégal. Ils ont fait appel à des amis rappeurs et ils sont entrés en studio pour répéter et enregistrer le titre " Joola " qui figure dans cette cassette.
Une nouvelle génération de rappeur est-elle en voie de naître ? En tout cas, " Bideew Bou Bess " parle de responsabilité sociale et développe des messages qui tranchent d'avec la réputation de violence qu'on avait faite au Rap. A découvrir donc et à consommer sans modération. Pour la promotion de la cassette " Original ", des tournées sont déjà au programme dont des retrouvailles avec le public Sénégalais qui débutent par les écoles. Alors que des clips et des spots TV sont prévus ainsi que " beaucoup de surprises ". Ils refusent d'en dévoiler le plus petit bout.
© Le Soleil (www.lesoleil.sn)
Pour une conférence de presse, il faut dire que la bande avait bien caché son jeu. Il y avait, certes, eu déjà "OU-A " - entendez Houwë, mot arabe qui est la quintessence même du Créateur -, mais on ne s'attendait guère à un ancrage aussi marqué dans la spiritualité. Pourtant, au-delà du titre " Baay ", c'est tout le discours du trio qui accroche par la maturité des concepts et sa prise de conscience du rôle de l'artiste dans la société. "Spiritual Habib " qui semble le mieux incarner cet aspect de l'évolution du groupe n'est pas éloignée de Beïdy qui estime que Dieu est la base de tout. En partant du fait que le Sénégal est un pays de croyants, ils soutiennent que tout arbre a besoin de racines pour vivre. D'autant que, face à la marginalisation dont le rap est l'objet, ils ont " un combat à continuer ", le combat de la " génération consciente " qu'ils veulent incarner, en mettant en avant le triptyque Foi (le coeur), Travail et Professionnalisme. C'est d'ailleurs, ainsi seulement, qu'ils expliquent la sélection naturelle qui s'est opérée dans le mouvement hip hop. Pour " Bideew Bou Bess ", il ne suffit pas d'avoir du talent. Pour rester au top, parmi la dizaine de groupes qui tiennent encore le haut du pavé, il faut travailler. Sinon on disparaît. Et c'est tant mieux. Ce qui explique les quatre années passées à peaufiner le second album, "par respect pour le public et pour les Sénégalais". Car, chose rare pour un premier album, le succès de " Ndékété Yo " leur a permis d'enclencher une tournée mondiale qui les a conduits en Europe (Allemagne et France), aux Etats-Unis et à travers l'Afrique.
Avec le "Joko Tour", ce sera l'occasion pour eux de se frotter à d'autres talents, alors qu'ils ont participé à plusieurs prestations de Youssou Ndour, au Salon de la Musique et au Printemps de Bourges en France, ainsi qu'au Festival de Wuzberg en Allemagne. En toute modestie et dans la discrétion, ils ont enregistré deux titres de l'album " Genèse " de Passi qui sera nommé " Disque d'Or ", en France. Un exemple, dans la galaxie, que ce trio qui refuse pourtant de se prêter au " star system ".
Pour " Bideew Bou Bess, le passage de " Jololi " à " Issap " (le label du rappeur franco-congolais Passi) relève de la logique du show-biz. C'est au Studio " Xippi ", d'ailleurs, qu'ils ont rencontré le néo-producteur. Ils y étaient pour faire des choeurs, et la mayonnaise a pris. Ils se sont revus alors que le contrat avec la boîte de Youssou Ndour touchait à sa fin. Une indépendance que la bande à Makhtar compte d'ailleurs préserver. Sur d'autres questions moins terre-à-terre, les réponses fusent de part et d'autre, chacun complétant, tout en restant dans la logique d'un concept qu'il a fallu mûrir. Ils se fondent sur " le véridique ", car " seul ce qui est vrai est durable", disent-ils presque en choeur. À propos de la présence, dans leurs textes, de la femme toujours dépeinte par rapport à l'amour, la réponse nous renvoie aux sources de leur inspiration. " Bideew Bou Bess, c'est le feeling, comme on le voit dans le titre " Flow " - le flux -, parce que ça nous vient comme ça ! ", disent-ils simplement. C'est ainsi qu'ils révèlent leur coup de coeur (ou de foudre), 15 jours après la tragédie du naufrage qui a endeuillé le Sénégal. Ils ont fait appel à des amis rappeurs et ils sont entrés en studio pour répéter et enregistrer le titre " Joola " qui figure dans cette cassette.
Une nouvelle génération de rappeur est-elle en voie de naître ? En tout cas, " Bideew Bou Bess " parle de responsabilité sociale et développe des messages qui tranchent d'avec la réputation de violence qu'on avait faite au Rap. A découvrir donc et à consommer sans modération. Pour la promotion de la cassette " Original ", des tournées sont déjà au programme dont des retrouvailles avec le public Sénégalais qui débutent par les écoles. Alors que des clips et des spots TV sont prévus ainsi que " beaucoup de surprises ". Ils refusent d'en dévoiler le plus petit bout.
© Le Soleil (www.lesoleil.sn)
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