Concert de Daara J : la symphonie rimée des maîtres d'école

Après une longue absence, les rappeurs du Daara J font de nouveau parler d'eux. Vendredi le 27 décembre 2002 , le Centre culturel français de Dakar les a accueillis pour une nouvelle " exubérance " de sons.

Ils sont là et bien là les trois mousquetaires du Daara J. Ce Vendredi, au Centre culturel français (CCF) de Dakar, ils ont bien " assuré ". Pour leur deuxième concert depuis la sortie de " Esperanza ", leur nouveau produit, Ndongo D, Faada Freddy et Lord Aladji Man ont fait tilt. Ils ont gratifié le public d'une véritable tirade de son, de chaleur et de lumière puisée à la source de la vie. La musique, ce langage universel, a été le point de départ d'une communion spontanée entre le groupe et un public hétéroclite, melting-pot. Un clin d'oeil a été fait au Créateur à travers deux titres, " Yalla " et " Résurrection ", méditation et retour à la croyance. En mêlant avec harmonie les différents titres de sa discographie, le Daara J a voulu faire découvrir et convoquer une certaine complicité. Découverte du nouvel univers d' " espérance " après tant d'années face à des fléaux de plus en plus persistants. Les " leçons " de l'école de la vie ont trouvé en écho une grande complicité avec les nombreux fans qui ont dansé, bougé et, surtout, chanté. Le summum a été atteint avec le mythique " No woman no cry ", repris du répertoire de Bob Marley. Un moment intense où la voix suave de Fadda Freddy (véritable attraction et cause principale de délire, surtout chez les filles) a été quelque peu occultée par la dextérité du kid à gratter les cordes de la guitare. Un artiste complet.

Ces garçons ont du mordant, et leur trajectoire le rappelle bien. Eux qui étaient des rivaux à leurs débuts se sont retrouvés pour unir leurs talents complémentaires et former un " posse ". C'était au tout du rap sénégalais et les jeunes s'initiaient, avec des fortunes diverses, aux techniques du microphone. Entre temps, des trombes d'eau ont coulé sous les ponts. Plusieurs groupes sont passés à la trappe, victimes de la terrible sélection naturelle et des impondérables du show-biz. Les trois mousquetaires du Daara J, eux, ont su garder la tête sur les épaules, résister aux tentations et perpétuer leur solidarité inspiratrice. Les albums ont suivi, les gosses ont mûri.

Aujourd'hui, à l'heure des lauriers, le groupe prend un nouvel envol pour atteindre d'autres cimes de la réussite. Le trophée de meilleur groupe de rap sénégalais, obtenu lors de la dernière édition du " Hip-hop Awards ", en témoigne. Cerise sur le gâteau, le trio est, depuis quelques anées, sous contrat avec le label BMG et veut amorcer un nouveau virage sur le chemin sinueux d'une carrière musicale internationale. Vendredi soir, ceux qui avaient fait le déplacement au CCF de Dakar ont mesuré les progrès et la maturation du groupe. Du rap au raggamuffin, sur fond de textes pertinents et de rimes recherchées, les spectateurs ont " voyagé " à travers les rythmes et mélodies, dansé, chanté, mais surtout bougé sous la baguette de ces maîtres d'écoles que sont Ndongo D, Faada Freddy et Lord Aladji Man.

© Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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